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La prise en charge de la santé mentale dans l'impasse
Luxembourg 3 min. 23.04.2021 Cet article est archivé

La prise en charge de la santé mentale dans l'impasse

Au Luxembourg, la dépression menacerait un salarié sur trois.

La prise en charge de la santé mentale dans l'impasse

Au Luxembourg, la dépression menacerait un salarié sur trois.
Photo: AFP
Luxembourg 3 min. 23.04.2021 Cet article est archivé

La prise en charge de la santé mentale dans l'impasse

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Suite à une nouvelle réunion concernant le remboursement de la psychothérapie, Fapsylux a quitté la table des négociations. La fédération représentant les psychothérapeutes indique n'avoir trouvé aucun accord avec la CNS.

En début de semaine, le président de la Caisse nationale de santé assurait que CNS et représentants des psychothérapeutes étaient parvenus à s'entendre sur «deux étapes» vers le remboursement de certaines prises en charge. Mais, ce vendredi, Christian Oberlé se retrouve sans partenaire face à lui : la fédération des associations représentantes des psychothérapeutes (Fapsylux) jette l'éponge. A l'issue d'une troisième réunion avec la Caisse jeudi, Delphine Prüm déplore «qu'aucun accord n'ait été trouvé».


Après le confinement, il pourrait y avoir un rebond de la demande de soins.
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Si les négociations sont toujours en cours, la CNS et les représentants des psychothérapeutes semblent avoir franchi un premier cap vers le remboursement des psychothérapies. Dans un premier temps, seuls les patients «entre 18 et 60 ans» seraient concernés.

«Nous avons pris la décision de suspendre les discussions», annonce donc la présidente de la Fapsylux. Si la tenue des débats reste «confidentielle», elle révèle que la Caisse de santé n'a approuvé «aucune des cinq réclamations». Refus ferme que ce soit sur le procédé de «prescription médicale des séances» ou les relations entre les différents professionnels de santé.

Si la CNS n'a pas souhaité commenter cette décision malgré les relances de notre rédaction, le fait que l'une des deux parties en cause quitte la table des négociations n'augure rien de bon pour la suite. D'autant qu'il y a «urgence». A plusieurs reprises, chacune des deux entités a reconnu la nécessité de trouver un terrain d'entente, au vu des effets de la crise sanitaire. 


Bras de fer autour du prix de la santé mentale
Publié en février, un règlement grand-ducal doit amener la Caisse nationale de santé (CNS) et les professionnels à relancer la question du financement des séances de psychothérapie. Pour la Fapsylux, fédération du secteur, cette prise en charge reste encore loin d'être actée.

La pandémie a en effet engendré une détérioration de la santé mentale au sein de la population, toutes tranches confondues. Que ce soit du côté des salariés, dont un sur trois est exposé à un risque de dépression, ou de celui des adolescents, chez qui les idées suicidaires seraient en hausse de 15% : la santé mentale des résidents est fragile depuis le début de la crise covid. 

Le gouvernement lui-même avait dit faire de la santé mentale une de ses priorités. C'est d'ailleurs grâce à un règlement grand-ducal que les discussions avaient pu reprendre entre Fapsylux et la CNS. Mais la situation s'est vite envenimée, notamment à la suite d'un communiqué où la CNS annonçait qu'un accord sur la mise en place d'un «programme expérimental» avait été conclu. Une position que ne partageait pas la fédération des psychothérapeutes.

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