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La police a retrouvé les chefs présumés de «17Antisistema»
Luxembourg 4 min. 09.08.2022
Arrestation en flagrant délit

La police a retrouvé les chefs présumés de «17Antisistema»

Selon les professionnels, la propension à recourir à la violence chez les mineurs a récemment augmenté de manière significative au Luxembourg.
Arrestation en flagrant délit

La police a retrouvé les chefs présumés de «17Antisistema»

Selon les professionnels, la propension à recourir à la violence chez les mineurs a récemment augmenté de manière significative au Luxembourg.
Photo: Guy Wolff/Archive LW
Luxembourg 4 min. 09.08.2022
Arrestation en flagrant délit

La police a retrouvé les chefs présumés de «17Antisistema»

Steve REMESCH
Steve REMESCH
Après l'arrestation de cinq mineurs membres du gang «17Antisistema», la police a saisi des biens volés chez tous les suspects.

Depuis plus d'un an, ils font régner la peur et l'insécurité parmi les élèves et les parents: jeudi dernier, la police a arrêté cinq mineurs en flagrant délit après un nouvel acte de violence. Tous sont soupçonnés d'appartenir au gang de jeunes «17Antisistema», ou «Dix-Sept», qui s'est récemment distingué par des actes de violence graves et gratuits, au cours desquels les victimes étaient encore plus humiliées par des enregistrements vidéo (happy slapping), des extorsions et des vols avec violence. Des unités de police de Bonnevoie, Hesperange, Hollerich et du commissariat de la capitale ont participé à l'arrestation.


«17Antisistema», une bande de jeunes délinquants à stopper
Un groupe d'auteurs de happy slapping pousse la police et la justice à leurs limites. Les auteurs sont nombreux, mineurs et d'une brutalité sans précédent.

L'enquête a également permis d'établir un lien entre deux des suspects et l'agression violente d'un élève qui avait eu le bras cassé. Des perquisitions ont été menées chez toutes les personnes arrêtées. Dans tous les cas, des biens présumés volés ont été découverts et saisis sur ordre du parquet. Les informations ainsi obtenues donnent lieu à des investigations supplémentaires, est-il précisé.

Jeudi soir toujours, le Parquet a fait placer deux des cinq personnes arrêtées dans la prison pour mineurs Unisec de Dreiborn. Selon les informations du Luxemburger Wort, les deux mineurs sont considérés comme les auteurs de multiples actes de violence qui, dit-on, «auraient déjà justifié chacun à eux seuls un placement à l'Unisec».

L'un des défis auxquels les autorités de poursuite pénale sont confrontées lorsqu'elles traitent avec ces groupes d'auteurs criminels - dont «Dix-Sept» n'est qu'un parmi d'autres - est le jeune âge des auteurs. Ceux-ci sont principalement âgés de 12 à 15 ans.

Punissables, même jeunes

Toutefois, contrairement à une idée répandue, la loi actuelle ne prévoit pas de limite d'âge inférieure pour les poursuites pénales des mineurs. Si l'on dispose d'informations sur des infractions commises par de très jeunes délinquants, ceux-ci sont examinés par des enquêteurs spécialisés, poursuivis par le ministère public et traduits devant un juge des mineurs.


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Le Luxembourg adapte sa justice aux mineurs
Mieux protéger les enfants en séparant les mesures de protection, d'aide et de soutien de la jeunesse du droit pénal pour mineurs, c'est l'objectif poursuivi par le gouvernement qui a présenté trois nouvelles lois en ce sens.

Selon la réforme de la justice des mineurs, dont le projet de loi se trouve actuellement sur le chemin des instances, le traitement des mineurs délinquants de moins de 14 ans relèvera néanmoins à l'avenir de la compétence du ministère de l'Éducation. La police et le parquet ne seront plus compétents que pour les plus de 14 ans.

Selon d'autres informations confiées au Luxemburger Wort, les autorités compétentes enquêtent présentement sur une trentaine de mineurs de l'entourage de «Dix-Sept» pour des actes de violence graves, des extorsions et des vols. Parmi les suspects figurent aussi bien des garçons que des filles.

La police recherche d'autres victimes

Le rapport de police sur l'arrestation de jeudi dernier révèle toutefois un autre obstacle auquel sont confrontés les agents chargés de l'enquête: de nombreuses victimes refusent de se rendre à la police par peur.


Les jeunes délinquants dans un désert criminologique
L'Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher fait état d'une situation critique concernant la détention des délinquants mineurs au Luxembourg. Selon lui, une seule solution peut être envisagée rapidement: la détention dans un pays étranger proche.

L'un des problèmes est que les victimes sont toujours confrontées aux agresseurs. Lorsqu'un incident violent se produit dans une école, il est courant d'orienter les auteurs vers un autre établissement scolaire, car ils restent soumis à l'obligation scolaire en raison de leur jeune âge. Au Luxembourg, il est difficile d'éviter que les chemins des auteurs, de leurs amis et des victimes ne se croisent.

Comme on peut l'entendre régulièrement dans les milieux bien informés, un sentiment d'impunité s'est répandu parmi les auteurs. Ce sentiment est renforcé par la diffusion intensive de vidéos violentes et par le nombre élevé de membres qui constituent la bande.

Ainsi, la police dispose depuis longtemps de vidéos dans lesquelles elle a pu identifier les auteurs, mais pas les victimes. Afin de pouvoir agir efficacement contre les auteurs, le service de protection de la jeunesse de la police lance un appel urgent aux éventuelles autres victimes qui n'ont pas encore porté plainte, afin qu'elles se présentent à un poste de police.

 Cet article a été publié pour la première fois sur www.wort.lu/de

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