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La «Fixerstuff» d'Esch-sur-Alzette reste discrète
Luxembourg 6 3 min. 26.07.2021
Société

La «Fixerstuff» d'Esch-sur-Alzette reste discrète

L'objectif de la structure est d'apporter un suivi médical, mais surtout un soutien et une forme de sociabilité essentiels pour arrêter de consommer.
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La «Fixerstuff» d'Esch-sur-Alzette reste discrète

L'objectif de la structure est d'apporter un suivi médical, mais surtout un soutien et une forme de sociabilité essentiels pour arrêter de consommer.
Photo: Pierre Matgé
Luxembourg 6 3 min. 26.07.2021
Société

La «Fixerstuff» d'Esch-sur-Alzette reste discrète

Deux ans après son ouverture, le centre de consommation de stupéfiants a enregistré 161 contrats de bonne pratique et accueilli jusqu'à 35 personnes par jour. Une fréquentation moindre que la salle du quartier Bonnevoie mais qui permet un «meilleur suivi» des toxicomanes et une meilleure relation avec les riverains.

(m.s. avec Siebenaler) A première vue, le bâtiment du 130, rue de Luxembourg à Esch-sur-Alzette ressemble à toutes les autres maisons. Seules l'immense fresque côté rue et la clôture de sécurité laissent entrevoir la particularité de l'édifice ou plutôt de l'association qu'il héberge. Depuis 2019, Contact Esch y a installé sa «Fixerstuff», la deuxième du Grand-Duché.


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Permettant aux toxicomanes de consommer de manière hygiénique et contrôlée, tout en bénéficiant de conseils et de soutien, l'association se veut discrète. En deux ans d'expérience, «pas une seule plainte» n'a été déposée à l'encontre de l'association, assurent Martina Kap, une des responsable du site et Günter Biwersi, directeur du Jugend- an Drogenhëllef qui gère la structure. 

«Beaucoup craignaient que les tensions observées au quartier de Bonnevoie ne se reproduisent à Esch», explique ce dernier à nos confrères du Luxemburger Wort. Virulemment critiquée par les riverains, la structure gérée par l'Abrigado est perçue comme générant une certaine violence et insécurité. Une description qui ne s'applique pas à la salle de Contact Esch, à en croire les responsables, en raison de sa petite taille. 

Equipée d'un café, la «Fixerstuff» permet aux toxicomanes de se restaurer et de se reposer, et dispose de trois travailleurs sociaux, deux psychologues, cinq infirmières et d'un binôme de portiers responsables de la sécurité. L'objectif: assurer des soins mais proposer aussi un soutien et une forme de sociabilité, essentiels pour arrêter de consommer.

Conçue pour accueillir jusqu'à 60 visiteurs, la salle de shoot a enregistré 161 contrats depuis son ouverture, bien que tous ces clients ne soient pas toujours «actifs». Les contrats sont renouvelés chaque année: 32 nouveaux contrats ont été signés en 2021, 72 en 2020 et 57 en 2019. Martina Kap estime que le nombre de clients «actifs» s'établira entre 30 et 40 à terme.

Une population «restreinte» par rapport à celle qui fréquente l'Abrigado, relèvent les responsables de la structure. Car si certains politiciens espéraient que l'ouverture d'une seconde salle de consommation permettrait de mieux répartir les toxicomanes, et d'alléger la structure de Bonnevoie, cela ne s'est pas produit dans les faits. Ainsi, alors que l'Abrigado comptabilise «jusqu'à 200 personnes par jour» la structure d'Esch n'en accueille «pas plus de 30 ou 35» quotidiennement, indique Günter Biwersi.  

Contrairement à Luxembourg-ville, la plupart des toxicomanes d'Esch ont une «situation de vie plus stable«, ce qui signifie avant tout qu'ils ont une résidence permanente. En outre, les consommateurs de drogue se font également «plus discrets» et «veillent à ne pas attirer l'attention», explique Martina Kap. 


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L'Abrigado, plus qu'une simple salle de shoot
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Une ambiance «plus privée» appréciée par les usagers du centre, complète-t-elle, et qui permet d'établir un suivi plus personnalisé. «C'est le toxicomane qui décide de son objectif», précise la responsable de Contact Esch, réfutant l'idée fausse selon laquelle une rupture totale avec la consommation de drogue est l'objectif souhaité. «Nous accompagnons de nombreux consommateurs sur une longue période, et certains d'entre eux décident à un moment donné de suivre une thérapie.» 

D'autres, en revanche, préfèrent avant tout stabiliser leur consommation afin de pouvoir travailler par exemple. Des choix accompagnés par l'équipe de la structure, grâce à des «conversations privées». «De telles discussions sont aussi naturellement beaucoup plus possibles dans un cercle plus restreint que si nous devions nous occuper de 200 personnes ici», explique Martina Kap.

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