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«La mémoire se perd jusqu’à ce que les événements se répètent»
Luxembourg 1 3 min. 12.11.2018

«La mémoire se perd jusqu’à ce que les événements se répètent»

«La mémoire se perd jusqu’à ce que les événements se répètent»

Photo: Jean Vayssières
Luxembourg 1 3 min. 12.11.2018

«La mémoire se perd jusqu’à ce que les événements se répètent»

Le couple grand-ducal et les politiques luxembourgeois ont célébré le centenaire de l’armistice du 11 novembre ce dimanche, sur la place de la Constitution. Ces derniers ont tenu à rappeler l’importance du devoir de mémoire. Ambiance.

Par Jean Vayssières

Peu avant 16h, ce dimanche, une fanfare militaire installée sur la place de la Constitution entame une lente complainte, tandis qu’une poignée de soldats luxembourgeois forme une haie d’honneur menant du Boulevard Roosevelt au monument du souvenir.


Commémoration au Monument du Souvenir
Après avoir assisté à la cérémonie officielle du Centenaire de la Première Guerre mondiale à Paris ce dimanche matin, le couple grand-ducal est rentré dès l'après-midi à Luxembourg pour un moment de recueillement dans la capitale.

Sous le regard bienveillant de la Gëlle Fra, la police grand-ducale invite les curieux à se masser derrière des barrières. Tous attendent la venue du couple grand-ducal et des politiques luxembourgeois, qui ont rendez-vous pour commémorer les 100 ans de l’armistice du 11 novembre 1918.

Dans la foule, il y a Eric. C’est un peu par hasard qu’il s’est retrouvé ici, bien qu’il ait suivi les commémorations françaises. Pour ce résident belge en visite à Luxembourg, ce centenaire résonne tout particulièrement avec la situation actuelle de l’Union européenne. «Toutes ces cérémonies représentent la fraternité des peuples d’Europe», estime-t-il. «Il faut relancer le projet européen. Ne pas perdre cet idéal d’unité entre les peuples».

La chancelière fédérale d’Allemagne, Angela Merkel, s’est inquiétée quelques heures plus tôt, au Forum pour la paix de Paris, de la remise en question de ce «projet de paix européen» face au «nationalisme à œillères», faisant manifestement référence aux récentes élections de Viktor Orbán en Hongrie, de Matteo Salvini en Italie et, outre-Atlantique, de Jair Bolsonaro au Brésil.

Une fine pluie se met à tomber. La foule des spectateurs, qu’ils soient venus commémorer le centenaire de l’armistice ou apercevoir le couple grand-ducal, se couvre de parapluies. Les politiques luxembourgeois arrivent au compte-gouttes: Mars Di Bartolomeo, Gast Gybérien, Lydie Polfer, Xavier Bettel, Corinne Cahen ou encore Carlo Back viennent grossir les rangs de la tribune.

Les politiques luxembourgeois ont célébré le centenaire de l’armistice du 11 novembre à Luxembourg.
Les politiques luxembourgeois ont célébré le centenaire de l’armistice du 11 novembre à Luxembourg.
Photo: Jean Vayssières


Félix Reding, fils du député ADR, Roy Reding, est également présent. Un badge rouge en forme de fleur, frappé des deux dates «1918-2018», brille sur son torse. «Je ne peux pas décrire à quel point c’est triste», confie-t-il. «Cela me touche particulièrement en tant que jeune homme. À mon âge, de jeunes gens se battaient pour conserver leur liberté. On ne peut pas imaginer ce que c’était à l’époque».

Vers 16h30, le Grand-Duc Henri et la Grande-Duchesse Maria Teresa arrivent enfin place de la Constitution, tout droit venus de la cérémonie de Paris, qui se tenait le matin même. Tandis que la fanfare entame une nouvelle mélodie, ils se recueillent un instant devant une gerbe de fleurs, déposée là en hommage aux soldats tombés pendant la guerre, avant de s’en aller la déposer aux pieds de la Gëlle Fra.

S’ensuit un discours de Xavier Bettel, introduit par les mots du maréchal Foch lui-même: «Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir».

Pour Mars Di Bartolomeo, qui fut président de la Chambre des députés pendant le dernier quinquennat, ce devoir de mémoire est essentiel. «J’attache une très grande importance à toutes les cérémonies et occasions de célébrer la mémoire», explique-t-il. «La mémoire se perd jusqu’à ce que les événements se répètent. La meilleure prévention contre cela, c’est l’Histoire et le souvenir. Nous avons le devoir de transmettre cela à ceux qui viennent, à nos enfants».

Une fois la cérémonie terminée et le couple grand-ducal retourné à sa voiture, les spectateurs s’éparpillent. Reste une poignée d’entre eux qui, fascinés, s’approchent des deux soldats de bronze dormant sous le monument du souvenir, afin d’immortaliser le moment et, à leur façon, de faire vivre la mémoire désormais centenaire de la Grande Guerre.


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