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"La réforme des pensions ne garantit pas la sécurité du système social"
Luxembourg 3 min. 17.10.2012 Cet article est archivé

"La réforme des pensions ne garantit pas la sécurité du système social"

"La réforme des pensions ne garantit pas la sécurité du système social"

Photo: Serge Waldbillig
Luxembourg 3 min. 17.10.2012 Cet article est archivé

"La réforme des pensions ne garantit pas la sécurité du système social"

Quelque 700 salariés affiliés au LCGB se sont rassemblés au hall polyvalent "Am Sand" à Niederanven mardi soir pour démontrer leur profond désaccord face à la réforme des pensions telle que proposée par les ministres Mars Di Bartolomeo et Nicolas Schmit.

17h30 au hall polyvalent "Am Sand" de Niederanven. Au loin des bruits de sifflets et de vuvuzellas résonnent.

A l'extérieur, les gens affluent vers la salle où ils sont accueillis par des membres du LCGB qui leur tendent des foulards aux couleurs du syndicats et des tracts sur LE sujet du jour: la réforme des pensions.

Une fois à l'intérieur, il flotte dans l'air une odeur de saucisse grillée, qui est non sans rappeler la convivialité d'une fête de village ou d'un rassemblement familial. D'ailleurs aux quatre coins de la salle, des gens se saluent, se tapent dans le dos et trinquent ensemble.

Il n'empêche que la réforme des pensions est sur toutes les lèvres. "Je suis dans la mouise depuis que j'ai été prépensionné", explique René, "le gouvernement est en train de nous étouffer. Avec cette réforme, nous ne recevrons pas un centime de plus alors que le coût de la vie ne cesse d'augmenter".

"Cette réforme est tout simplement une blague", renchérit Vincenzo.

"C'est important d'être ici car il en va de notre avenir", explique Serge, "ce qui me gêne tout particulièrement c'est qu'en tant que jeune nous allons devoir travailler plus longtemps pour obtenir la même chose". Une idée partagée par beaucoup de monde.

"Même en étant pensionnée, je suis là pour soutenir la génération future. Que récoltera-t-elle au final avec cette réforme?", questionne Irène.

Plus loin dans l'assemblée se trouve Nicolas, ouvrier chez ArcelorMittal à Schifflange. Il a emmené toute sa petite famille avec lui. "Je suis là pour montrer que nous avons tous droit à une pension décente ainsi que nos enfants. C'est pour cela que je ai pris les miens avec ce soir", explique-t-il.

"Une réforme qui risque d'hypothéquer la cohésion sociale"

18h15: Patrick Dury, président du LCGB, monte sur scène sous les coups de sifflets et de vuvuzellas. La foule est chaude. Elle attend le discours du président avec impatience.

"L'Etat a raté ses objectifs avec cette réforme", lance Patrick Dury, "ce projet de loi ne garantit pas la sécurité de notre système social alors que les réformes sont faites pour ça".

"Les pensions sont le nerf de notre sécurité sociale", poursuit-il, "ici les principes de base comme la solidarité et l'égalité sociale n'ont pas été respectés".

Parmi les désidératas du LCGB figurent:

  • une harmonisation du plafond cotisable;
  • un accès à un régime de pension complémentaire pour tous;
  • un système de pensions qui garantit les mêmes droits, possibilités et obligations pour tous;
  • aucune modulation de l'ajustement des pensions tant que la cotisation globale n'aura pas augmenté;
  • le droit à un départ anticipée en préretraite ou en pension pour les salariés qui effectuent leur travail dans de conditions pénibles;
  • une réforme attractive du système de préretraite;
  • que les années d'études soient considérées comme des années cotisées.

"Les politiciens doivent sortir de leur léthargie", souligne Patrick Dury, "l'équilibre budgétaire, les retraites et le combat contre le chômage sont des éléments importants pour maintenir la cohésion sociale dans ce pays".

"Nous incluons tout le monde dans cette réforme, personne ne doit être laissé pour contre, c'est pourquoi nous ne pouvons pas approuver cette réforme", conclut le président du LCGB.

Le discours s'est terminé sous une salve d'applaudissements, coup de sifflets à l'appui, ainsi que sur un traditionnel verre de l'amitié.

Charline Lebrun


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