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La périphérie et le Nord du pays de plus en plus prisés
Luxembourg 4 min. 06.02.2022 Cet article est archivé
Immobilier résidentiel

La périphérie et le Nord du pays de plus en plus prisés

Le prix élevé des appartements VEFA décourage de nombreux acquéreurs, qui se tournent de plus en plus vers l'existant.
Immobilier résidentiel

La périphérie et le Nord du pays de plus en plus prisés

Le prix élevé des appartements VEFA décourage de nombreux acquéreurs, qui se tournent de plus en plus vers l'existant.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 4 min. 06.02.2022 Cet article est archivé
Immobilier résidentiel

La périphérie et le Nord du pays de plus en plus prisés

Mélodie MOUZON
Mélodie MOUZON
Face à l'augmentation des prix de l'immobilier neuf, les candidats acquéreurs se tournent de plus en plus vers les appartements existants. Et n'hésitent plus à sortir de la capitale pour s'installer en périphérie.

Ils ont de plus en plus la cote dans le pays auprès des candidats acquéreurs. Face à l'augmentation non négligeable des prix du neuf, les appartements existants, plus abordables, rencontrent de plus en plus de succès. La tendance n'a fait que de s'accentuer en 2021, comme l'a constaté JJL Luxembourg, société experte en conseil immobilier. «On observe un réel changement dans la mentalité d'achat. Et la pandémie n'a fait que de renforcer la tendance à se tourner vers l'existant», commente Robby Cluyssen, Director Residential Agency chez JLL Luxembourg.


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L'écart de prix entre des appartements VEFA (Vente en l'état futur d'achèvement) et des logements existants ne cesse en effet d'augmenter. La moyenne nationale publiée par l'Observatoire de l'Habitat affichait 7.014 euros par m² fin 2020 pour des appartements existants, contre 8.014 euros par m² pour les appartements VEFA. Soit une différence de 12% qui a fait réfléchir plus d'un futur acquéreur.  Revers de la médaille, cette demande croissante pour de l'existant a aussi fait grimper les prix. L'augmentation enregistrée sur un an en 2021 est de 11%, contre 3% pour les appartements VEFA. 

Le désintérêt pour le neuf se marque aussi dans le nombre de transactions  effectuées l'année dernière. Selon des chiffres de l'Observatoire de l'Habitat datant d'octobre, 3.589 transactions concernant des appartements existants ont été réalisées, contre 1.634 transactions pour des appartements neufs. Ceux-ci ne représentent plus que 31% du total des transactions, contre 40% un an plus tôt. Avec la pandémie, les investisseurs ont aussi été moins nombreux en 2021, en raison du contexte incertain lié à la crise mais aussi à l'augmentation du prix VEFA et aux changements dans la fiscalité.

Ce qui est certain, c'est que l'engouement pour l'immobilier résidentiel existant devrait encore se renforcer dans les prochains mois, au vu de l'augmentation importante des prix des matériaux de construction. En un an, les prix ont progressé en moyenne de 10%. Les hausses les plus importantes ont été constatées pour la menuiserie extérieure et intérieure et pour les revêtements de sol. Ceci n'est pas sans conséquences puisque certaines ventes VEFA (vente en l'état futur d'achèvement) ont dû être postposées voire annulées par manque de budget ou de financement suite à cette hausse des prix. 

Une autre tendance, déjà naissante avant la crise sanitaire, se confirme elle aussi sur le marché de l'immobilier résidentiel. La demande se diversifie de plus en plus géographiquement. Les acquéreurs privés et les investisseurs délaissent plus qu'auparavant la capitale pour la périphérie de Luxembourg-Ville, qui dispose de nombreux atouts. Mais la tendance percole bien au-delà et s'étend même à tout le pays, surtout dans le Nord. 

L'explication est à chercher dans l'envol des prix du résidentiel dans la capitale. Alors qu'il y a dix ans, la différence entre Luxembourg-Ville et la moyenne nationale était d'environ 800 euros, elle a grimpé à l'heure actuelle à plus de 3.000 euros! «Au niveau de Luxembourg-Ville, nous avons atteint un plafond en ce qui concerne les prix de vente».


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Conséquence de cette flambée des prix: les candidats acquéreurs vont chercher des prix moins chers en dehors de la capitale. «Ils se tournent vers la campagne et le Nord du pays, où les prix sont plus raisonnables, le cadre de vie plus verdoyant et les superficies des logements plus grandes», explique Robby Cluyssen, de chez JLL Luxembourg.  Mais l'attrait pour la périphérie et le Nord du pays va entraîner  inévitablement une hausse des prix. A Ettelbruck par exemple, on rencontre déjà des prix pouvant aller jusqu'à 10.000 euros du m².

L'importance de la connexion avec la capitale

Les projets dans les localités qui bénéficient d'une bonne communication avec la capitale conservent tout de même la préférence des acheteurs. Et ce, malgré l'ampleur de plus en plus grande qu'a prise le télétravail. 

Pour les investisseurs aussi, il est intéressant de se tourner vers le reste du pays, le taux de rendement brut pouvant être supérieur pour un bien en périphérie et le risque locatif étant acceptable vu la demande constante et la croissance de la population. 

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