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La grogne dans l'Horeca peine à être canalisée
Luxembourg 3 min. 14.01.2021

La grogne dans l'Horeca peine à être canalisée

Face à une situation économique compliquée, les acteurs de l'Horeca expriment en partie leur désarroi via de nombreuses initiatives qui rendent leur message inaudible.

La grogne dans l'Horeca peine à être canalisée

Face à une situation économique compliquée, les acteurs de l'Horeca expriment en partie leur désarroi via de nombreuses initiatives qui rendent leur message inaudible.
Photo: Gerry Huberty/archive
Luxembourg 3 min. 14.01.2021

La grogne dans l'Horeca peine à être canalisée

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
A l'arrêt forcé jusqu'au 31 janvier, les acteurs de l'Horeca ne cachent pas leur amertume face aux décisions du gouvernement. Si l'idée de «faire entendre leur voix» dans les rues de la capitale avait été actée, elle semble remise en question en raison «des risques de débordement». Mais pas par tous.

Bien qu'ayant recueilli des milliers de soutiens enthousiastes sur les réseaux sociaux, la manifestation des acteurs de l'Horeca à Luxembourg-Ville n'aura finalement pas lieu. Non pas que les cafetiers et restaurateurs du pays aient subitement retrouvé un optimisme contagieux face à leur situation économique, au contraire. La raison se trouve plutôt dans l'engouement «excessif» suscité par cette idée.


Geschlossene Lokale in der Hauptstadt.Ghost City. Leere Kneipen.Luxemburg-Stadt. Corona,Covid-19.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
La tension redescend d'un cran dans le secteur Horeca
La rencontre organisée ce jeudi entre le ministre des Classes moyennes et les représentants du secteur a officiellement abouti à un échange «fructueux», même si aucune décision n'a été prise. Face à la situation, certains patrons envisagent de manifester mi-janvier dans les rues de la capitale.

«J'ai reçu l'autorisation officielle de manifester, mais j'ai décidé de l'annuler au vu de la teneur de nombreux messages publiés qui m'ont vraiment surpris, voire m'ont fait peur dans certains cas», indique Etienne-Jean Labarrère-Claverie. Si pour le créateur du groupe Facebook «Laissez-nous travailler» l'idée de base consistait à «mettre en place un mouvement destiné à trouver des solutions», elle a catalysé d'autres attentes. 

Notamment celles «de militants anti-masque ou anti-vaccin qui n'ont rien à voir avec les revendications du secteur», détaille le chef qui «refuse d'assumer la responsabilité d'une manifestation qui aurait pu regrouper entre 2.000 et 2.500 personnes, dont potentiellement des personnes mal intentionnées». Une crainte déjà évoquée aussi bien par les représentants de l'Horeca, par Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes, ou certains patrons d'établissement.


Wirtschaft, Restaurants, Cafés: wie ist die Lage? Klage, warum sie erst am 1. Juni öffnen dürfen, Brasserie Relay, foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
«Je ne veux pas mettre en jeu des vies humaines»
Pour tenter de faire entendre leur voix et exprimer leur désarroi face à la fermeture prolongée des bars et restaurants jusqu'au 31 janvier, certains restaurateurs envisagent une manifestation mi-janvier. Une idée loin de faire l'unanimité au sein de la profession.

Raison pour laquelle une nouvelle approche est en train de voir le jour. Celle de rechercher un échange direct avec Xavier Bettel (DP). «Je souhaite rencontrer le Premier ministre pour évoquer avec lui concrètement la situation de tout un secteur et de lui dire que nous sommes très proches d'un glissement vers quelque chose de tout à fait inutile», assure Giovanni Patri, créateur du groupe Facebook «Rescue Independents & Startups». 

Référence à ce que celui qui souhaite devenir «médiateur» entre les mouvements de grogne nés sur les réseaux sociaux et le gouvernement qualifie de «ras-le-bol» de nombreux restaurateurs. Qui se traduirait par «des références quotidiennes à des intentions de se suicider» ou «de réels problèmes de santé mentale». Un thème que le gouvernement assure vouloir «surveiller de près». Et pour tenter de trouver une solution, «notamment sur la lenteur administrative dans le versement du chômage partiel ou le poids des charges alors que le secteur n'a plus de revenu», Giovanni Patri indique qu'il enverra une demande officielle de rencontre au Premier ministre «au plus tard jeudi matin».


Nouveau geste à destination des indépendants
Le Conseil de gouvernement a validé, vendredi, la mise en place d'une indemnité unique «non remboursable et non imposable» pouvant aller jusqu'à 4.000 euros. Le projet de loi associé doit être déposé «dans les meilleurs délais».

Sauf qu'il n'est pas le seul à avoir la même idée. Etienne-Jean  Labarrère-Claverie assure effectuer les mêmes démarches «afin d'être entendu, car il y a possibilité de trouver des arrangements». Une situation chaotique à laquelle s'est ajoutée, mercredi soir, l'introduction d'une nouvelle demande officielle de manifester auprès de la Ville de Luxembourg, pour le 21 janvier. Selon les dernières données du ministère des Classes moyennes, le gouvernement a versé à ce jour quelque 60 millions d'euros d'aide au secteur, dont plus de 35 millions d’euros d’aides financières non remboursables et environ 25 millions d’euros dans le contexte de l’avance remboursable.

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