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La nouvelle prison ne manquera pas de gardiens
Luxembourg 3 min. 03.10.2019 Cet article est archivé

La nouvelle prison ne manquera pas de gardiens

La prison d'Uerschterhaff, près de Sassenheim, n'est encore qu'en construction. Sa mise en service est toutefois prévue pour fin 2022-début 2023.

La nouvelle prison ne manquera pas de gardiens

La prison d'Uerschterhaff, près de Sassenheim, n'est encore qu'en construction. Sa mise en service est toutefois prévue pour fin 2022-début 2023.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 03.10.2019 Cet article est archivé

La nouvelle prison ne manquera pas de gardiens

Steve REMESCH
Steve REMESCH
La ministre de la Justice, Sam Tanson (Déi Gréng) rejette les critiques du syndicat des gardiens de prison. L'AAP craint que l'embauche des personnels prenne du retard alors que la nouvelle prison de Sassenheim ouvre ses grilles en 2022. Pour l'État, 352 employés de prison seront bien recrutés.

En août, le président du syndicat du personnel pénitentiaire, Michel Block, lançait un appel à l'aide aux politiciens : «Le travail des surveillants a manifestement perdu tellement de sa valeur que la description de poste risque de devenir si inintéressante qu'il n'y aura rien à faire pour contrer les problèmes de recrutement».

Et s'il y a urgence, c'est que fin 2022, la nouvelle maison d'arrêt de Sassenheim entrera en fonction. D'ici là, il faut que l'administration pénitentiaire recrute et forme près de 300 nouveaux gardiens.


Que de frustrations côté gardiens de prison
Un peu plus d’an après les troubles qui ont touché les prisons luxembourgeoises, les tensions se sont apaisées. Seulement le personnel pénitentiaire, qui a beaucoup œuvré pour ce retour à la normale, attend toujours que les promesses qui lui avaient été faites à l’époque soient tenues.

Dans un entretien avec le Luxemburger Wort, le président de l'Association des agents pénitentiaires (AAP) affirme que le dossier traîne. Selon lui, il n'y a pas eu d'amélioration du profil professionnel, ni d'établissement de primes de risque alors que celles-ci avaient été promises pour les personnels effectuant des opérations dangereuses dans le secteur cellulaire.

De même, le syndicat regrette que l'escadron canin envisagé pour contrer le trafic de drogue à la prison  de Schrassig n'ait toujours pas montré le bout du museau.

Une meilleure vigilance

La nouvelle ministre de la Justice, Sam Tanson (Déi Gréng),  a tenu à répondre au député  CSV Léon Gloden qui l'interpellait sur ces problèmes. Et la ministre a contredit le syndicat, soulignant que «l'amélioration de la carrière des gardiens de prison» était désormais prise en compte.

La loi sur la réforme pénitentiaire du 18 juillet 2018, a effectivement conforté le travail des gardiens. Leur rôle, au-delà de la surveillance des détenus, consiste maintenant aussi à reconnaître rapidement les changements de comportement chez les prisonniers comme premier élément d'une chaîne de prise en charge des cas difficiles en prison. 

Cette mesure permet à chaque détenu d'être pris en charge de manière optimale et individuelle. La formation des gardes avait été adaptée en ce sens. 

Revoir la grille salariale

Sam Tanson reconnaît que les cheminements de carrière des gardiens, au sein des grades de la fonction publique, devront être revus. Pour cela, il sera nécessaire de modifier la loi. Une étude à cet effet a été confiée à la  Confédération générale de la fonction publique (CGFP) et a été analysée par un groupe de travail auquel l'AAP a également participé. 

Pour le recrutement des nouveaux personnels pénitentiaires, la planification suit son cours. De fait,  l'ouverture de la maison d'arrêt de Sassenheim ne posera pas de problèmes du point de vue des effectifs, assure la ministre de la Justice. 

Des équipements modernisés

Au total, 17 nouveaux postes permanents ont déjà été approuvés cette année pour l'administration pénitentiaire, dont 15 postes de gardien. Par ailleurs, 17 autres postes dans d'autres domaines de travail ont été validés. Il est actuellement prévu d'embaucher 352 nouveaux employés, dont 217 gardiens. Toutefois, aucune décision finale sur ces chiffres n'a encore été prise. 


De nouvelles armes pour les gardiens de Schrassig
Plus de 100.000 euros ont été utilisés pour acheter de nouveaux équipements aux agents pénitenciers de la prison à l'est de Luxembourg. De nouveaux moyens disponibles dès la rentrée prochaine.

En ce qui concerne la prime spéciale de douze points attendue par les 22 membres du Groupe d'intervention pénitentiaire (GRIP), le ministre souligne qu'un travail a débuté en 2018. Les travaux préparatoires sont en voie d'achèvement. 

Par contre, des nouveaux équipements (pour une valeur de 120.000 euros) ont été mis à disposition de ces fonctionnaires pour assurer leur tâche. Sam Tanson s'engage aussi à ce que chaque gardien puisse bénéficier des accessoires indispensables à son travail. En outre, des salles de formation pour le GRIP seraient installées à Schrassig.


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