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La mobilité autonome en démonstration à Schengen
Luxembourg 9 3 3 min. 03.04.2019

La mobilité autonome en démonstration à Schengen

Luxembourg 9 3 3 min. 03.04.2019

La mobilité autonome en démonstration à Schengen

Maurice FICK
Maurice FICK
La voiture autonome existe déjà. Des laboratoires, elle est passée sur les routes de France, d'Allemagne et du Luxembourg. Pour la rendre commercialisable d'ici 2030, les ministres des trois pays ont lancé mercredi à Schengen le premier «site expérimental transfrontalier» européen.

La voiture 100% autonome sur route ouverte dans laquelle vous pouvez vous laisser conduire les yeux fermés, «ce n'est pas encore pour demain parce qu'il y a encore des tests à effectuer», pose Anthony Auert, cluster manager automobility chez Luxinnovation. L'agence nationale de l'innovation luxembourgeoise a pour mission de mettre en relation les différents partenaires pour y arriver.

Un an et demi après l'accord signé entre l'Allemagne, la France et le Luxembourg au Salon de l'automobile de Francfort, le premier «site expérimental transfrontalier» européen a été officialisé mercredi à Schengen en présence de cinq ministres des trois pays. L'objectif étant de montrer des projets concrets qui sont déjà lancés mais aussi ceux qui vont se réaliser sous peu comme le projet européen 5G-CroCo qui devra permettre aux futurs véhicules autonomes de recevoir et d'émettre toutes les données en temps réel, y compris au moment de franchir une frontière.

L'indispensable réseau «5G Cross Border Control» permettant de tester en grandeur nature la mobilité connectée sur le parcours-test de 206 km reliant Metz-Thionville- Shengen, Merzig et Sarrebruck sera «installé courant 2019» le long des routes et autoroutes, dévoile Anthony Auert:

Les voitures autonomes testées sur circuit transfrontalier en conditions réelles sont toutes expérimentales pour l'heure. A l'image de la Kia Soul électrique transformée en laboratoire connecté sur roues par le centre de recherches SnT de l'Université du Luxembourg.

Avec ce «coup de com» de Schengen et le nouveau site expérimental, les trois Etats espèrent attirer les instituts de recherches et les constructeurs automobiles afin d'y mettre au point toutes les technologies de demain qui devront équiper les voitures autonomes.

«Créer de nouvelles formes de mobilité»

François Bausch relève que «c'est le premier projet transfrontalier qu'on a su mettre en place pour vraiment expérimenter toutes les nouvelles possibilités offertes par la digitalisation dans la mobilité» mais voit déjà bien plus loin en réalité.


La mobilité de demain passera par le Luxembourg
Une zone d'essai pour la conduite autonome et en réseau doit être mise en place d'ici la fin de l'année dans le triangle situé entre Allemagne, Grand-Duché et France.

Le ministre de la Mobilité parle de «faire avancer la mobilité du 21e siècle sous l'ère digitale» par le biais du projet transfrontalier et considère «la digitalisation comme une chance pour créer de nouvelles formes de mobilité»:

Alors que les voitures expérimentales passent sans bruit dans son dos, il s'explique: «On ne veut pas investir dans de nouveaux gadgets pour s'amuser. Mais démontrer que les nouvelles technologies nous donnent d'énormes possibilités pour fluidifier le trafic, organiser d'une meilleure façon la mobilité en général et connecter les différents modes de transports entre eux».

Voiture 100% autonome «d'ici 2030»

 «La voiture autonome sera certainement disponible en 2030 au plus tard», dit le ministre de l'Economie, Etienne Schneider:

En clair, la voiture 100% autonome ce n'est pas pour demain matin. Pour devenir réalité dans une bonne dizaine d'années, le site expérimental transfrontalier va aider à «trouver des solutions aux lacunes qui existe encore», résume le ministre en citant l'exemple de la connexion qui se suspend le temps de passer une frontière par exemple. Ce qui serait inimaginable pour une voiture autonome dont le premier «carburant» est sa connectivité ultra-développée.

Du temps nécessaire aussi pour convaincre les futurs usagers. Au cœur de la réflexion mais aussi d'études, l'acceptabilité de la voiture qui se conduirait sans les mains, ni les pieds, reste un grand chantier ont confessé mercredi les politiques de tous horizons.

«Les chauffeurs vont disparaître»

Le ministre de l'Economie souligne que «l'Europe est le constructeur de 23% de toutes les voitures au monde et de trois quarts de tous les camions» et de fait «c'est extrêmement important de se lancer dans cette mobilité autonome».

Il reconnaît aussi volontiers qu'«il est sûr et certain que cette nouvelle technologie va faire perdre des emplois. Les chauffeurs routiers ou les chauffeurs de taxi vont disparaître». A contrario, ces nouvelles technologies vont aussi «créer massivement de nouveaux emplois».

En tout état de cause «c'est un marché énorme» qui se profile et «on ne peut pas le louper» en Europe, estime Etienne Schneider.



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