Changer d'édition

La France demande de l'argent au Luxembourg pour ses frontaliers
Luxembourg 2 min. 21.11.2016 Cet article est archivé
Compensation

La France demande de l'argent au Luxembourg pour ses frontaliers

Harlem Désir, secrétaire d'État aux Affaires européennes, et Corinne Cahen, ministre de la Grande Région.
Compensation

La France demande de l'argent au Luxembourg pour ses frontaliers

Harlem Désir, secrétaire d'État aux Affaires européennes, et Corinne Cahen, ministre de la Grande Région.
SIP
Luxembourg 2 min. 21.11.2016 Cet article est archivé
Compensation

La France demande de l'argent au Luxembourg pour ses frontaliers

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
Comptant sur un prochain doublement du flux de travailleurs français vers le Luxembourg, le gouvernement français veut discuter d'une compensation fiscale avec son voisin.

Par Pierre Sorlut

Au Luxembourg ce lundi pour une réunion de travail intergouvernementale, le secrétaire d'Etat français chargé des Affaires européennes Harlem Désir a demandé «d'ouvrir une discussion sur la compensation fiscale» des impôts payés par les travailleurs français au Luxembourg. Ils sont aujourd'hui 90.000. Ils seront 190.000 à l'horizon 2035 selon les hypothèses de travail du gouvernement de l'Hexagone voisin.

«Compte tenu de l'augmentation de ces échanges, en particulier de la mobilité des travailleurs frontaliers qui sont amenés à doubler au cours des 15 prochaines années, et des conséquences que cela a pour ce qui concerne les investissements faits en France, comme les infrastructures de transport, mais aussi le financement de la dépendance, de l'accompagnement des personnes âgées, et de la petite enfance, nous souhaiterions avoir une discussion plus générale sur la question fiscale», a expliqué Harlem Désir à l'AFP à l'issue d'une conférence de presse organisée au Chateau de Senningen.

Le quart de l'emploi intérieur

Le secrétaire d'Etat français regrette aujourd'hui une manière de travailler «projet par projet». «Nous aimerions avoir une discussion plus générale sur la question fiscale puisque ces travailleurs paient leurs impôts à la source au Luxembourg et vivent en France dans des collectivités qui sont amenées à investir ou à prendre en charge les dépenses liées à leur situation» explique M. Désir, prenant en exemple la convention passée avec la Suisse où la problématique est similaire. Aujourd'hui les résidents français représentent presque le quart de l'emploi intérieur luxembourgeois (405.600 personnes).

Face à l'argumentaire français, les ministres luxembourgeois rétorquent avoir lourdement investi dans les routes et le rail. «Le Luxembourg a investi un milliard d'euros (1,7% du PIB luxembourgeois) ces dernières années dans les infrastructures» fait savoir Corinne Cahen, ministre luxembourgeoise chargée de la Grande Région.

200 millions pour l'A3

Parmi les différents projets détaillés, Mme Cahen a notamment évoqué 200 millions d'euros investis dans la partie luxembourgeoise de l'autoroute reliant Luxembourg-Ville à Thionville, l'une des principales agglomérations pourvoyeuse de travailleurs au Luxembourg. L'axe, saturé, doit passer de deux à trois voies, mais les discussions sur le financement en France de l'A31 (prolongement de l'A3 luxembourgeoise) s'éternisent.

Dans une déclaration commune, les délégations française et luxembourgeoise se félicitent par ailleurs de la mise en place depuis leur réunion en 2015 d'un «cadencement» sur la ligne ferroviaire Nancy-Metz-Thionville-Luxembourg conduisant à «une augmentation substantielle du nombre de places offertes aux voyageurs» ou de l'ouverture de nouvelles lignes de bus reliant Thionville à des bassins d'emploi luxembourgeois (Leudelange et le quartier du Kirchberg à Luxembourg).


Sur le même sujet