Changer d'édition

La rentrée sociale donne la fièvre à l'OGBL
Luxembourg 3 min. 30.09.2020 Cet article est archivé

La rentrée sociale donne la fièvre à l'OGBL

Parmi les conflits sociaux en cours, l'OGBL est active à la Fondation Kräizbierg

La rentrée sociale donne la fièvre à l'OGBL

Parmi les conflits sociaux en cours, l'OGBL est active à la Fondation Kräizbierg
Photo : Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 30.09.2020 Cet article est archivé

La rentrée sociale donne la fièvre à l'OGBL

Le syndicat a formulé cinq axes d'actions pour le maintien des emplois, du pouvoir d'achat ou une réforme de la fiscalité notamment. Le comité national réclame une nouvelle réunion d'urgence des partenaires sociaux.

(pj avec Morgan Kuntzmann) D'ici au 13 octobre, et sa déclaration sur l'état de la Nation, Xavier Bettel ne compterait pas réunir autour de la table gouvernement, syndicats et patronat. Pourtant, aux yeux de l'OGBL, la situation économique du pays l'exigerait. Et le syndicat réuni en comité national n'a pas manqué d'appeler le Premier ministre luxembourgeois à revoir sa position au plus vite.

A l'heure où «les temps sont rudes», la présidente du 1er syndicat du pays n'a pas mâché ses mots. Et Nora Back d'insister encore et encore pour que la crise sanitaire du covid ne se transforme pas en désastre social dont les principales victimes seraient les salariés. Selon elle d'ailleurs : «Les ressources financières sont là, mais ne sont pas utilisées efficacement».


Politik, Itv Xavier Bettel, Sechs Monate Covid-19 Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
«Personne n'a été épargné» par la crise du covid-19
Six mois après l'arrivée de la pandémie au Grand-Duché et ses conséquences sur la société, l'économie et le monde politique, Xavier Bettel revient sur une période qu'il qualifie de «plus difficile» de son mandat de Premier ministre.

Alors aux grands maux les grands remèdes pour l'OGBL. Le syndicat a ainsi dévoilé son programme d'actions pour une sortie de crise. «Nous avons atteint un point où nous devons changer quelque chose.» Ce qui se traduit en cinq axes d'actions dont un des buts principaux reste que le moins de monde possible ne perde son poste dans les semaines et mois à venir. Sur ce point, le syndicat entend notamment que les entreprises jouent plus la carte du plan de maintien dans l'emploi que celle des plans sociaux. Guardian, ArcelorMittal, Luxemburger Wort : la liste des mauvais coups s'allonge pourtant dramatiquement ces derniers temps.  

Réviser la loi sur le plan de maintien dans l'emploi pourrait donc constituer une priorité nationale. Tout comme le syndicat entend voir l'Etat non seulement augmenter de 10% le montant du salaire social minimum mais aussi revoir à la hausse les sommes dédiées aux allocations familiales. Celles-ci n'ont pas bougé depuis 2006, et l'OGBL estime qu'il est temps d'agir en les indexant notamment sur l'évolution de l'inflation. Nora Back pestant au passage sur le non-respect de l'accord conclu voilà six ans avec le gouvernement Bettel qui devait permettre l'adaptation des prestations au salaire médian constaté. «Nous en avons assez des promesses creuses.»

Nous voulons que le travail et le capital soient imposés de la même manière,

Nora Back, présidente de l'OGBL

Critiques également sur la politique Logement mise en oeuvre actuellement par le ministre Henri Kox (Déi Gréng). Pour l'OGBL, «le contingent de 10% de logements abordables dans les nouvelles constructions n'est pas suffisant» pour contrecarrer la spéculation immobilière. Aussi le syndicat entend participer au mouvement ''droit au logement pour tous'' à Luxembourg le 10 octobre prochain.

Pour le comité national, il est également l'heure de s'attaquer à la réforme fiscale pour établir un système «plus juste». «Nous voulons que le travail et le capital soient imposés de la même manière, ce n'est pas sorcier!», bout Nora Back. Rappelant au passage qu'après la crise économique de 2008, la population active avait dû payer plus d'impôts, pas question cette fois. «Nous avons aussi besoin d'un allègement supplémentaire dans les tranches d'imposition inférieures», sollicite le syndicat en vue de la réforme en préparation par le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP). La présidente soutient également la proposition d'un impôt sur la fortune


Wirtschaft, Interview mit Jean-Paul Olinger, UEL, Unions des Entreprises Luxembourgeoise, Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
«La crise actuelle ne constitue pas un alibi»
Jean-Paul Olinger, directeur de l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), estime que le chômage partiel devrait se poursuivre pendant une bonne partie de 2021 et devrait constituer une réponse aux conséquences de la crise. A l'image de ce qui se passe ailleurs en Europe.

Fortement sollicités, les comptes de la Sécurité sociale préoccupent également le syndicat. «La crise du covid a démontré plus que d'habitude qu'il est important d'avoir un système social fort», revendiquent Nora Back et les siens. L'assurance maladie et sociale a aidé le Luxembourg à amortir un peu mieux la crise sociale que d'autres Etats. Il est donc important d'en conforter le fonctionnement et les versements de cotisations.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La présidente Nora Back a fait montre de pugnacité dans la volonté du syndicat de ne pas voir les salariés payer les pots cassés de la crise sanitaire. Attendant du gouvernement des gestes forts pour soutenir la relance.
OGBL 1er Mai 2021 manifestation Esch
Pour Xavier Bettel, ce n'est pas le moment «d'alléger, ni de renforcer» le dispositif sanitaire mis en place. Car si les contaminations sont en hausse «avec la reprise de la vie normale», la situation hospitalière n'est aujourd'hui «pas préoccupante».
Briefing Bettel + Lenert Corona - Foto : Pierre Matgé/Luxemburger Wort
OGBL, CGFP et LCGB ont pu exposer, jeudi, leurs attentes concernant la sortie de crise à un Premier ministre jusque-là sourd à leurs revendications. Mais écouter n'est pas accepter. Et pour la loi covid-19, chacun en rediscute le 19 mai prochain.
Politik, ITV Xavier Bettel für Europa Tag, Foto. Lex Kleren/Luxemburger Wort