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La fin du «Jeudi» laisse 10 salariés sur le carreau
Luxembourg 2 min. 11.07.2019

La fin du «Jeudi» laisse 10 salariés sur le carreau

La fin du «Jeudi» laisse 10 salariés sur le carreau

Photo: Lex Kleren
Luxembourg 2 min. 11.07.2019

La fin du «Jeudi» laisse 10 salariés sur le carreau

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Un peu plus d'un mois après l'annonce de la fermeture de l'hebdomadaire francophone du groupe Editpress, l'OGBL annonce jeudi la signature d'un plan social. Les personnels concernés bénéficieront de «mesures d'accompagnement» et de «compensations financières», selon le syndicat, actionnaire principal du groupe eschois.

Annoncée fin mai, la fin du Jeudi va se traduire par le licenciement de 10 salariés, indique jeudi l'OGBL. Un chiffre en baisse par rapport aux plans initiaux qui prévoyaient l'arrêt des contrats de travail de 15 personnes afin de «pérenniser les activités» du groupe Editpress, selon le communiqué officiel.

Selon nos informations, sur les 10 personnes concernées, seules sept étaient titulaires de la carte de presse au sein du Jeudi. Les trois autres personnes n'appartenaient pas à l'équipe de l'hebdomadaire mais à une ou plusieurs autres entités du groupe eschois. En l’occurrence une femme de ménage, un salarié qui travaillait à l'imprimerie et une autre active jusqu'alors dans la partie administrative d'Editpress. Une situation qui s'explique par le fait que ce plan social «concerne l'ensemble d'Editpress Luxembourg S.A et non uniquement Le Jeudi qui ne constituait pas une entité à part», détaille Pit Schreiner, négociateur du plan social pour l'OGBL. 

Transfuge théorique

Le communiqué officiel indique que les salariés concernés bénéficieront «d'indemnités extralégales» et de «mesures d'accompagnement», que ce soit via une procédure de mise «à la préretraite-ajustement» ou une «priorité de réembauchage, exemption fiscale et aide au réemploi». Comprenez notamment la possibilité pour les journalistes concernés d'intégrer l'une des rédactions francophones d'Editpress, à savoir celle du Quotidien ou de L'essentiel

Une possibilité plus théorique que réelle puisque si ces deux journaux appartiennent bel et bien au groupe Editpress, ils constituent des entités juridiques différentes, avec des actionnaires différents. Le Quotidien appartient à la société Lumédia, propriété d'Editpress et du Républicain Lorrain, tandis que L'essentiel est édité par Edita, joint-venture entre Editpress et le groupe suisse Tamedia. «Nous ne pouvons pas forcer les dirigeants d'autres sociétés à embaucher des journalistes d'Editpress», reconnaît Pit Schreiner qui précise que la «priorité de réembauchage ne concerne que les titres d'Editpress Luxembourg S.A.». 

OGBL vs OGBL

Pour rappel, Le Jeudi - qui existait depuis 1997 - a été arrêté «pour raisons financières». Selon Jean-Lou Siweck, directeur général du groupe Editpress, cette décision s'inscrit dans une logique de groupe dans laquelle «toute l'énergie sera concentrée sur son quotidien allemand Tageblatt». Pour le paysage médiatique luxembourgeois, la disparition de l'hebdomadaire francophone répond à une concentration de l'offre, désormais répartie pour les journaux imprimés 100% en langue française entre Le Quotidien, L'essentiel et Paperjam.

À noter enfin que ces négociations s'effectuaient dans un contexte particulier, puisque les personnels du Jeudi, comme ceux de l'ensemble du groupe eschois, avaient comme principal actionnaire l'OGBL.