Changer d'édition

La maison d'édition de l'Europe fête ses 50 ans
Luxembourg 6 5 min. 07.03.2019 Cet article est archivé

La maison d'édition de l'Europe fête ses 50 ans

Les archives papier de l'Office des publications sont la mémoire des institutions européennes. A terme, cette masse volumineuse de papier va être numérisée.

La maison d'édition de l'Europe fête ses 50 ans

Les archives papier de l'Office des publications sont la mémoire des institutions européennes. A terme, cette masse volumineuse de papier va être numérisée.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 6 5 min. 07.03.2019 Cet article est archivé

La maison d'édition de l'Europe fête ses 50 ans

Virginie ORLANDI
Virginie ORLANDI
Le 7 mars 1969, le comité directeur de l'Office des publications tenait sa première réunion à Luxembourg. 50 ans après, l'organe interinstitutionnel a beaucoup changé et s'est adapté aux exigences du marché de l'édition numérique. Rudolf Strohmeier, directeur de l'OP, revient sur un demi-siècle d'histoire.
  • Quel a été votre parcours avant l'Office des publications?

Mon parcours est atypique car avant de prendre la direction de l’Office des publications (OP), j’ai été juriste en droit économique dans plusieurs cabinets à Bruxelles. Je travaillais depuis 1985 pour celui que j’ai quitté lorsque j’ai pris la direction de l’OP à la suite de Martine Reicherts.

Rudolf Strohmeier est le directeur de l'Office des publications depuis 2016. Il est juriste en droit économique et a été le deuxième chef de cabinet de Viviane Reding.
Rudolf Strohmeier est le directeur de l'Office des publications depuis 2016. Il est juriste en droit économique et a été le deuxième chef de cabinet de Viviane Reding.
Photo: Gerry Huberty
  • Pourquoi vous avoir choisi, vous, justement ?

J’avais une certaine connaissance du Luxembourg quand j’ai été nommé directeur de l’OP en 2016. Durant des années, j’ai été deuxième chef de cabinet de Viviane Reding. J’ai suivi à ses côtés tout le travail concernant le roaming et les télécommunications et les médias.

  • Ces dix dernières années, le fonctionnement de l’OP a beaucoup changé. En ce qui concerne le Journal officiel, le papier a été abandonné au profit du numérique. Aujourd’hui, où en est le processus ?

Le processus vers le numérique prend du temps et ne se termine jamais vraiment. En la matière, les choses bougent rapidement et il faut savoir s’adapter et avoir du personnel qualifié pour faire face à cette évolution. Nous venons juste de commencer le transfert de notre data center vers le cloud. Une décision qui a été prise au moment de mon arrivée et qui représente un changement compliqué à réaliser même s’il est passionnant.

  • En quoi ce passage est-il difficile?

Il est compliqué mais pas propre à l’OP : toutes les entreprises qui passent au numérique connaissent le même phénomène. Pour nous, un des défis est d’adapter nos moyens techniques au cloud. Mais nous devons également faire face aux nouvelles habitudes de consommation des médias de la part des citoyens en proposant un contenu adapté à différents formats et supports. En tant qu’éditeur, nous devons sensibiliser nos auteurs et les institutions européennes à proposer des écrits lisibles et accessibles par le plus grand nombre.

  • Que trouve-t-on actuellement dans le cloud?

La migration a débuté en 2017 et son but est d’archiver notre data center car nous voulons le libérer au plus vite. Les archives sont importantes et volumineuses. Pour l’instant, les Journaux officiels (JO) ne sont pas encore stockés dans le cloud car nous ne sommes pas encore arrivés à l’automatisation des données vers celui-ci et nous n’avons pas encore de date pour la réalisation définitive de ce travail.

  • Justement, le Journal Officiel a-t-il beaucoup de lecteurs?

Le JO est publié en version numérique sur EUR-Lex qui est un site juridique qui réalise 60 millions de clics par an et ses résultats vont crescendo. En ce qui concerne le portail de l’OP, 4,3 millions de visiteurs l’ont vu en 2018 et l’objectif est fixé à 5 millions pour 2019.

  • L’OP doit faire appel à des compétences différentes pour réaliser le passage au numérique. Certains métiers ont-ils disparu avec cette évolution ?

L’imprimerie a connu des changements ces dernières années et nous avons essayé d’accompagner le plus possible les personnes en vue d’une reconversion professionnelle. Le métier de la correction a lui aussi évolué. Car avec l’intelligence artificielle, on peut de plus en plus le remplacer. C’est pourquoi nous formons les correcteurs au métier de l’édition. Il est important de garder leurs connaissances tout en leur apprenant d’autres compétences.

  • Les institutions européennes revoient leurs coûts à la baisse. Est-ce le cas de l’OP ?

Oui, toutes les institutions ont dû réduire le nombre de leurs effectifs et ces dix dernières années, l’OP a perdu à peu près 18 % de son personnel. Aujourd’hui, nous avons quatre correcteurs par langue alors qu’à mon arrivée, on en comptait six. On a également utilisé la digitalisation pour réduire les coûts du Journal Officiel. Il y a une dizaine d’années, pour la production, une page du JO coûtait 23,4 euros et aujourd’hui, cette même page coûte 1,9 euro.

  • D’un côté vous réduisez les coûts de production et de l’autre, l’OP doit publier dans 24 langues tous les textes des institutions. Comment faites-vous face à ce double défi ?

C’est la situation de beaucoup d’entreprises et pour nous, c’est un défi. Nous devons respecter certaines règles juridiques mais il faut avoir un esprit entrepreneur car nous ne pouvons pas dire au contribuable : «Je ne bouge pas mais continuez, s’il vous plaît, à donner de l’argent ! ».

  • De quoi êtes-vous le plus fier en trois années de direction?

D’avoir renforcé la notion de prestataire de service pour les citoyens. Les gens ne s’intéressent pas au processus législatif mais plutôt au résultat. Par exemple, il était important pour moi que les gens puissent savoir rapidement quelles sont les lois applicables et c’est ce que EUR-Lex permet de faire.


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