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La gratuité des cantines remise en question
Luxembourg 3 min. 29.11.2021
Société

La gratuité des cantines remise en question

Une enveloppe de 11 millions d'euros a été réservée pour la mise en place des repas gratuits dans les cantines.
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La gratuité des cantines remise en question

Une enveloppe de 11 millions d'euros a été réservée pour la mise en place des repas gratuits dans les cantines.
Photo : Getty Images
Luxembourg 3 min. 29.11.2021
Société

La gratuité des cantines remise en question

Laura BANNIER
Laura BANNIER
44.000 élèves auraient dû bénéficier de la restauration scolaire sans payer à partir de janvier 2022. Mais la mesure envisagée par le gouvernement a été retoquée par le Conseil d'Etat, et pointée du doigt par certaines familles.

Elle représenterait un coût de 846 euros par enfant chaque année. Lors de son discours sur l'état de la Nation, Xavier Bettel a annoncé la volonté du gouvernement de rendre la cantine scolaire gratuite pour les familles aux bas et moyens revenus. Un geste qui devrait concerner 44.000 enfants luxembourgeois, qu'ils soient inscrits dans les maisons relais, les écoles fondamentales ou les lycées du pays.


POUR ILLUSTRER LE PAPIER DE GERSENDE RAMBOURG : " LES FRANCAIS A TABLE: CE QUI A CHANGE DEPUIS DIX ANS "<br />(ARCHIVES) Cette photo prise le 15 octobre 2007 au lycée Le Verrier à Saint-Lô montre les élèves choisir un repas bio à la cantine. Pendant la dernière décennie des changements sont intervenus dans les habitudes alimentaires des français, comme l'engouement pour les produits bio et les produits équitables, l'augmentation des allergies alimentaires, ou le retour en grâce de légumes délaissés. AFP PHOTO / MYCHELE DANIAU
La cantine va devenir gratis pour 44.000 élèves
A compter de 2022, les familles modestes pourront bénéficier de la gratuité de la restauration scolaire pour leurs enfants. Le ministère de l'Education nationale prévoit un budget de 11 millions d'euros sur cette mesure.

Si 81% des sondés du Politmolitor se disent favorables à cette mesure, ce n'est pas le cas du Conseil d'Etat. Dans un avis, l'organe soulève plusieurs incohérences du texte. La principale critique est dirigée à l'encontre du barème établi par le projet de loi. Ce dernier indique que tous les ménages dont les revenus sont inférieurs à quatre fois le salaire social minimum (c'est-à-dire à 8 800 euros bruts) peuvent bénéficier des repas gratuits. Pour les Sages, ce montant n'est pas un indicateur fiable des «situations de précarité et d’exclusion sociale».

Pire encore, le Conseil d'Etat s'inquiète de voir cette mesure bafouer le principe d'égalité devant la loi inscrit dans la Constitution. En l'état, le texte entraînerait des différences de traitement entre les familles pouvant - ou non - bénéficier de moyens de garde alternatifs comme les parents, les voisins ou les grands-parents. L'institution pointe également du doigt le manque de place disponible dans les maisons relais. «Les parents qui ont la chance de pouvoir se voir attribuer une place profitent de la gratuité des repas, alors que les autres (…) doivent subvenir aux frais des repas par leurs propres moyens.»


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Une rhétorique également empruntée dans une pétition publique déposée le 22 octobre dernier. Le texte, qui a déjà récolté les 4.500 signatures nécessaires à la tenue d'un débat public, demande que les familles dont les enfants ne fréquentent pas les cantines scolaires reçoivent une aide financière. 

Des critiques dont le député Gilles Baum (DP) se défend. Le président de la commission Education nationale qualifie l'avis du Conseil d'Etat de politique. «On note qu'il n'y a pas d'opposition formelle, donc j'estime que le texte proposé n'est pas anticonstitutionnel», affirme l'élu. 

Le calendrier devrait rester inchangé

Alors qu'elle doit entrer en vigueur au 1er janvier 2022, la mesure ne devrait pas être décalée, malgré ces divergences. «Le projet fait partie intégrante du budget de l'Etat, il ne s'agit pas d'une mesure isolée. Donc je pense qu'à elle seule, la mesure ne risque pas de faire capoter intégralement le vote du budget.»

Ancien enseignant, Gilles Baum se présente en tant que fervent défenseur de cette mesure sociale. «Si nous permettons à tout le monde de se restaurer de façon saine, c'est un très grand progrès», indique l'élu qui plaide en faveur du barème fixé dans le projet de loi. «Cette mesure entend alléger financièrement les bas et moyens revenus. Je pense donc que le montant est tout à fait approprié puisqu'il correspond environ à deux fois la somme du salaire médian.» 


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Pour le député, la compensation financière demandée par les signataires de la pétition n°2.061 semble être irréalisable. Si les familles concernées se voyaient verser la somme de 800 euros par an pour servir ces repas à leurs enfants, cette dépense devrait par la suite faire la mesure de contrôles. «C'est un peu cocasse tout ça.»

Alors que le Conseil d’État a conseillé la rédaction d'un projet de loi spécifique à la gratuité des repas en restauration scolaire, Gilles Baum juge que «des pourparlers doivent avoir lieu avec le ministère de l'Education nationale pour essayer d'aplanir les différends». Le ministère qui, de son côté, a indiqué être actuellement en train d'analyser l'avis des Sages

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