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La production de masques peine à prendre
Luxembourg 3 min. 21.09.2020 Cet article est archivé

La production de masques peine à prendre

Le «Neck» produit par Peters Sports depuis une dizaine d'années a pris un second souffle, avec la crise covid.

La production de masques peine à prendre

Le «Neck» produit par Peters Sports depuis une dizaine d'années a pris un second souffle, avec la crise covid.
Photo : Caroline Martin
Luxembourg 3 min. 21.09.2020 Cet article est archivé

La production de masques peine à prendre

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pour ne plus compter seulement sur des fournisseurs étrangers, l'Etat a décidé d'octroyer une prime à ceux qui choisissaient d'orienter leur activité vers la production de masques. Seuls deux projets ont été soutenus.

Que les fournisseurs asiatiques ne se fassent pas trop de souci: ils ont encore de beaux jours devant eux dans la distribution de masques anti-covid. L'épidémie ne semble pas vouloir s'éteindre et l'offre locale en protections buccales tarde à s'organiser. De quoi désoler celles et ceux qui, depuis le printemps dernier à la direction des Classes moyennes, incitent le tissu industriel à se lancer dans la production de masques. «Une résilience utile maintenant, mais aussi pour d'autres crises sanitaires», assure-t-on du côté du ministère dirigé par Lex Delles (DP).

A la main tendue par le gouvernement pour aider les sociétés osant réorienter tout ou partie de leur outil vers cette production, seules une douzaine de compagnies luxembourgeoises ont fait part d'un intérêt. Mais au final, seuls deux dossiers ont été retenus et 210.000 euros de soutiens publics attribués au total.


Un masque jeté, une amende dressée
Abandonnée dans les rues ou dans la nature, la protection buccale constitue une pollution bien délicate à éliminer. Face au nombre croissant de masques chirurgicaux trainant au sol, le ministère de l'Environnement envisage de sanctionner les fautifs.

Nico Peters fait partie du «duo gagnant». Avec la somme attribuée, sa firme Peters Sports a pu s'acheter une nouvelle machine pour fournir plus vite et en plus grande quantité des «buff», ces tours de cou qui - à défaut de masques labellisés- constituent déjà une barrière dans la circulation du virus.

Mais le bénéficiaire le plus important est à chercher du côté de la Fondation des Hôpitaux Robert-Schuman. Et plus particulièrement la société dont elle est l'unique actionnaire : Santé Services SA, «entreprise de prestations de services dans le domaine de la santé». Le projet de cette dernière a reçu, à lui seul, 200.000 euros d'aides. 


Et le masque devint «so fashion»
Le duo à la tête de l'atelier de mode vol(t)age a créé toute une collection de masques chic. Un accessoire inattendu au milieu de la collection 2020.

A plus petite échelle, Nico Peters reconnait volontiers que le soutien ministériel a été le bienvenu. «A un moment, tout le pays recherchait des masques et moi j'avais ce produit, le Neck, qui pouvait bien servir». La preuve, en un semestre, il a dû produire quelque 30.000 pièces de son produit phare. Un tour de cou en microfibre, au tissu indéformable et existant déjà en deux tailles (enfant, adulte). Avec la subvention, l'entrepreneur a pu doter son atelier d'une presse augmentant sa capacité de production.

«Franchement, j'aurais préféré qu'il n'y ait pas ce virus, sourit l'ancien kayakiste désormais reconverti dans la vente d'articles de sport. Mais quand il s'est agi de réfléchir à comment faire fonctionner mon entreprise, j'ai eu cette idée de développer cet accessoire. Et ça a marché!»  Une adaptation aux exigences du marché saluée par une visite du Premier ministre dans les locaux de l'entreprise en fin de semaine dernière.

Des firmes comme les CFL, la Chambre de commerce ou les communes d'Hesperange, Esch ou Rosport sont notamment passées par Peters Sports pour s'équiper en protections buccales pour leurs employés. «Mais l'essentiel, en tant que chef d'entreprise, c'était bien de pouvoir trouver une mission à mes employés sans trop avoir recours au chômage partiel.»

Mieux encore, l'homme a adapté son produit. Y ajoutant, par exemple, une barrette métallique afin de pincer le nez et offrir une meilleure étanchéité encore au dispositif. Il y a aussi cette version «spécial enfants» qui propose non seulement le bout de tissu mais aussi les feutres de couleurs qui leur permettront de personnaliser l'objet à leur goût. 

Nico Peters a même créé un set permettant aux enfants de personnaliser leur propre «neck».
Nico Peters a même créé un set permettant aux enfants de personnaliser leur propre «neck».
Photo: Caroline Martin

«Il faut se montrer inventif car, à mon avis, nous n'avons pas fini de vivre avec ce virus», commente le patron en regardant la palette de neck déjà réalisés. «Mais que l'on ne s'y trompe pas : cette production ne compense pas la perte d'activité des autres secteurs de notre commerce», assure Nico Peters.

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