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La contestation a déjà fixé ses rendez-vous
Luxembourg 4 min. 07.12.2021
Opinion

La contestation a déjà fixé ses rendez-vous

Samedi dernier, une partie des manifestants s'étaient d'abord rassemblés au parc de la Kinnekswiss.
Opinion

La contestation a déjà fixé ses rendez-vous

Samedi dernier, une partie des manifestants s'étaient d'abord rassemblés au parc de la Kinnekswiss.
Photo : Elena Arens
Luxembourg 4 min. 07.12.2021
Opinion

La contestation a déjà fixé ses rendez-vous

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Samedi 11 mais aussi dimanche 12 décembre, au moins deux rassemblements déclarés d'opposants aux mesures anti-covid doivent avoir lieu dans la capitale. Mais «trois actions» flottent aussi dans l'air.

Parking du Glacis, 14h, samedi 11 décembre : voilà le rendez-vous annoncé sur Facebook notamment, pour celles et ceux qui voudraient manifester «Face aux réformes discriminatoires du gouvernement et ses mesures liberticides». Pas d'organisateurs désignés, ni de contact. Ainsi, après le mouvement surprise du 4 décembre dernier, voilà la police grand-ducale prévenue : elle n'en a pas fini avec les manifestations «anti».


Zum Abschluss der Demonstration versammelten sich die Protestierer vor der Chamber.
Cette émeute qui pourrait tout changer
Les 2.000 contestataires qui ont chahuté la capitale, samedi, ont surtout réussi à rassembler un front commun. A être trop radicaux et violents, pas sûr que les manifestants aient rallié beaucoup de soutiens à leur cause.

Après la bousculade en centre-ville et l'invasion des marchés de Noël de la place de la Constitution et du Knuedler, la capitale va connaître une autre manifestation. Annoncée celle-ci. Tout comme l'est, depuis des mois, le rassemblement des militants de Saturday for Liberty, eux aussi contestant les choix politiques dans la gestion de la crise covid, mais de façon bien plus apaisée que les faits du weekend dernier.

Nul doute que cette fois, les forces de police déployées seront plus conséquentes et les moyens de contrer tout mouvement de groupe renforcés. Attendu ce mardi après-midi à la Chambre, le ministre de la Sécurité intérieure fera d'ailleurs un point sur ce qui a pu échapper aux garants de l'ordre. Occasion pour celui qui, dimanche, déclarait «Aucune tolérance pour les manifestants violents!», d'expliquer aussi les dispositifs qui seront mis en œuvre, désormais, dans pareille situation. Et au-delà de la prise de parole d'Henri Kox (Déi Gréng), le Premier ministre est lui aussi attendu devant les parlementaires. Un Xavier Bettel qui a été, ces derniers jours, doublement pris à partie.


Illustration, Covid Check, 3G, 2G, Restaurants, Bars, Cafés Foto: Luxemburger Wort/Anouk Antony
La contestation enfle autour du CovidCheck
Outre diverses actions en justice en cours, plusieurs pétitions publiques réclament l'annulation ou l'adaptation du dispositif de contrôle sanitaire. Au moins une devra faire l'objet d'un débat public.

Personnellement, avec à deux reprises des manifestants se présentant devant son domicile (avec des dégradations commises la seconde fois). Politiquement, avec la remise en cause des décisions de son gouvernement se faisant entendre dans la rue de plus en plus souvent. «Le gouvernement prend ces mesures dans le respect de la démocratie et de l'État de droit. Nos lois covid sont approuvées par le Conseil d'État et votées par la Chambre. La démocratie ne peut pas être intimidée», avait-il notamment réagi face à cette succession d'attaques.

La liberté d'opinion ne signifie pas qu'il faille s'en prendre à des personnes qui sont d'un autre avis.

Xavier Bettel

Ainsi, une nouvelle marche blanche est-elle programmée dimanche prochain. Ce 12 décembre, un septième rendez-vous a été programmé, toujours entre Kirchberg et Knuedler et toujours «sans slogan ni banderole». D'ailleurs, il convient de signaler que les organisateurs de cette manifestation ont, samedi, très rapidement tenu à se distinguer des faits qui agitaient la capitale. Rappelant qu'ils «ont toujours appelé à la résistance pacifique et silencieuse ainsi qu’à la solidarité. C’est pour cette raison que nous ne condamnons pas a priori les initiatives ''complémentaires'' et que nous appelons les marcheurs qui (y) participent de se conformer aux termes de notre charte et de rester dans la bienveillance». 

Antisémitisme rampant

Si depuis plusieurs semaines, les crispations se font de plus en plus visibles au Grand-Duché, ce n'est pas l'e-mail nauséabond reçu par la bourgmestre de la capitale qui va faire redescendre la pression. Dans ce courriel adressé à Lydie Polfer, il est question de mener «trois actions» en fin de semaine. Sans en préciser le lieu ou la nature. «Les actions vont avoir lieu, et si vous ne changez pas votre comportement, cela va devenir sans cesse plus rude» est avertie l'élue. Une bourgmestre qui, déjà au printemps dernier, avait demandé des renforts pour mieux encadrer la contestation qui commençait à poindre alors. 

La police, en copie de cet envoi, appréciera aussi l'antisémitisme transpirant de cette déclaration. Le texte considère en effet comme «frères dans l'âme» le CovidCheck et l'étoile jaune infligée aux citoyens de confession juive par les Nazis. Une opinion qui avait été aussi clairement été exprimée par quelques manifestants, samedi, et mise à la vue de tous au travers d'une banderole déployée au pied de la Gëlle Fra. 


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