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La crise affecte davantage la santé sexuelle des jeunes
Luxembourg 2 min. 21.10.2020

La crise affecte davantage la santé sexuelle des jeunes

Pour Christa Brömmel, un des dangers du confinement est «la plus grande consommation des médias», susceptible «d'exposer les mineurs, mais aussi les adultes à du contenu (pédo)pornographique, ou à des prédateurs sexuels en ligne».

La crise affecte davantage la santé sexuelle des jeunes

Pour Christa Brömmel, un des dangers du confinement est «la plus grande consommation des médias», susceptible «d'exposer les mineurs, mais aussi les adultes à du contenu (pédo)pornographique, ou à des prédateurs sexuels en ligne».
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 2 min. 21.10.2020

La crise affecte davantage la santé sexuelle des jeunes

Jean-François COLIN
Jean-François COLIN
S'il ne s'avère pas que négatif, l'impact de la crise sanitaire sur le bien-être affectif de la population est néanmoins bel et bien réel. Christa Brömmel, coordinatrice du Centre national pour la santé affective et sexuelle pointe en particulier les tranches d'âge les plus jeunes.

C'est un fait indéniable: la crise sanitaire, et en particulier le confinement ont transformé la vie sociale de chacun. Les contacts se révèlent désormais plus compliqués, et donc, de facto plus rares. Sensibilisée au bien-être affectif et sexuel de la population, Christa Brömmel estime que «les retombées de la crise du covid s'avèrent les plus lourdes en particulier chez les jeunes et pour les personnes vulnérables, à savoir celles en situation de handicap ou les personnes LGBTQI+».

Interrogée ce mercredi sur les ondes de la radio 100,7, la coordinatrice du Centre national pour la santé affective et sexuelle (Cesas) avance que «les jeunes ont eu ces derniers mois plus de mal à trouver un partenaire». Il leur est en effet impossible de développer et d'entretenir des relations affectives, sexuelles et/ou amoureuses en présentiel. Elle ajoute que «vu qu'ils sont dans la force de l'âge, la sexualité représente pour eux une partie encore plus importante de leur vie.»


Une charte pour favoriser la santé affective et sexuelle
Des infections sexuellement transmissibles en progression, des violences encore bien présentes, le plan d'action national pour la promotion de la santé affective et sexuelle n'a pas encore produit les effets attendus.

Mais pour Christa Brömmel, la fragilité de la santé affective et sexuelle se cristallise également autour de «la difficulté de se procurer la contraception habituelle», de la «réduction importante des services de dépistage des infections sexuellement transmissibles» ou encore l'«impossibilité de bénéficier d'interventions en milieu scolaire sur la santé affective et sexuelle». La coordinatrice du Cesas met en outre le doigt sur «la plus grande consommation des médias», une utilisation accrue susceptible de «mettre en danger les mineurs, mais aussi les adultes, en les exposant à du contenu (pédo)pornographique, ou à des prédateurs sexuels en ligne».

A côté de ce sombre tableau, la responsable du Cesas relève comme impact positif de la crise le fait que dans plusieurs pays, il est devenu possible de recevoir une prescription de contraception directement via téléconsultation. Par ailleurs, l'Institut européen pour l'égalité des genres a mené une étude sur une possible inversion des rôles dans le couple durant le confinement. 

Ainsi, contraints de rester à la maison, de nombreux hommes se sont mis à accomplir des tâches ménagères, chose qu'ils ne faisaient jamais jusque-là. «Et ce changement des rôles selon le genre constitue une composante importante d'une bonne santé sexuelle et affective», explique Christa Brömmel.

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