Changer d'édition

La fièvre du contrôle gagne les magasins
Luxembourg 3 min. 26.08.2020 Cet article est archivé

La fièvre du contrôle gagne les magasins

Le studio de tatouage Adikt Ink à Luxembourg-ville a décidé de vérifier la température de toutes les personnes entrantes en guise de mesure de sécurité supplémentaire.

La fièvre du contrôle gagne les magasins

Le studio de tatouage Adikt Ink à Luxembourg-ville a décidé de vérifier la température de toutes les personnes entrantes en guise de mesure de sécurité supplémentaire.
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 26.08.2020 Cet article est archivé

La fièvre du contrôle gagne les magasins

Plusieurs commerces de la capitale ont pris la décision de vérifier que leurs clients ne présentent pas de fièvre. Celles et ceux qui refusent de se plier à ce contrôle se voient tout simplement interdire l'entrée. Une pratique autorisée par la loi.

(JFC avec Diana Hoffmann) – Jusqu'à présent, la pratique existait à la porte des hôpitaux, ou dans une petite tente dressée devant certaines pharmacies. Aujourd'hui, elle s'exporte à l'entrée de certains restaurants et studios de tatouage: le contrôle de la température corporelle de tous les clients potentiels gagne du terrain. Un luxe de précaution lié au fait que la fièvre reste considérée comme l'un des symptômes principaux d'une infection au covid-19.

Dans le but de protéger employés comme clients, plusieurs responsables de commerces dans la capitale ont donc investi dans l'achat d'un thermomètre clinique. Mais tous les clients ne sont pas à l'aise avec cette volonté de détection globale des personnes potentiellement infectées. Certains se montrant même extrêmement dubitatifs. «Mais la grande majorité s'y prête de bonne grâce et trouve ce contrôle tout à fait logique», explique la réceptionniste du studio de tatouage Adikt Ink à Luxembourg-ville.

Selon la réceptionniste du studio de tatouage Adikt Ink, «la grande majorité des clients se prête de bonne grâce» à la procédure mise en place.
Selon la réceptionniste du studio de tatouage Adikt Ink, «la grande majorité des clients se prête de bonne grâce» à la procédure mise en place.
Photo: Chris Karaba

Un petit souci a toutefois vu le jour pendant la période de canicule. Alors que la température extérieure dépassait gaiement les 30°C, certaines personnes ont affiché une température corporelle trop élevée. Il leur était alors demandé de s'asseoir et de boire un verre d'eau avant de pouvoir être servis. Un cas seulement de fièvre a été décelé. Après avoir effectué un test qui s'est révélé négatif, le client en question est revenu au studio pour se faire tatouer.

Mais au-delà de l'aspect purement technique, il est évident que ce genre de pratique pose question sur le plan de l'éthique et de la liberté individuelle de chacun. Selon Frank Stoltz, porte-parole de la police, «refuser l'entrée à un client en raison d'une température corporelle excessive n'est pas interdit en soi». Le fonctionnaire qui rappelle que la police est habilitée à effectuer un contrôle dans un lieu accessible au public, tel qu'un magasin ou un restaurant, si une infraction à la «Loi covid» est signalée.

Prendre la température des personnes donne un faux sentiment de sécurité

En principe, un commerce peut toujours utiliser son droit de domiciliation pour refuser l'entrée à des personnes. Tout en demeurant conscient du fait qu'il ne doit «pas faire de discrimination» et que sa décision ne doit en aucun cas «porter atteinte à la dignité des êtres humains». La procédure ne viole pas non plus les droits de la personne «tant que la température du corps ne peut être attribuée à une personne identifiée».

Ce, même si le ministère de la Santé rappelle que le Centre européen de prévention des maladies a clairement exprimé son opposition à la prise de fièvre dans le cadre de la lutte contre la pandémie. «Prendre la température n'est pas un moyen efficace de détecter les personnes infectées par le covid-19. Cela donne tout simplement un faux sentiment de sécurité», déclare ainsi le Dr Jean-Claude Schmit, directeur de Santé. Après tout, nombreuses sont les personnes asymptomatiques atteintes du virus.


23.03.2020, Bayern, München: Eine Mitarbeiterin am Institut für Virologie der technischen Universität München (TUM) arbeitet in einem Labor an einer Sterilbank mit Zellkulturen. Foto: Sven Hoppe/dpa +++ dpa-Bildfunk +++
Le Luxembourg compterait plus de 400 asymptomatiques
La deuxième série de tests des participants à l'étude CON-VINCE met en avant le phénomène des «porteurs silencieux» du covid-19. Ces derniers pourraient être à la base de la deuxième vague tant redoutée.

Une seconde raison pour laquelle tabler sur le seul contrôle de la température s'avérerait présomptueux réside dans le fait que les personnes infectées sont  déjà contagieuses pendant la période d'incubation. C'est-à-dire en moyenne cinq à six jours avant qu'elles ne présentent des signes de fièvre. Selon l'état actuel des connaissances de l'Institut allemand Robert Koch, près de 60% des personnes infectées ne développent même pas du tout de fièvre.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

Retours de vacances, fin du congé collectif, rentrée des classes. Autant de facteurs de risque qui pourraient engendrer une nouvelle recrudescence des infections au nouveau coronavirus. Pour parer à cette éventualité, les dernières mesures anti covid-19 seront d'actualité au-delà du mois de septembre.
Lok , Bascharage , Coronavirus , Drive In Test Coronavirus  , Sars-CoV-2 , Covid-19 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Pour relancer la consommation, la Ville de Luxembourg n'hésite pas à mettre la main au portefeuille. Au total, elle a déboursé 1,86 million d'euros en chèques-cadeaux et reversé près de 3,3 millions d'euros en subsides. Objectif: permettre aux enseignes de la capitale de sortir la tête de l'eau.
Le testing à large échelle est actuellement le moyen le plus sûr de pouvoir contenir le virus, selon Ulf Nehrbass, directeur de l'Institut luxembourgeois de la santé. Car si une chaîne d'infection devait apparaître, il serait alors possible de la détecter et d'intervenir rapidement.
Lokales, Covid-19 Test, P&R Belval, large scale testing,  Esch Alzette, Foto: Guy Wolff/ Luxemburger Wort
La deuxième série de tests des participants à l'étude CON-VINCE met en avant le phénomène des «porteurs silencieux» du covid-19. Ces derniers pourraient être à la base de la deuxième vague tant redoutée.
23.03.2020, Bayern, München: Eine Mitarbeiterin am Institut für Virologie der technischen Universität München (TUM) arbeitet in einem Labor an einer Sterilbank mit Zellkulturen. Foto: Sven Hoppe/dpa +++ dpa-Bildfunk +++