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La crise du logement avant la protection du climat
Luxembourg 6 min. 24.10.2019 Cet article est archivé

La crise du logement avant la protection du climat

Principale préoccupation des sondés du Politmonitor, la question du logement reste au coeur de toutes les interrogations.

La crise du logement avant la protection du climat

Principale préoccupation des sondés du Politmonitor, la question du logement reste au coeur de toutes les interrogations.
Photo: Gerry Huberty
Luxembourg 6 min. 24.10.2019 Cet article est archivé

La crise du logement avant la protection du climat

Danielle SCHUMACHER
Danielle SCHUMACHER
Interrogés sur leurs préoccupations concrètes, les participants au Politmonitor réalisé par TNS-Ilres pour le compte du «Luxemburger Wort» et de «RTL» placent la question immobilière en première position, devant la hausse du trafic routier et les perspectives d'avenir.

Placée sur le devant de la scène au travers des différentes actions menées par les lycéens, la question de la protection de l'environnement ne figure pas parmi les préoccupations concrètes des participants au Politmonitor. 

La thématique ne se classe qu'en quatrième position (57%), loin derrière l'accès au logement abordable (82%), la hausse du trafic routier (76%) et les perspectives d'avenir pour les enfants (60%), selon l'enquête annuelle menée par TNS Ilres pour le compte du Luxemburger Wort et de RTL. Quatre catégories qui apparaissent dans plus de 50% des réponses obtenues auprès des 1.027 personnes interrogées.

Jugées importantes mais secondaires, les interrogations autour d'un recul de la langue luxembourgeoise (45%), de l'avenir du système de pensions (39%) ou de l'immigration (36%) figurent dans le top 10 des préoccupations du panel représentatif. La question de la sécurité de l'emploi et de l'évolution de la situation en matière de sécurité inquiètent 32% des sondés, loin devant la digitalisation du monde du travail (18%), pourtant thème majeur de la dernière campagne des élections sociales.

Également interrogés sur les travaux engagés par la classe politique, les sondés se montrent de plus en plus critiques aussi bien à l'égard des partis du gouvernement que de l'opposition. Du moins, en regard aux résultats obtenus en octobre 2018. Sur une échelle allant de -5 (très mauvais) à +5 (très bon), les 1.027 répondants ont attribué une note de 1,3 aux travaux du gouvernement, alors qu'en octobre 2018, ce dernier obtenait un score de 1,6. 

À noter toutefois que la coalition DP-LSAP-Déi Gréng obtient de très bons résultats auprès des 18-24 ans, avec un score de 1,6. Même satisfecit général chez les plus de 65 ans, en opposition aux 45-54 ans qui se disent pas convaincus par le travail de la coalition. 


Politik, Sommerinterview Jean Asselborn, Aussenminister, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
Asselborn reste au top, Dieschbourg fait un flop
L'enquête Politmonitor 2019 réalisée pour le compte du «Luxemburger Wort» et de «RTL» contient quelques surprises. Si le ministre des Affaires étrangères continue de truster le haut du classement «compétence et notoriété», les scores obtenus par Déi Gréng et le CSV apparaissent comme révélateurs.

Tous les partis - à l'exception de DP - voient leur confiance reculer. Si, en 2018, les libéraux obtenaient un score de confiance de 1.0, les résultats 2019 indiquent que le DP progresse à 1,1, principalement en raison du soutien des 18-24 ans et des plus de 65 ans (1,5 chacun), mais aussi des personnes à revenu élevé, à savoir celles touchant plus de 8.000 euros par mois. Au coude à coude en 2018 avec le DP, le LSAP voit son score en net recul. Avec une note de 0,8 - contre 1,0 en juin 2018 - les socialistes obtiennent les meilleurs scores chez les jeunes et les plus de 65 ans (1,1 chacun). Phénomène identique à celui observé chez les libéraux.

Mis en difficulté par «l'affaire Traversini» et sur le débat sur la protection des données, Déi Gréng voit son score reculer à 0,9, contre 1,4 en juin 2018. Un score, à l'époque, inégalé dans la classe politique. Encore une fois, ce sont les électeurs âgés de 18 à 24 ans (1,6) et les électeurs âgés de plus de 65 ans (1,1) qui apprécient le plus le travail des écologistes. Idem en ce qui concerne les ménages bénéficiant d'un revenu mensuel supérieur à 8.000 euros (1,4).

Selon le Politmonitor, le parti de François Bausch (à gauche) peut sortir de la crise.
Selon le Politmonitor, le parti de François Bausch (à gauche) peut sortir de la crise.
Photo: Guy Jallay

Cependant, l'opposition ne bénéficie pas du recul enregistré par les partis du gouvernement. Le CSV doit faire face à la baisse la plus forte, passant d'une note de 0,7 en juin 2018 à 0,3 en octobre 2019. Une baisse presque aussi importante que celle de Déi Gréng, cible favorite des chrétiens-sociaux au cours de ces derniers mois. Enseignement important, les répondants âgés de plus de 65 ans sont ceux qui donnent un score plus élevé au CSV (0,8). En revanche, les diplômés universitaires (-0,1) et les personnes ayant un revenu supérieur à 8.000 euros par ménage (-0,2) estiment que le travail du principal parti d'opposition n'est pas satisfaisant. 

Les personnes interrogées sont encore moins enthousiastes à l'égard du travail de l'ADR. Le parti conservateur reçoit une note de -0,7 (2018 : -0,5), à peu près la même chose que les Piraten, qui n'obtiennent qu'une note de -0,6 pour leur première apparition dans Politmonitor. Parmi les petits partis d'opposition, seul déi Lénk apparaît en territoire positif avec 0,1. En 2018, ils étaient à 0,2.  

Gilles Roth et Laurent Mosar ont mené le débat sur la protection des données, mais le CSV continue de glisser.
Gilles Roth et Laurent Mosar ont mené le débat sur la protection des données, mais le CSV continue de glisser.
Photo: Anouk Antony

Interrogés sur l'existence ou non d'un sentiment général d'injustice, la réponse apparaît comme limpide. Seuls 44% des sondés estiment que le Luxembourg est juste, tandis que 50% jugent la société injuste. 6% des répondants n'ont pas d'opinion ou ont laissé la question sans réponse.

Le sentiment d'injustice est plus prononcé chez les femmes que chez les hommes. Plus d'une femme sur deux (56%) considère la société comme injuste contre «seulement» 45% des hommes. Le sentiment d'injustice est le plus fort dans la population active, c'est-à-dire dans la tranche d'âge comprise entre 25 et 64 ans. Seules les personnes de 18 à 24 ans et les personnes de plus de 65 ans font état d'une société juste. Cette proportion n'est guère plus élevée que chez les personnes à revenu élevé (58%), contrairement aux tranches de revenu inférieures, où l'opinion selon laquelle l'injustice prévaut apparaît clairement (63%). 

À  noter enfin que cette perception varie également selon les appartenances politiques affichées. 66% des électeurs réguliers du DP estiment que la société est juste, contre 51% pour ceux votant LSAP ou Déi Gréng. Situation bien différente pour les partisans des partis d'opposition54% des sympathisants du CSV estiment que les choses sont injustes, contre 87% pour l'ADR, 81% pour déi Lénk et 64% pour les Piraten


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