Changer d'édition

La hausse du revenu de base fait encore tousser
Luxembourg 3 min. 03.12.2020

La hausse du revenu de base fait encore tousser

Après une année plus que morose, les restaurateurs (entre autres professions) pourront-ils supporter la hausse du salaire de nombreux de leurs employés?

La hausse du revenu de base fait encore tousser

Après une année plus que morose, les restaurateurs (entre autres professions) pourront-ils supporter la hausse du salaire de nombreux de leurs employés?
Photo : AFP
Luxembourg 3 min. 03.12.2020

La hausse du revenu de base fait encore tousser

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les chambres de Commerce et des Métiers ne décolèrent pas devant la volonté du gouvernement d'augmenter le salaire social minimum au 1er janvier prochain.

Décidément, ça ne passe pas. Déjà le 20 novembre dernier, à peine Xavier Bettel venait-il d'annoncer l'augmentation de 2,8% du salaire social minimum au 1er janvier 2021 que le patronat grondait. Par la voix de l'UEL le jour même. Via la Confédération des classes moyennes le lendemain. Et alors que le ministre Lex Delles (DP) vient tout juste de défendre le projet de loi en commission, la contestation reprend ce jeudi. Les Chambres de commerce et des métiers demandant à nouveau le retrait de la mesure (au mieux), une compensation plus conséquente et généralisée à toutes les entreprises impactées par ce choix unilatéral (au moins).


(FILES) This file photo taken on February 12, 2016 shows several 500 Euro notes displayed in an arrangement. 
The European Central Bank (ECB) said on May 4 it would no longer produce and issue 500 euro banknotes, amid fears that the purple-coloured bills were favoured by criminals for money laundering and even terrorist financing.
 / AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA
500€ de compensation à la hausse du salaire minimum
Pas plus, pas moins en tout cas pour les entreprises des secteurs vulnérables. Le gouvernement fait donc la sourde oreille aux demandes du patronat qui réclamait un accompagnement plus élevé et généralisé.

Et si la Chambre de commerce et la Chambre des métiers «critiquent fortement» la décision gouvernementale, c'est d'abord parce que, selon elles, elles tombent au pire moment. L'année 2020 a été compliquée à gérer, en raison de la crise covid, et 2021 s'annonce bien incertaine. Aussi les entrepreneurs, indépendants et artisans envisagent mal de pouvoir taper dans leur trésorerie pour assurer cette hausse des revenus.

Certes, cette hausse exigée par l'Etat ne s'élèverait «que» d'environ 70 euros mensuels sur les fiches de paie, mais l'augmentation se traduirait aussi par des augmentations en cascade sur les salaires proches du montant minimum et des cotisations sociales liées. Soit un coût total estimé à une soixantaine de millions d'euros. Insupportable, indiquent donc les deux instances dans une prise de position commune.

Si les deux Chambres invitent à nouveau le gouvernement à faire machine arrière, elles savent bien qu'il y a peu de chance pour qu'il en soit ainsi. Aussi avancent-elles une autre proposition à la majorité DP-LSAP-Déi Gréng : pourquoi ne pas envisager «une neutralisation financière complète»? C'est-à-dire bien au-delà des 500 euros dont il est actuellement question comme compensation à l'égard des seules entreprises des secteurs dits vulnérables et le commerce de détail. Le secteur de la construction, qui emploie nombre d'effectifs au salaire minimum juste à la marge supérieure, ne pourrait-il pas être intégré lui aussi?

Ainsi, les présidents Tom Oberweis (Métiers) et Luc Frieden (Commerce) souhaiteraient que l'accompagnement voie son champ élargi mais aussi sa durée, «au moins de 2021 à 2023». A défaut d'en débattre dans une hypothétique nouvelle tripartite, les deux Chambres suggèrent donc que le gouvernement décide d’un amendement au projet de budget 2021 et pour la programmation pluriannuelle pour la période 2020-2024 afin d'intégrer ce nouveau dispositif pour les années à venir.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Guardian échappe aux licenciements
Depuis mi-octobre, et l'annonce d'un possible plan social avec 70 emplois menacés, direction de Guardian et OGBL ont mené un bras de fer. Ce lundi, accord a été trouvé pour un plan de maintien dans l'emploi.
21.3. Wi/ITV Guardian , Guus Boekhoudt / et nouv siege Bertrange Foto:Guy Jallay
L'UEL et la fausse bonne idée d'une nouvelle tripartite
Contrairement aux syndicats qui demandent au gouvernement d'accélérer la mise en oeuvre d'une rencontre entre partenaires sociaux pour s'accorder sur les suites à donner à la crise sanitaire, le patronat considère mercredi que cette demande ne répond pas à un besoin actuel.
Wirtschaft , Jean-Paul Olinger, UEL-Direktor. Thema: Wünsche der UEL an die REgierung, 100 Tage im Amt, Luxemburg, Luxemburg, Chambre de Commerce, Foto: PierreMatgé/Luxemburger Wort
Les syndicats souhaitent accélérer la tripartite
A quelques heures de l'allocution du Premier ministre quant à la probable mise en oeuvre de nouvelles restrictions destinées à lutter contre la pandémie, OGBL et LCGB demandent au gouvernement un réunion avancée par rapport au calendrier initial.
Politik, Tripartite, Chateau de Senningen, Xavier Bettel, Nora Back, Patrick Dury, Sylvain Hoffmann, Dan Kersch, Francois Bausch, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
Un plan social plane au-dessus de BCD Travel
L'agence de voyages souhaite se séparer d'une dizaine de salariés pour raisons économiques sur sa quarantaine de collaborateurs au Luxembourg. La dégringolade du secteur touristique étant la cause de ces licenciements envisagés.
Une valse à deux temps pour le chômage partiel
Prolongé jusque juin 2021, le dispositif devrait connaître deux formes d'application pour les milliers de salariés. La première, d'ici mars, empêchera les industriels bénéficiaires de procéder à des licenciements pour raisons économiques.
Wirtschaft, Dan KERSCH, Franz FAYOT, Konferenz, chômage partiel, Teilarbeitslosigkeit,  Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort