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La crémation des victimes reste un choix
Luxembourg 3 min. 13.04.2020 Cet article est archivé

La crémation des victimes reste un choix

Pour limiter la propagation du virus, le crématorium de Luxembourg a suspendu toutes les cérémonies.

La crémation des victimes reste un choix

Pour limiter la propagation du virus, le crématorium de Luxembourg a suspendu toutes les cérémonies.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 13.04.2020 Cet article est archivé

La crémation des victimes reste un choix

Anne-Sophie DE NANTEUIL
Anne-Sophie DE NANTEUIL
Alors que le covid-19 continue de faire des morts au Grand-Duché, le crématorium de Luxembourg s’adapte pour s’occuper de ces défunts, mais aussi pour se préparer au scénario le plus sombre.

2.810. Tel est le nombre de personnes incinérées au Luxembourg en 2019. Une pratique funéraire répandue sur le territoire, qui a concerné pas moins de 65% des décès l’an dernier. Mais à l'heure où l’épidémie de coronavirus a fait déjà plus de 96.000 morts à travers le monde, certains pays, comme la Chine et le Sri Lanka, ont décidé d’imposer le procédé à toutes les personnes atteintes du virus. Au Grand-Duché, cette démarche reste cependant «un choix privé», explique Tom Jungen, président du crématorium de Hamm (Sicec). 

Sur les 66 victimes du virus officiellement recensées, 42 ont ainsi déjà été incinérées «dont 18 cette semaine», précise Steffi Weigel, chargée de direction du Sicec. Face au nombre croissant de victimes, le seul crématorium du pays - qui dispose de 19 places en chambre froide - a donc pris des dispositions «pour être préparé au pire», ajoute Tom Jungen.  


An undertaker wearing a face mask and overalls unloads a coffin out of a hearse on March 16, 2020 at the Monumental cemetery of Bergamo, Lombardy, as burials of people who died of the new coronavirus are being conducted at the rythm of one every half hour. (Photo by Piero Cruciatti / AFP)
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Depuis deux semaines, les horaires du centre de crémation ont ainsi été étendus. Alors que le crématorium ferme habituellement ses portes à 17h30, les équipes se sont organisées pour assurer un service quasi continu, en travaillant jusqu’à 22h, voire 1h du matin si nécessaire. Vendredi, une dizaine de personnes ont donc pu être incinérées jusque tard dans la soirée, dont quatre étaient décédées du covid-19. 

Par ailleurs, rappelle le président du Sicec, la réglementation en vigueur impose «une durée de 24 heures entre le constat de décès et la crémation d’un corps». Un délai qui ne sera pas supprimé, selon Steffie Weigel, et que le ministère de la Santé demande d'ailleurs au crématorium de respecter. Mais avec cet aménagement des horaires, le centre de Hamm peut désormais, pour limiter les risques de contamination, incinérer rapidement «et en priorité» les personnes atteintes du covid-19, et ce, dès la fin du délai légal d'attente.

Un rôle essentiel 

L’équipe a par ailleurs été divisée en deux noyaux. L’objectif, explique le président du crématorium, est de «pouvoir maintenir le rythme» au cas où un salarié - en première ligne face au virus - tomberait malade. «Nous avons une équipe restreinte, mais un rôle essentiel», poursuit-il avant d’ajouter que les premiers mois de l’année sont toujours une phase où les décès sont plus élevés. En 2019, les mois d’hiver représentent ainsi à eux seuls 45% des décès. Parmi eux, «des personnes âgées qui décèdent de la grippe», mais aussi «davantage de suicides qu’en été», explique-t-il. 

Quant aux cérémonies, elles étaient jusque-là limitées à dix personnes. Mais depuis le début du mois d'avril, le crématorium de Hamm a décidé de toutes les suspendre. L’objectif étant de protéger les employés, comme les familles, et ainsi éviter de bien tristes records.

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