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La prochaine tournée anti-blanchiment du Gafi annoncée
Luxembourg 2 min. 29.10.2019 Cet article est archivé

La prochaine tournée anti-blanchiment du Gafi annoncée

Le Luxembourg est attendu au tournant, après avoir passé plusieurs lois et amendements qui facilitent la lutte contre le blanchiment.

La prochaine tournée anti-blanchiment du Gafi annoncée

Le Luxembourg est attendu au tournant, après avoir passé plusieurs lois et amendements qui facilitent la lutte contre le blanchiment.
Photo : Marc Wilwert
Luxembourg 2 min. 29.10.2019 Cet article est archivé

La prochaine tournée anti-blanchiment du Gafi annoncée

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Quatre jours après la visite des émissaires du Groupe d'action financière (Gafi), le gouvernement prépare l'interrogatoire de 2020. Il lui faudra prouver que son activisme législatif est suivi de faits, au risque de ternir l'image du pays.

Au moins, le gouvernement aura le temps de se préparer. La date du prochain audit du Groupe d'action financière (Gafi), structure intergouvernementale redoutée par la place financière et le ministère des Finances, est fixée pour la Toussaint 2020. Soit du 26 octobre au 11 novembre, selon Reporter.lu. Du 24 au 26 octobre derniers, trois membres de l'organisme sont venus en repérage, pour informer les services compétents de ce qui les attend dans 12 mois. Les mesures prises par le Grand-Duché pour lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme seront regardées à la loupe, notamment leur application. 


Le Luxembourg entend renforcer ses moyens en matière de traque du blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme
Le financement du terrorisme en ligne de mire
Un projet de loi examiné ce lundi en commission des Finances vise à optimiser au Luxembourg la lutte contre le blanchiment de capitaux. Surveillance intérieure et coopération internationale en sont les deux axes.

Depuis le dernier rapport du Gafi sur les dispositifs existant au Luxembourg, sorti en 2014, l'organisme avait félicité le pays pour les nombreux amendements et lois qui avaient été votés. «Le Luxembourg a résolu un nombre important de déficiences matérielles», assurait l'organisme de surveillance.  

Sur un ton bien plus dur, fin 2018, c'est la Commission européenne qui tançait le Grand-Duché et rappelait le gouvernement à ses obligations de transposition de la directive anti-blanchiment du 20 mai 2015. Le signe que le pays n'était pas encore sorti de la zone de turbulences.  

La prochaine tournée du Gafi donnera l'occasion au Grand-Duché de confirmer au monde qu'il a tourné la page de l'opacité. «Nous avons déployé beaucoup d'efforts, à la Chambre, pour transposer les directives européennes», avance André Bauler (DP), président de la commission des Finances et du Budget. Il aborde le prochain examen avec sérénité : «L'application des nouvelles règles votées par la Chambre est un atout pour notre place financière et la rend plus attractive». 


L'antiblanchiment va être sujet de préoccupation dans beaucoup de structures ces deux prochaines années
Antiblanchiment: le dossier urgent de Gramegna
«Gramegna I» avait promis de décoller l’image de paradis fiscal du Luxembourg, «Gramegna II» va devoir s’en occuper encore et rapidement: le GAFI revient en juin 2020.

Autre son de cloche dans l'opposition. Le député Laurent Mosar (CSV) ne cache pas ses «préoccupations». S'il admet que la transposition des directives européennes a été «pas trop mal» menée, l'application de l'arsenal législatif lui fait craindre le pire : «Il ne suffit pas d'adopter des lois, encore faut-il que des affaires de blanchiment soient poursuivies et suivies de condamnations». 

Selon l'ancien président de la commission des Finances, la Justice ne réagirait pas assez vite. En cas de rodomontades de l'organisme international, le député conservateur prédit un «petit tsunami catastrophique pour la réputation du Luxembourg». 


Pierre Gramegna sur «la voie de la compétitivité»
Le ministre des Finances confirme ses ambitions. L’individualisation de l’imposition des personnes physiques, l’accès au logement et l’association fiscalité-développement durable seront au centre de la future réforme fiscale.

Au ministère des Finances, on préfère regarder droit devant. Partisan d'une finance dont «le bénéfice n'est plus calculé uniquement sur la base du bénéfice financier, mais aussi sur les dommages causés à l'environnement», Pierre Gramegna (DP) veut refaire du pays un exemple dans le domaine.   

La publication du prochain bulletin de notes du Gafi, qui se basera sur les 17 jours de mission de ses membres fin 2020, est prévu pour l'été 2021. 


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