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La publication des données sous haute surveillance
Luxembourg 2 min. 06.05.2020

La publication des données sous haute surveillance

Google s'appuie sur les données de géolocalisation des individus pour offrir son aide aux autorités publiques.

La publication des données sous haute surveillance

Google s'appuie sur les données de géolocalisation des individus pour offrir son aide aux autorités publiques.
Photo: Shuterstock
Luxembourg 2 min. 06.05.2020

La publication des données sous haute surveillance

Eddy RENAULD
Eddy RENAULD
La divulgation des informations de localisation des utilisateurs de l'application Google Maps suscite de nombreuses interrogations. Pour Xavier Bettel (DP), le recours aux nouvelles technologies dans la gestion de la crise sanitaire requiert un suivi particulier.

«Actuellement, le gouvernement n'utilise pas d'outils de géolocalisation ni d'application de traçage, mais mise plutôt sur un renforcement des ressources disponibles pour assurer un traçage manuel de qualité.» Interrogé par la députée CSV Diane Adehm sur la publication des données de localisation des utilisateurs de l'application Google Maps, le Premier ministre a été clair sur le sujet. 

«L'utilisation des nouvelles technologies dans les stratégies de gestion de la crise sanitaire est un sujet suivi tant au niveau national qu'européen», précise encore ce mercredi Xavier Bettel. Et le ministre en charge des Communications et des Médias de rappeler qu'il «surveille de près l'efficacité de tels outils dans la stratégie de déconfinement» surtout dans les pays limitrophes du Luxembourg.


A man uses the Robert Koch Institute's coronavirus app 'Corona-Datenspende' (Corona Data Donation) on his smartphone in Dortmund, western Germany, on April 27, 2020 amid the novel coronavirus COVID-19 pandemic. - German Robert Koch Institute, responsible for disease control and prevention, developped an app to help to provide information and detect infections with the SARS-CoV-2 coronavirus which causes the Covid-19 disease. (Photo by Ina FASSBENDER / AFP)
Le traçage des malades suscite le débat
Face à l'absence de stratégie commune de déconfinement au sein de l'Union européenne, le recours à l'utilisation des smartphones apparaît en revanche comme une piste partagée. Mais elle soulève des craintes, notamment au Luxembourg.

Le Grand-Duché préconise d'ailleurs une approche européenne dans la mise en oeuvre éventuelle d'applications de traçage. Le Comité européen de la protection des données (EDPB) rappelle en effet que l'utilisation de données de géolocalisation collectées directement depuis le terminal de l'utilisateur, comme c'est le cas dans les «COVID-19 Community Mobility Reports» de Google Maps, répond aux exigences de la directive «Vie privée et communications électroniques». Le consentement de la personne concernée doit être acté. 

Il est également important de préciser que l'anonymat des données est capital. Selon l'EDPB, il doit être impossible de relier les données à une personne physique identifiée ou identifiable. Cette technique d'anonymisation, appelée aussi «confidentialité différentielle» peut toutefois s'avérer efficace et fiable à des fins de statistiques.


Le Luxembourg réfléchit à une forme de traçage
Le Premier ministre et la ministre de la Justice ont échangé avec les députés, mardi matin, sur la manière dont pourraient être utilisés les smartphones pour lutter contre la propagation du covid-19. Un sujet pour le moins sensible.

Google ayant classé les données de localisation en six grandes catégories (commerces et loisirs, alimentation et pharmacies, parcs et jardins, gares et lieux de transit, bureaux et logements résidentiels), le risque d'identifier un utilisateur est considérablement limité.

Mais selon la Commission nationale pour la protection des données (CNPD), citée par Xavier Bettel, «si les règles ne sont pas assurées, il ne serait pas exclu que les statistiques pourraient générer des risques élevés de réidentification». Dès lors, la «CNPD maintient une vigilance constante quant aux projets mis en place par Google, au même titre que d'autres développements similaires menés par les grandes firmes du numérique», conclut le Premier ministre.

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