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La pétition qui vient bousculer les choix sanitaires
Luxembourg 4 min. 19.09.2021
Opinion

La pétition qui vient bousculer les choix sanitaires

Il reste encore plus d'un mois (normalement) de mise en ligne de la pétition publique n°1950. Le record de signataires risque bien de tomber.
Opinion

La pétition qui vient bousculer les choix sanitaires

Il reste encore plus d'un mois (normalement) de mise en ligne de la pétition publique n°1950. Le record de signataires risque bien de tomber.
Luxembourg 4 min. 19.09.2021
Opinion

La pétition qui vient bousculer les choix sanitaires

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
En deux jours à peine, la pétition publique demandant à ce que la vaccination anti-covid obligatoire soit proscrite et les restrictions quotidiennes levées pour les non-vaccinés a dépassé les 5.800 soutiens. Il y aura donc débat à la Chambre.

La pétition publique 1950 vient d'entrer dans l'histoire de la démocratie luxembourgeoise. A peine validée et ouverte à signature, le texte déposé par Christelle Pizzirulli a atteint le niveau de soutiens (4.500) donnant obligation au Parlement d'ouvrir un débat public sur la problématique soulevée. Du jamais-vu : quarante-huit heures ont ainsi suffi à récolter près de 6.000 voix. Une adhésion rapide et massive pour cette proposition s'opposant à toute tentation de rendre la vaccination anti-covid obligatoire à l'avenir mais aussi contre les restrictions de libertés venues ''sanctionner'' celles et ceux qui ne feraient pas le choix du vaccin (ou du testing).


«La vaccination ne relève pas de la vie privée»
Pour le Dr Oliver Kohns, chercheur à l'Uni, le choix du vaccin va au-delà d'une protection personnelle contre le virus, ce qui explique les divergences. Pour autant, il estime que ces tensions ne s'apparentent pas non plus à des fractures.

Coup de tonnerre donc, quelques jours à peine après le vote d'une nouvelle loi covid et de son lot d'obligations sanitaires prolongées ou nouvelles. Cette ''victoire éclair" indique en effet qu'il existe nombre d'opposants aux choix voulus par le gouvernement et votés par la Chambre. Ils sont nombreux et réactifs.

Sans doute bien plus que ne l'avait laissé penser la large adhésion à la campagne vaccinale (près de 65% de la population totale dispose d'un schéma vaccinal complet) ou le calme accompagnant la plupart des règles sanitaires en vigueur. Des contraintes mises en place depuis un an et demi maintenant, et variant selon l'intensité de l'épidémie.

Pour l'auteure de la pétition publique, tous les résidents devraient disposer à plein de leur «libre arbitre» pour décider «ce qu'ils veulent faire ou ne pas faire pour leur santé». Et d'estimer qu'une vaccination obligatoire généralisée constituerait un «obstacle aux libertés individuelles et aux droits de l'homme». Par ailleurs, selon le texte de la pétition il ne faut «pas instaurer avec le temps de discriminations entre les personnes vaccinées et les personnes non vaccinées». 

Si, depuis des mois, le Premier ministre et la ministre de la Santé luxembourgeoise ont affirmé (et réaffirmé) qu'ils étaient attachés au caractère «volontaire» de la vaccination, il est clair que l'instauration du CovidCheck dans un premier temps, ou la bascule vers des tests PCR désormais payants sont clairement voulues pour inciter encore plus de monde à recevoir les doses vaccinales préconisées. Ce qui a pu heurter certains.

L'opposition aux mesures sanitaires s'est trouvée une figure en la personne de Christelle Pizzirulli.
L'opposition aux mesures sanitaires s'est trouvée une figure en la personne de Christelle Pizzirulli.
Capture écran Facebook

 Par ailleurs, le choix du CHL d'exiger de ses nouvelles recrues d'être vaccinées contre le covid-19 ou l'instauration du pass sanitaire obligatoire pour certaines professions en France mais également en Italie, ont également pu constituer des éléments rendant plus urgent que jamais d'ouvrir le dialogue sur ces questions relevant aussi bien de santé collective, que du dialogue social voire même de la philosophie même de l'action publique face aux libertés individuelles.

Un débat qui trouble déjà l'ordre des médecins. Ceux-ci devant se prononcer à nouveau sur d'éventuelles sanctions à l'encontre du docteur Benoit Ochs. Celui-ci ayant clairement remis en cause l'opportunité de la vaccination et critiqué les choix sanitaires que les autorités sanitaires lui imposaient dans l'exercice de son activité de généraliste. 

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