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«La police, seule, ne peut régler tous les problèmes»
Luxembourg 3 min. 01.12.2020

«La police, seule, ne peut régler tous les problèmes»

«La police, seule, ne peut régler tous les problèmes»

Photo: SIP
Luxembourg 3 min. 01.12.2020

«La police, seule, ne peut régler tous les problèmes»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
La décision de la Ville de Luxembourg d'avoir recours à une société privée pour sécuriser le quartier Gare continue de faire des remous. Mardi, Henri Kox, ministre de la Sécurité intérieure, et la bourgmestre Lydie Polfer s'accordent sur le besoin de coopération.

Pour la première fois depuis plusieurs jours, Lydie Polfer (DP) et Henri Kox (Déi Gréng) ont changé de mode de communication. Si depuis près d'une semaine la bourgmestre de la capitale et le ministre de la Sécurité intérieure échangeaient par interview ou communiqué interposés, ils se sont retrouvés mardi autour de la même table. Objectif: détailler leur position sur la sécurisation du quartier Gare.


Zwischen dem 24. und dem 30. August führte die Polizei mehr als 100 gezielte Covid-Kontrollen durch.
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Pas contente la bourgmestre de Luxembourg depuis que le ministre de la Sécurité a jugé "illégale" sa décision de faire patrouiller des agents de sécurité privés aux abords de la gare pour y assurer le calme.

Interrogés mardi sur les ondes de la radio 100.7, les deux responsables politiques ont souhaité apaiser le débat, après plusieurs échanges vifs. Lydie Polfer assure ainsi «qu'il n'y a rien de nouveau dans cette histoire, puisque la Ville a recours à des sociétés privées depuis des années pour assurer la sécurité du marché de Noël ou de la Schueberfouer», réfutant donc toute volonté de créer «une police auxiliaire». La bourgmestre de la capitale estimant toutefois devoir réagir «face à une situation qui s'est dégradée en un an».

Pour Henri Kox, ce constat ne serait pas le fruit d'un éventuel manquement des forces de l'ordre, mais bel et bien le fruit d'une combinaison de plusieurs facteurs. Dont notamment «les conséquences de la pandémie et la présence dans le quartier de nombreuses structures d'aide sociale». Une réalité qui se traduirait dans les statistiques, à savoir «une hausse de 6% des affaires de drogue, 180 arrestations et 70 mesures de rétention réalisées entre octobre 2019 et octobre 2020». 


(au milieu) Henri Kox, ministre de la Sécurité intérieure
Qui doit faire la police dans la capitale?
La bourgmestre de Luxembourg, lassée des problèmes d'insécurité, a choisi d'engager des agents de sécurité privés pour patrouiller. Une initiative qui est loin de recevoir le soutien du ministre de la Sécurité intérieure, Henri Kox.

Une activité policière que ne réfute pas la bourgmestre mais qu'elle juge inefficace puisque les 65 policiers affectés dans les trois commissariats de proximité du secteur se sentiraient «frustrés» de «dresser des PV alors que les sanctions ne suivent pas». Une attaque portée non pas contre la police, mais contre les magistrats, suspectés de ne pas systématiquement appliquer la loi pour ce type d'infraction. Que ce soit en matière de drogue, de prostitution ou de petite délinquance.

«La police, seule, ne peut pas tout faire», plaide donc Henri Kox qui souhaite appliquer une méthode en trois temps. A savoir «d'abord la prévention, puis la répression et enfin le travail social». Un triptyque qui nécessite donc une collaboration renforcée entre tous les acteurs de terrain, notamment avec les quelque 70 travailleurs sociaux actifs du quartier Gare. Un échange appelé de ses voeux par la bourgmestre qui plaide une fois encore pour le renforcement des effectifs policiers, même si elle reconnaît que «si les politiques souhaitent cette hausse, les recrues manquent et elles ont besoin de temps pour être formées».


Politik, Tripartite, Chateau de Senningen, Romain Wolff, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
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En attendant, les agents de la société privée sollicités par la Ville effectueront leur ronde avec des chiens jusqu'au 31 janvier prochain. Une présence dans les rues qui «ne pourra se substituer à la police», précise Henri Kox, leur champ d'action étant limité à celui de tout citoyen. A savoir appeler la police en cas d'infraction constatée, retenir un individu en cas de flagrant délit d'un fait passible d'une peine et réagir dans le cadre de la légitime défense. Interrogée sur la poursuite de cette expérience au-delà du 31 janvier prochain, Lydie Polfer a indiqué que cela dépendrait «du bilan qui en sera tiré».

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