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La difficile intégration par l'entrepreneuriat
Luxembourg 2 min. 24.02.2020 Cet article est archivé

La difficile intégration par l'entrepreneuriat

Selon l'association «Touchpoints», la plupart des réfugiés qui souhaitent devenir indépendants au Luxembourg ont des idées commerciales très simples, food truck ou petite restauration.

La difficile intégration par l'entrepreneuriat

Selon l'association «Touchpoints», la plupart des réfugiés qui souhaitent devenir indépendants au Luxembourg ont des idées commerciales très simples, food truck ou petite restauration.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 24.02.2020 Cet article est archivé

La difficile intégration par l'entrepreneuriat

Didier HIEGEL
Didier HIEGEL
Pour un réfugié, créer son entreprise peut s'avérer le plus court chemin pour s'intégrer. Mais la route vers le salariat indépendant peut être semée d'embûches. Etat des lieux avec Fabienne Colling, la présidente de l'association «Touchpoints».

(DH avec Nadia Di Pillo) - Point de rencontre entre population locale et immigrée, l'asbl «Touchpoints» offre aux migrants désireux de créer leur entreprise un accompagnement sur mesure. L'association présidée par Fabienne Colling a notamment pour objet de lever les obstacles financiers et bureaucratiques que les réfugiés rencontrent.

Pour Fabienne Colling,les différentes langues pratiquées au Luxembourg ne facilitent pas l'intégration des migrants.
Pour Fabienne Colling,les différentes langues pratiquées au Luxembourg ne facilitent pas l'intégration des migrants.
Photo: Pierre Matgé

«L'afflux de réfugiés au Luxembourg a été particulièrement important en 2015 et 2016 et le débat public surtout axé sur ceux qui n'ont pas pu trouver d'emploi», indique Fabienne Colling, lors d'un entretien avec le Luxemburger Wort. Et si les exemples d'intégration ne manquent pas, les opportunités d'emploi restent toutefois problématiques, notamment en raison de la structure du marché du travail au Grand-Duché. 

A leur arrivée, les réfugiés sont confrontés à plusieurs langues, ce qui n'est pas de nature à faciliter leur intégration. «Ils sont généralement orientés vers l'apprentissage de la langue française, mais s'ils décident de se lancer dans un métier, des compétences en allemand sont souvent requises», rapporte Fabienne Colling qui souligne aussi l'importance de la langue luxembourgeoise au quotidien.  


Flüchtlinge in Luxemburg: was ist aus ihnen geworden, drei Jahre später?, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
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Mais si la barrière des langues peut poser problème, la culture entrepreneuriale de leur pays d'origine reste un atout pour certains. Nombreux sont ceux à vouloir créer leur entreprise, mais, généralement, «ils sous-estiment la complexité de la bureaucratie luxembourgeoise». 

Pour franchir au mieux ce «parcours du combattant», «Touchpoints» a mis en place le programme «Sleeves Up», un cycle de formations et un accompagnement à la création d'entreprise dans le domaine du commerce ou de l'artisanat de proximité. Des échanges d'expériences sont aussi programmés.

260 dossiers ouverts en 2019

«La plupart des réfugiés ont des idées commerciales très simples, un food truck ou un petit restaurant. Mais certains veulent exercer une profession qui n'est pas réglementée et pour lequel il n'existe pas de permis d'établissement», indique Fabienne Colling, en référence au métier de barbier.

Autre obstacle à lever et non des moindres: le financement. Un problème épineux pour les entrepreneurs en devenir puisqu'aucun crédit n'a été accordé par un établissement bancaire traditionnel depuis 2016, selon les données à disposition de l'association. La solution réside alors dans «le micro-crédit via Microlux». 

Pour autant, malgré les embûches administratives, 260 dossiers ont été ouverts en 2019, une cinquantaine de réfugiés ont participé aux ateliers proposés par l'association et 17 ont demandé un permis au ministère de l'Economie pour exercer une profession indépendante.  


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