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La première grève des femmes aura lieu en 2020
Luxembourg 2 min. 06.01.2020 Cet article est archivé

La première grève des femmes aura lieu en 2020

La dernière Orange Week avait démontré la capacité de mobilisation des organisations défendant les droits des femmes.

La première grève des femmes aura lieu en 2020

La dernière Orange Week avait démontré la capacité de mobilisation des organisations défendant les droits des femmes.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 2 min. 06.01.2020 Cet article est archivé

La première grève des femmes aura lieu en 2020

Alexander ABDELILAH
Alexander ABDELILAH
Une douzaine d'organisations syndicales, politiques et militantes veulent faire du 7 mars prochain le jour J pour la première mobilisation sociale féminine du pays. A l'heure actuelle, le soutien du gouvernement est timide.

Déjà près de 1.500 euros récoltés. Le financement participatif mis en place pour la mobilisation des salariées du Luxembourg, le 7 mars 2020, prend forme. Le but de la douzaine de structures associatives, syndicales et politiques qui soutiennent l'événement est de combattre les discriminations qui subsistent. Notamment dans les politiques fiscales, familiales ou éducatives, «marquées par l’esprit du patriarcat». Le défi est de taille, alors que le soutien syndical et politique s'étoffe. 

Les messages contre les violences faites aux femmes s'affichent en grand dans la capitale.
Les messages contre les violences faites aux femmes s'affichent en grand dans la capitale.
Photo : Pierre Matgé

Parmi les «2.020 raisons de faire grève» qu'ont les femmes, selon l'appel officiel à la grève, c'est leur contribution au travail «du soin» qui est particulièrement ciblé. «Les femmes, qu'elles soient rémunérées ou non, font une grande partie de ce travail à la maison et dans la société», résume Anik Raskin, du Conseil National des Femmes du Luxembourg (CNFL). Des tâches - «ménage, cuisine, toilette, écoute, attention, éducation…» - souvent «déconsidérées» et donc sources d'inégalités.

Pour sensibiliser le grand public à cette problématique, les organisateurs sont conscients que 24 heures ne suffiront pas. «Une manifestation publique sera organisée une fois par mois jusqu'au 7 mars», détaille Anik Raskin. Une manière de maintenir la pression médiatique sur les décideurs.

Charge à l'OGBL, également partenaire du «Fraestreik», de transformer cette campagne de sensibilisation en grève sonnante et trébuchante, en moins de trois mois. «Nous visons en particulier le secteur du nettoyage», précise Anik Raksin, qui espère bien fédérer les mécontentements récurrents des agentes du secteur. Au niveau national, le ménage représente 3% de l'emploi, selon les dernières données d'Eurostat. 


La marche contre les violences faites aux femmes a fortement mobilisé, samedi.
La capitale combat les violences faites aux femmes
La ville est devenue orange, samedi, le temps d'une marche contre les violences faites aux femmes organisée dans le cadre de l'Orange Week. 400 participants se sont rassemblés place du Glacis, dont la Grande-Duchesse.

Côté politique, le soutien officiel est large : les organisations de femmes du LSAP et du CSV figurent dans la liste des soutiens à la grève, tout comme les partis Déi Gréng et Déi Lenk. 

Dans les faits, si Taina Bofferding, ministre de l'Egalité entre femmes et hommes, annonce une année militante sur les réseaux sociaux, son collègue du Travail reste plus discret. Sollicité afin qu'il accorde «un droit de grève de 15 minutes» aux salariées qui souhaiteraient exprimer leur solidarité, Dan Kersch (LSAP) n'a pas encore donné suite.

Pour rappel, le dernier rapport de l'ONU sur les discriminations à l'égard des femmes appelle le Grand-Duché à «revoir son approche de la législation, des politiques et des programmes». En cause, le manque de «cohérence» de l'approche luxembourgeoise malgré les «progrès accomplis».


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