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La ministre Dieschbourg se défend de toute erreur
Luxembourg 3 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

La ministre Dieschbourg se défend de toute erreur

Carole Dieschbourg est prête à répondre aux questions de la commission Environnement «dès cette semaine».

La ministre Dieschbourg se défend de toute erreur

Carole Dieschbourg est prête à répondre aux questions de la commission Environnement «dès cette semaine».
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 30.09.2019 Cet article est archivé

La ministre Dieschbourg se défend de toute erreur

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Montrée du doigt par le CSV pour d'éventuelles irrégularités dans le traitement du dossier qui a coûté sa place au bourgmestre de Differdange, la ministre de l'Environnement (Déi Gréng) a présenté l'ensemble des pièces à disposition de ses services. Et ainsi justifié ses choix.

Le 11 septembre, l'opposition communale differdangeoise dégoupillait une grenade dont elle ne se doutait sans doute pas de la déflagration. Huit jours plus tard, le bourgmestre Roberto Traversini remettait sa démission, et trois semaines après voilà la ministre de l'Environnement en personne se retrouvant acculée à s'expliquer.

C'est ainsi une Carole Dieschbourg (Déi Gréng) bien décidée «à faire la transparence» qui s'est présentée face à la presse en ce lundi après-midi. Entourée de représentants de son administration, elle s'est défendue de tout favoritisme dans le traitement du dossier de l'ancien bourgmestre -et camarade de parti - qui a, notamment, mené des travaux sur une bâtisse située en zone protégée sans forcément détenir toutes les accréditations nécessaires.


Politik, Sommerinterview Carole Dieschbourg, Ministerin für Umwelt, Klima und nachhaltige Entwicklung,  Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
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Après l'affaire de la maison de jardin ayant coûté son poste au bourgmestre de Differdange, voilà sa collègue ministre de l'Environnement (Déi Gréng) pointée du doigt par des élus du CSV à propos d'autorisations distribuées à la légère.

Carole Dieschbourg a appuyé sa défense, documents à l'appui. Oui, le 8 juillet 2019, le préposé de la Nature et des Forêts a bien constaté que les travaux entrepris sur un chalet de jardin de l'habitation se faisaient sans autorisation. 

Averti sur le champ, Roberto Traversini a immédiatement stoppé le chantier pour envoyer au ministère sa demande d'autorisation dans le cadre de la loi du 18 juillet concernant la protection de la nature. Cela dès le lendemain.

Les attaques de l'opposition ne sont que basse politique

«Je tiens à souligner que, même en zone protégée, ces travaux de bardage et de réfection ne portaient pas atteinte à la nature (biotope, espèces protégées, pollution», soutient la ministre verte comme pour dédouaner un tant soit peu l'ancien bourgmestre. Un élu qui a lui-même reconnu des «erreurs».

Passons sur l'interprétation de l'article de loi pointé par le CSV, le fait est que le ministère donne son accord trois semaines après le dépôt de la demande. Un délai court au cœur de l'été. «Mais rien d'anormal en cela», commente la ministre de l'Environnement droit dans ses bottes. «Les attaques de l'opposition ne sont que basse politique.» 

Menés sans agrément

Donc, pas la peine d'attendre sa démission à elle aujourd'hui.  «Les attaques de l'opposition ne sont que de la basse politique», affirme-t-elle en se disant prête à affronter toutes les questions des parlementaires, à commencer par celles de la commission de l'Environnement.

Depuis août, le ministère a toutefois été destinataire d'autres informations, toujours sur le même chantier. Il s'agit de mouvements de terre qui, cette fois, n'auraient pu obtenir son agrément et qui ont pourtant été menés. Cette fois, le ton se fait plus sec: «Là, la situation dépasse la ligne jaune.»

Pour Carole Dieschbourg, pas question d'accabler Roberto Traversini. La justice, qui a ouvert une enquête, signifiera les éventuelles entorses à la loi. «En vertu de la séparation des pouvoirs, je ne commente pas plus cette affaire», indique la ministre avant d'adresser quelques mots de sympathie à l'ancien bourgmestre differdangeois: «Il a assumé. Laissons-le traverser, sans en ajouter, ces moments difficiles.» Un conseil que, sans doute, elle voudrait bien voir s'appliquer à sa propre personne.


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