Changer d'édition

La désobéissance civile comme leitmotiv
Luxembourg 4 min. 22.05.2019

La désobéissance civile comme leitmotiv

La désobéissance civile comme leitmotiv

Photo: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Luxembourg 4 min. 22.05.2019

La désobéissance civile comme leitmotiv

Maurice FICK
Maurice FICK
Alors que des milliers d'élèves et de lycéens sont attendus pour mener une action de désobéissance civile non violente en faveur du climat ce vendredi au Kirchberg, le ministère de l'Education nationale prévient: il n'excusera pas les absences cette fois.

En amont de la Marche pour le climat du 15 mars 2019 qui avait mobilisé entre 7.500 et 15.000 adolescents et qui s'était déroulée sans heurt au cœur de Luxembourg-Ville, le collectif Youth for climate Luxembourg avait balisé le terrain. Il avait coopéré avec la police grand-ducale et avait demandé une réunion avec le ministre de l'Education nationale, Claude Meisch, pour discuter de toutes les modalités.


«Notre but, c'est de bloquer le Pont Rouge vendredi»
Juste avant les élections européennes et suite à la Marche pour le climat de la mi-mars, le collectif Youth for Climate Luxembourg organise ce vendredi 24 mai l'acte II au Kirchberg: une «action de désobéissance civile non violente».

Claude Meisch, avait d'ailleurs annoncé fin février que les lycéens seraient autorisés à manifester pour le climat, contre une autorisation écrite de leurs parents ou tuteurs. Mais ce ne sera pas le cas pour l'action de blocage du Pont Rouge prévue ce vendredi 24 mai 2019 à 15 heures aux portes du quartier du Kirchberg.

Contact refusé avec le ministère de l'Education nationale

«Les organisateurs ont appelé à une action de désobéissance civile et ont refusé, malgré notre offre, d'entrer en contact avec le ministère», assure Myriam Bamberg, en charge des relations publiques au ministère de l'Education nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse.

Tout comme «ils n'ont pas pris contact avec le ministère pour annoncer cette journée ou discuter des modalités. Nous ne faisons que constater», pose la chargée de communication. «Les absences ne seront pas excusées cette fois-ci», prévient clairement le ministère. 

Mais le torchon ne brûle pas pour autant à l'égard du ministère assure Selma Vincent, membre de Youth for Climate Luxembourg: «Nous apprécions le ministère de l'Education nationale et nous n'avons pas été vers lui cette fois car nous essayons de coller au plus près de ce qui se fait au sein du mouvement à l'international.»


«Chalk Spray Action» ce lundi sur la place d'Armes.
Des tags écologiques pour rameuter la planète
Après la manifestation record du 15 mars 2019 dans les rues de Luxembourg, les adolescents de Youth for Climate ont sorti leurs bombes à la craie biodégradable ce lundi à la place d'Armes. Objectif: mobiliser pour l'acte 2 du «Global Strike for Future».

En clair, les jeunes organisateurs luxembourgeois se sont encore émancipés un peu plus à l'image de la jeune initiatrice du mouvement global, Greta Thunberg. Samedi 18 mai 2016 une dizaine d'entre eux ont été formés de manière express à la meilleure façon de mener une «action de désobéissance civile non violente» comme annoncé sur la page Facebook du collectif.

«Ne pas sanctionner les participants»

A contrario, le syndicat Education et Sciences de l'OGBL, le SEW se montre solidaire ce mercredi, des étudiants qui luttent en faveur du climat. Il demande aux enseignants de «ne pas sanctionner les participants» qui participeront au blocage en faveur du climat et ce «malgré le risque de se voir attribuer une sanction sous forme d'absence non excusée».

Le syndicat enseignant pousse même le bouchon un peu plus loin et encourage carrément les jeunes «à prendre leur courage à deux mains» et « à accepter le risque de sanction et à manifester leur mécontentement en participant massivement à cette action».


«Ça ne sert à rien d'aller à l'école si la planète meurt»
Les adolescents du monde entier se sont mobilisés ce vendredi pour défendre la planète. A Luxembourg, entre 7.500 et 15.000 lycéens ont manifesté entre le Glacis et la place Guillaume II.

Un tel acte de désobéissance civile «ne doit pas faire peur aux jeunes. Tout au contraire. Par cette action, ils prouvent leur volonté à œuvrer pour l'intérêt général, à éveiller la conscience des autres citoyens, à susciter un débat, et ce, au prix de risques personnels», écrit le SEW7OGBL dans son communiqué daté de ce mercredi après-midi.

Mobilisation malgré le bac ?

Face à l'urgence de sauver de notre planète, le syndicat appelle même tous les enseignants «à soutenir les élèves dans leur lutte pour un avenir meilleur et à ne pas empêcher celles et ceux qui, poussés par des motivations nobles et sincères, entravent certaines de nos règles habituellement sanctionnables». Et le syndicat conclut: «Plutôt que des sanctions, ils méritent notre respect».

Reste la question du niveau de la mobilisation pour bloquer le Pont Rouge ce vendredi, jour d'examen pour les près de 3.500 candidats inscrits aux examens de fin d’études secondaires 2019.

Dans le secondaire classique, les candidats seront à mi-chemin de leurs examens du bac ce vendredi. Le matin entre 8h15 et 11 heures, figurent dissertation littéraire, mathématique et philosophie au programme. A l'heure de l'action de désobéissance civile, l'après-midi de 14h15 à 16h45, aura lieu l'épreuve de français.

Les organisateurs ne chiffrent pas pour l'heure leurs attentes mais savent que la mobilisation risque d'être plus compliquée qu'en mars. Ils savent aussi qu'il y a besoin de moins de monde pour bloquer l'accès au Kirchberg.


Sur le même sujet

Perturbations «climatiques» à venir au Kirchberg
Dès 15 h 30 ce vendredi une action de désobéissance civile en faveur du climat aura lieu entre la Philharmonie et le Pont Rouge, qui sera partiellement occupé. La police conseille aux automobilistes d'éviter le secteur de la Place de l'Europe.
Lokales- Kirchberg Place de l’Europe, Chantier, Baustelle, construction, cran,  Foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort