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La mobilité douce en ville, une équation difficile
Luxembourg 4 min. 20.09.2019

La mobilité douce en ville, une équation difficile

Pour l'heure et en attendant la fin des travaux sur le viaduc, piétons et cyclistes se partagent le même trottoir pour passer du quartier gare à celui de la ville haute.

La mobilité douce en ville, une équation difficile

Pour l'heure et en attendant la fin des travaux sur le viaduc, piétons et cyclistes se partagent le même trottoir pour passer du quartier gare à celui de la ville haute.
Photo: Maurice Fick
Luxembourg 4 min. 20.09.2019

La mobilité douce en ville, une équation difficile

Maurice FICK
Maurice FICK
Les «conflits entre cyclistes et piétons sont préprogrammés» dès novembre sur le boulevard Roosevelt et le viaduc estime la LVI. Etonné de la réaction du lobby cycliste, l'échevin en charge de la mobilité de Luxembourg-Ville défend sa politique.

Le vaste chantier en cours d'aménagement du boulevard Roosevelt qui passe au pied de la Gëlle Fra et de la cathédrale Notre-Dame à Luxembourg a «deux buts: prioriser d'abord la circulation des bus dans les deux sens» et «améliorer la sécurité des cyclistes et le confort des piétons», avait souligné François Bausch, ministre de la Mobilité (Déi Gréng) lors de la présentation du concept le 22 août. 


Fahrrad im Verkehr - Photo : Pierre Matgé
Plus de cyclistes mais pas de politique en conséquence
Jamais la capitale n'a compté autant de vélos dans ses rues et pourtant la priorité n'est toujours pas clairement donnée à la mobilité douce, critique la Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ. Elle en veut pour preuve l'aménagement du boulevard Roosevelt.

La Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ (LVI) a regardé les plans de plus près et a jeté un pavé dans la mare cette semaine en jugeant que la priorité n'est toujours pas clairement donnée à la mobilité douce tant prônée. «Une fois de plus, on s'efforce, sans réel enthousiasme, de satisfaire tous les usagers de la route au lieu de fixer des priorités claires et de promouvoir de manière conséquente les formes de mobilité durable», avait souligné la LVI.

Sur le futur boulevard Roosevelt, comme sur le viaduc, les voitures et les bus disposeront d'une voie dans chaque sens. Piétons et cyclistes circuleront sur une large bande séparée par un trait de peinture.
Sur le futur boulevard Roosevelt, comme sur le viaduc, les voitures et les bus disposeront d'une voie dans chaque sens. Piétons et cyclistes circuleront sur une large bande séparée par un trait de peinture.
Photo: ministère de la Mobilité et des Travaux publics

L'association de défense des deux-roues retient que la nouvelle piste cyclable bidirectionnelle est séparée de la circulation mais elle critique le fait que les vélos côtoieront les piétons sur une même bande, simplement séparée par un trait de peinture blanche. Ce qui n'est, «ni un gain de confort pour les cyclistes, ni pour les piétons». La LVI réclame une séparation claire entre les deux.  

«Même si c'est dans les gènes de la LVI de tout faire pour le vélo, j'étais un peu étonné de lire ce communiqué vu tous les efforts que nous avons faits ensemble (avec la LVI, ndlr)», regrette Patrick Goldschmit, échevin en charge de la Mobilité (DP) alors que s'achève la semaine de la mobilité axée sur le confort du piéton justement. 

C'est déjà beaucoup mieux qu'avant. Même si ce n'est pas parfait.

Patrick Goldschmidt

Il rappelle à la LVI que «c'est un chantier des Ponts et Chaussées sur lequel les services de la mobilité de la Ville et de l'Etat ont travaillé ensemble pour trouver une solution. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'il faut faire passer des bus, des voitures, des piétons et des vélos sans oublier qu'il y a là des accès à des parkings souterrains.»

Au final, il y aura «un tronçon cycliste bien mieux aménagé que jusqu'ici. C'est déjà beaucoup mieux qu'avant. On a fait un effort mais, bien sûr, ce n'est pas parfait», reconnaît Patrick Goldschmidt. A ses yeux, « il y a une piste séparée pour les vélos et un trottoir pour les piétons, ce n'est pas un espace partagé. Il n'y a pas de bordure de séparation et chacun doit respecter l'autre. Ce sont des situations que l'on retrouve par ailleurs comme dans le parc municipal, où passent énormément de cyclistes qui vont en direction du Kirchberg. J'ai quelques réclamations de piétons mais pas de cyclistes».

Vélos et piétons circuleront de ce côté-ci du viaduc début novembre, si tout va bien.
Vélos et piétons circuleront de ce côté-ci du viaduc début novembre, si tout va bien.
Photo: Maurice Fick

 La LVI est surtout irritée par une promesse politique non tenue. Sur le viaduc en travaux «on nous avait promis le maintien d'une piste cyclable propre de 2,80 m de large» mais les plans publiés «montrent apparemment une piste étroite qui ne fait plus que 2 mètres et il n'y a pas de séparation avec le chemin pour piétons». 

A quoi Patrick Goldschmit répond: «Il est vrai que par endroit la piste cyclable sera minimale mais le ministère a respecté les normes. Il y a des équations difficiles à résoudre et on ne peut pas simplement dire qu'on ne fait pas d'effort et que les priorités ne sont pas bien fixées. Oui, nous voulons favoriser la mobilité douce et ça ne veut pas dire qu'on peut aller de 100 à zéro, il faut trouver des alternatives». 

L'une étant de «faire des efforts au niveau national pour avoir moins de voitures qui viennent seulement au boulot pour rentrer le soir et engendrent des embouteillages. Mais c'est à chacun de voir s'il a des alternatives à la voiture individuelle, si le réseau de bus est satisfaisant, etc.», glisse l'échevin pour expliquer que la mobilité est l'affaire de tous.



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Fahrrad im Verkehr - Photo : Pierre Matgé