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La «pierre angulaire» du système carcéral ouvrira en 2023
Luxembourg 6 3 min. 31.03.2021 Cet article est archivé

La «pierre angulaire» du système carcéral ouvrira en 2023

Le nouveau centre pénitencier doit accueillir 300 détenus venus de la prison de Schrassig.

La «pierre angulaire» du système carcéral ouvrira en 2023

Le nouveau centre pénitencier doit accueillir 300 détenus venus de la prison de Schrassig.
Photo: archives
Luxembourg 6 3 min. 31.03.2021 Cet article est archivé

La «pierre angulaire» du système carcéral ouvrira en 2023

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
Alors que la commission de la Justice visite ce mercredi la future prison de Sanem, l'administration pénitentiaire assure que le timing d'ouverture sera respecté. Si des agents seront sur place dès le mois de mai prochain, les premiers détenus n'arriveront que dans deux ans.

Débutée il y a trois ans et demi, la construction de ce nouveau centre de détention provisoire situé près de Sanem doit accueillir 300 personnes d'ici début 2023. Le covid a-t-il retardé cette échéance ?


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Situé près de Sanem, le nouveau centre pénitencier répondra aux besoins du ministère de la Justice qui a vu la population carcérale du pays atteindre un seuil critique ces dernières années. Cette nouvelle infrastructure, réservée aux prévenus, sera opérationnelle en septembre 2022 et générera 300 emplois.

Serge Legil, directeur de l'administration pénitentiaire - « Nous avons eu de la chance, les travaux étaient déjà bien avancés lorsque la pandémie est survenue. Le gros œuvre était achevé en grande partie, et nous avons vite rattrapé le retard au niveau des finitions. Au mois de mai, 40 agents devraient prendre leurs fonctions pour assurer la sécurité sur place. Mais le directeur, le directeur-adjoint et un ingénieur spécialisé sont déjà à l'œuvre pour étudier la sécurité sur le plan technique dans le bâtiment. Peu à peu nous allons mettre en place des embryons de service pour prendre la mesure des lieux et définir les besoins qui sont liés à l'agencement. La distance à parcourir entre chaque service est par exemple un des critères, puisqu'elle peut nécessiter le déploiement de plus ou moins de personnel. 

Quand le centre accueillera-t-il ses premiers détenus ?

«En septembre prochain nous allons sélectionner une quarantaine de détenus de la prison de Schrassig pour voir si les locaux et le dispositif déployé correspondent à la réalité des besoins. Il faudra que cette sélection soit représentative, au niveau de l'âge ou de la nationalité, ce qui n'est pas évident puisqu'en détention préventive il y a beaucoup de turnover. Les personnes qui sont détenues chez nous sont souvent en attente de leur jugement. Mais le centre pénitencier ouvrira comme prévu en 2023, au maximum de ses capacités.

Comment ces nouveaux bâtiments s'inscrivent-ils dans la réforme pénitentiaire, votée en 2018 ?

«Même si ce n'est pas visible à première vue, le centre pénitencier de Sanem est la pierre angulaire de cette réforme. Sa construction va notamment permettre d'absorber la moitié des détenus de Schrassig, pour ainsi mettre en place l'individualisation prévue par la loi. En ayant moins de détenus, et donc plus d'espace, l'actuel centre pénitencier va pouvoir améliorer les conditions de vie dans son bloc réservé aux femmes, créer une unité de gériatrie, assurer un suivi psychologique plus étroit des détenus. Un bloc blanc devrait également être créé, où les contrôles de drogues seront draconiens mais dans lequel les détenus subiront moins de pression. Tout cela est possible grâce à la construction du centre de Sanem. 

Le pays a-t-il donc atteint sa capacité maximale de détention ? 

«Si l'on se base uniquement sur les chiffres c'est vrai que nous sommes en deçà de notre capacité maximale, avec 520 détenus pour 560 places. Mais en réalité la situation est beaucoup plus tendue. A l'intérieur des prisons, nous devons faire beaucoup de séparations. Entre les hommes et les femmes, mais aussi entre les nationalités. Impossible de mettre dans une même cellule des personnes d'origine serbe et croate, par exemple. En respectant la loi, nous avons donc une occupation réelle beaucoup plus importante qu'il n'y paraît. Et la réforme de 2018 nous oblige aussi à réduire le nombre de détenus par centre, pour assurer un meilleur suivi psychosocial notamment.»

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