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La pandémie impacte la santé mentale des enfants
Luxembourg 4 min. 26.02.2022
Covid-Kids II

La pandémie impacte la santé mentale des enfants

Les réseaux sociaux permettent aux enfants de rester en contact avec leurs amis, même sans contact direct.
Covid-Kids II

La pandémie impacte la santé mentale des enfants

Les réseaux sociaux permettent aux enfants de rester en contact avec leurs amis, même sans contact direct.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 26.02.2022
Covid-Kids II

La pandémie impacte la santé mentale des enfants

Thomas BERTHOL
Thomas BERTHOL
L'étude Covidkids réalisée par l'Université de Luxembourg et Unicef examine le bien-être des enfants et des adolescents pendant la pandémie. Les résultats ont été présentés ce vendredi.

Angoisse, inquiétude fréquente et émotions négatives. Si le covid représente moins de risques pour les enfants et adolescents, le virus a bien un impact sur leur santé mentale. L'Université de Luxembourg et l'Unicef ont présenté ce vendredi leur enquête Covid-Kids II, dont les données ont été recueillies entre juin et octobre 2021.


L'impact de la crise sur les enfants placés s'étudie
L'étude HERO se penche sur la souffrance engendrée par la pandémie chez les enfants placés hors de leur famille. Au Luxembourg, 1.281 mineurs et jeunes adultes ne grandissent pas à la maison.

Le premier volet, qui portait sur un total de 675 enfants âgés de 6 à 16 ans, avait été réalisé au printemps et à l'été 2020. L'enquête avait alors révélé que la satisfaction de vie des enfants avait diminué de manière significative pendant le confinement et que cela était fortement lié aux expériences scolaires vécues pendant la fermeture de l'école. Les enfants étaient également préoccupés par la peur d'attraper le virus et que leurs proches soient contaminés.

Les résultats de la première année ont été confirmés dans ce deuxième volet lors duquel 621 enfants ont participé. Parmi les questions posées aux enfants figure celle sur la satisfaction de leur vie: pire ou meilleure qu'avant la pandémie? L'initiatrice du projet Claudine Kirsch note que 31% des enfants de 6-11 ans et 41% des jeunes de 12-16 ans se disent moins satisfaits de leur vie qu'avant la crise sanitaire. Si la pandémie affecte les jeunes de manière différente et que certains arrivent mieux à s'adapter, «cela ne signifie pas qu'ils ne ressentent rien» selon l'investigatrice. Elle constate aussi que les adolescentes ont ressenti plus d'émotions négatives que les garçons. 75% des jeunes filles ont indiqué avoir plus peur, se sentir tristes ou anxieuses.

Moins de sport, plus de temps passé devant les écrans

La pandémie influence les habitudes de loisirs des enfants. Dans la première étude, la tendance était à la réduction de l'activité. Cette tendance se poursuit dans la seconde, les petits étant plus créatifs que les grands et participant davantage à des activités associatives, tandis que les plus âgés ont tendance à écouter de la musique, à ne rien faire et à passer leur temps libre sur les médias sociaux. Chez les grands, la consommation quotidienne était en moyenne de 3,5 heures, contre deux heures chez les petits, selon leurs déclarations. «C'est beaucoup», a déclaré Claudine Kirsch, «mais d'un autre côté, 75% des enfants et des adolescents interrogés ont déclaré que les réseaux sociaux les avaient aidés à faire face à la pandémie et à rester en contact avec leurs amis». Les réseaux sociaux sont donc à la fois un moyen de maintenir des contacts sociaux et un moyen de se distraire.


Les enfants payent un lourd tribut à la crise covid
Uni et Unicef ont interrogé près de 700 jeunes Luxembourgeois sur leur état d'esprit actuel. Et le moins que l'on puisse dire est que cela ne va pas fort du côté des 6-16 ans dans le pays.

La première partie de l'étude avait montré que l'écoute active de la part des adultes de référence avait une influence significative sur le bien-être des enfants. Dans la deuxième partie de l'étude, les enfants étaient questionnés sur leur satisfaction quant à la manière dont les adultes les écoutaient. 54% des jeunes participants ont répondu par l'affirmative, contre 33 % des plus âgés. Si chaque enfant ressent les choses de façon différente, Claudine Kirsch rappelle l'importance «d'écouter l'enfant et d'entendre ce qu'il dit».

Autre enseignement de l'étude : la crainte de ne pas réussir à l'école selon la professeure des sciences humaines. Un sentiment qui s'explique avec les périodes d'isolement et de quarantaines où des élèves n'ont pas pu se rendre en cours, même si les écoles étaient ouvertes en 2021 rappelle Claudine Kirsch.

L'importance de l'école

Environ la moitié des enfants interrogés ont indiqué avoir été absents de l'école pendant plus de quatre semaines, «un tiers a même passé plus de six semaines à la maison». Il ressort également de l'étude que les enfants préfèrent apprendre à l'école plutôt qu'à la maison. 55% des petits ont déclaré qu'ils pouvaient mieux apprendre à l'école qu'à la maison, contre 96% des grands. Pas moins de 46% des plus âgés ont déclaré qu'ils craignaient des déficits d'apprentissage.  

Mais au-delà de la réussite scolaire, l'école joue aussi un rôle important dans la vie des enfants. Paul Heber, responsable de communication de l'Unicef souligne que l'école constitue un lieu de sociabilisation pour les plus jeunes où «ils rencontrent leurs amis, ont des contacts sociaux». Pour lui, il est aussi important d'adapter le volume et la difficulté des devoirs selon les enfants.

Recommandation d'actions pour la politique

Pour Claudine Kirsch, il faut détecter les enfants qui se sentent angoissés et mettre en place des structures pour leur permettre un suivi psychologique. Des recommandations partagées par Paul Heber, qui avertit toutefois que la liste d'attente est assez longue chez les psychologues actuellement. Il faudrait également des programmes visant à soutenir les parents et des centres d'aide et de conseils pour les enfants et les jeunes: «Ils doivent avoir les outils pour réagir sur le développement de leur enfant. Cela reste vrai aussi en dehors de la pandémie. Il faut savoir que si les parents sont angoissés, les enfants le seront aussi».

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