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La porte s'ouvre pour le CovidCheck au travail
Luxembourg 4 min. 23.09.2021
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La porte s'ouvre pour le CovidCheck au travail

Dan Kersch (LSAP) ne s'est pas avancé pour dire s'il s'agirait d'une obligation ou d'une option proposée aux employeurs du pays.
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La porte s'ouvre pour le CovidCheck au travail

Dan Kersch (LSAP) ne s'est pas avancé pour dire s'il s'agirait d'une obligation ou d'une option proposée aux employeurs du pays.
Photo : Anouk Antony
Luxembourg 4 min. 23.09.2021
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La porte s'ouvre pour le CovidCheck au travail

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le ministre du Travail luxembourgeois, Dan Kersch, ne s'oppose pas à une mesure de contrôle de la situation sanitaire des salariés. Un pas qui pourrait être franchi dès le 18 octobre prochain.

Si... Bien sûr que Dan Kersch (LSAP) a pris quelques précautions oratoires. N'empêche, le ministre du Travail a bien lâché que «si d’ici la mi-octobre le taux de vaccination anti-covid des plus de 12 ans n’atteint pas les 85%», il se pourrait bien que le gouvernement élargisse les fonctionnalités du CovidCheck. Le contrôle de la situation (testé, vacciné, guéri) ne s'effectuerait plus seulement à l'entrée des bars, restaurants et autres lieux accueillant du public (rencontres sportives, concerts, etc). La prochaine loi Covid pourrait ainsi autoriser les employeurs qui le souhaiteraient à effectuer ce contrôle aux portes de l'usine ou des bureaux.


(FILES) In this file photo taken on August 6, 2021 visitors show their UE digital Covid-19 certificate for scanning before entering the Vatican Museums in the Vatican, as Italy made the Green Pass, which is an extension of the EU's digital Covid certificate, required from today to enter cinemas, museums and indoor sports venues, or eat indoors at restaurants. - Visitors from Asia and across the Atlantic were missing this summer 2021, but tourism in Europe picked up a little thanks to "local" visitors, with a special bonus for sunny destinations. (Photo by Andreas SOLARO / AFP)
L'Italie généralise le pass sanitaire au travail
Dans le secteur public comme dans le privé, tous les salariés devront montrer qu'ils sont bien testés négatifs, vaccinés ou guéris contre le coronavirus pour accéder à leur poste.

Du côté de l'Union des entreprises luxembourgeoises, la mesure était demandée depuis plusieurs mois. Et, au vu de l'amélioration de la situation sanitaire dans le pays, le patronat s'étonnait de devoir organiser des limitations en interne (port du masque durant la journée de travail, distanciation, etc) alors que le risque de contamination semblait diminuer. Le retour à la fameuse ''normalité'' passerait donc par cette première.

Pour l'heure, les 85% de résidents disposant d'un schéma vaccinal complet sont encore loin d'être atteints. Le taux actuel tourne plutôt autour de 72% des plus de 12 ans, et 64% de la population générale. Donc la probabilité de voir débarquer une formule style CovidCheck sur les lieux de travail d'ici trois semaines ne relève pas du mirage... D'ailleurs, la question a déjà été évoquée à la Chambre en cette rentrée. Repoussé, le principe sera donc réétudié vraisemblablement.

Pour Dan Kersch, la mesure s'inscrirait dans le cadre de la santé au travail.  «Dans une usine, le travailleur est obligé de porter un casque, des lunettes et des chaussures de sécurité. S’il ne respecte pas cette obligation, il peut être sanctionné par un avertissement et même être suspendu. Ce même principe sera d’application si une entreprise opte pour le CovidCheck», lance comme piste de travail le ministre socialiste. 

Reste à savoir si le travail sera suffisamment avancé, les partenaires sociaux et autres organes consultatifs suffisamment favorables, pour que ces contrôles deviennent effectifs dès le 18 octobre. Certes pareille obligation a été instaurée pour les personnels de santé (toujours dans la volonté d'en faire un «bouclier sanitaire») mais la généralisation à l'ensemble des professions ne tombera pas forcément sur une acceptation aussi simple.


Politik, Treffen, CGFP, LCGB, OGBL, rot-grün-blau  Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
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Il est en effet ici question de la santé personnelle du salarié, ce qui relève de sa vie privée. Quel droit de regard peut avoir l'employeur dans ce cadre. La protection des données constituera un autre obstacle à franchir en cas de diffusion aux lieux de travail du principe de contrôle individuel. Sans même parler de la fixation des sanctions et autres obligations de retrait, perte de salaire, mutation voire radiation des effectifs qui pourraient pendre au nez d'un salarié ne présentant pas un statut vert au CovidCheck.

De plus, si pour montrer patte blanche, le salarié (non infecté préalablement ou refusant la vaccination) doit passer un test PCR, qui le paiera? L'employé, le recruteur, l'Etat? Au vu des dernières prises de position du Premier ministre, Xavier Bettel ne semble guère ouvert à cette option. Préférant que la contrainte financière éventuelle constitue plutôt un repoussoir, et la vaccination anti-covid un choix (par défaut mais gratuit) pour les récalcitrants.

Par ailleurs, pourquoi instaurer ce contrôle en entreprise alors que le tracing ne pointe pas particulièrement le milieu professionnel comme lieu de contamination. Ainsi, dans son bilan hebdomadaire covid pour la semaine du 13 au 19 septembre, le ministère de la Santé indique que pour les 542 nouveaux cas, le cercle familial reste la source de contamination principal (30,9%) suivi par les voyages à l’étranger (25,5%), les loisirs (5%) et l’éducation (4%). 

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