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La police offre «de belles perspectives»
Luxembourg 4 min. 26.10.2020 Cet article est archivé

La police offre «de belles perspectives»

Henri Kox justifie la réforme du processus d'embauche par un horizon du policier «beaucoup plus large aujourd'hui qu'il ne l'était autrefois».

La police offre «de belles perspectives»

Henri Kox justifie la réforme du processus d'embauche par un horizon du policier «beaucoup plus large aujourd'hui qu'il ne l'était autrefois».
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 4 min. 26.10.2020 Cet article est archivé

La police offre «de belles perspectives»

Face à la pénurie massive de personnel, une campagne a été lancée pour encourager les jeunes à faire carrière dans les rangs de la police. Dans une interview au Wort, le ministre de la Sécurité intérieure Henri Kox (Déi Gréng) détaille ses ambitions.

(ASdN avec Marc Hoscheid et Steve Remesch) - La police entend gonfler ses effectifs avec 847 recrutements en trois ans. Voilà un projet ambitieux...

Henri Kox : «Je suis optimiste et j'aimerais inspirer les gens à devenir des policiers. Cela nécessitera de nouvelles infrastructures, telles qu'une nouvelle école de police. Celle-ci doit être prête pour le 1er avril de l'année prochaine et accueillera 200 recrues. J'y consacre toute mon énergie et mes ressources financières. 5.000 candidats potentiels ont dernièrement réussi l'examen d'État. Dix à douze pour cent d'entre eux sont des femmes, ce qui montre que notre campagne doit s'adresser aux deux sexes. 

Dans la dernière campagne de recrutement, les jeunes sont particulièrement ciblés. Comment comptez-vous les convaincre ?

«Une grande variété de professions peuvent être exercées au sein de la police. Il existe également de nombreuses possibilités d'évolution. C'est pourquoi je pense qu'il existe, pour beaucoup de jeunes, de belles perspectives pour servir l'intérêt public. 


La police ne pourra plus procéder à des fouilles à nu
Les députés entendent préciser les conditions dans lesquelles les agents peuvent effectuer des recherches sur un individu. La loi actuelle étant floue sur cette question.

Pourriez-vous imaginer ouvrir les forces de police aux citoyens d'autres pays que l'UE ?

«Ce n'est pas une priorité pour l'instant. Toutefois, le Parlement a suggéré, avec un large soutien, que cette possibilité soit examinée. Je vais me pencher sur ce dossier, mais pour l'instant, nous avons d'autres chantiers dans la police que j'aimerais terminer avant d'en ouvrir un nouveau l'année prochaine.

D'ici 2023, combien de policiers prendront-ils leur retraite ?

«Je ne sais pas. Mais ce n'est pas non plus une question de chiffres concrets. Nous pouvons absorber les pertes, car beaucoup restent plus longtemps pour atteindre le dernier rang, ce qui est légitime. L'objectif est que l'effectif cible de 2.409 personnes au 1er janvier 2021 passe à 3.126 au 1er janvier 2026. 

Le processus d'embauche a été réformé et les critiques parlent d'un abaissement des critères. Comment réagissez-vous à cela ?

«C'est le débat typique du nivellement vers le bas. Je réponds que l'horizon du policier est beaucoup plus large aujourd'hui qu'il ne l'était autrefois, parce qu'il doit s'occuper de plus de choses. Nous devons avant tout jeter les bases, par exemple l'importance de l'État de droit, la protection contre la violence physique et la motivation des gens à s'éduquer. Nous devons identifier les faiblesses que chacun a et ensuite nous devons les éradiquer. La police a le monopole de l'usage de la force, ce qui est une grande responsabilité, et cela exige que les gens se remettent en question.


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Qu'en est-il des opportunités de carrière ? 

«La plus grande préoccupation concerne les carrières B1 et C1. A l'avenir, nous voulons recruter principalement pour les carrières B1, mais cela ne signifie pas que nous ne recruterons personne pour la catégorie C1. Dans certains domaines, la question se pose de savoir si nous ne pouvons pas redéfinir le travail de la police. Le transport des prisonniers est assuré par des représentants de niveau C2, et ces personnes devraient également avoir des perspectives de promotion si elles suivent la formation nécessaire.

De nombreuses personnes sont également complètement surqualifiées.

«C'est vrai, par exemple dans le domaine de la surveillance des bâtiments publics, dans lequel la police soutient l'armée. Nous avons des personnes dont les qualifications leur permettraient d'effectuer d'autres tâches. Ces officiers sont absents d'autres postes. 


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Le conflit autour des comptes épargne-temps ne fait pas bonne impression auprès des candidats potentiels. Le syndicat SNPGL a déposé une plainte pour «usage de faux». Quelle est votre position sur la question ? 

«J'ai dit au syndicat que je ne crois pas aux contrefaçons, sinon nous pouvons jeter notre code de déontologie à la poubelle. Le fait qu'on dise que quelqu'un a délibérément manipulé les chiffres afin de dissimuler le fait que nous avons fait 106 heures supplémentaires au lieu de 105 ne m'intéresse pas, et je l'ai dit lors de plusieurs réunions. 

En revanche, les huit heures de repos sont un tabou pour moi, la santé passe avant tout. Les systèmes sont actuellement en cours d'adaptation. Mais il arrive aussi que les heures supplémentaires soient contresignées par l'agent concerné, ce qui signifie qu'il sait qu'il fait des heures supplémentaires. Tout cela n'est pas à sens unique, tout le monde est responsable.»

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