Changer d'édition

La confiance n'est toujours pas revenue
Luxembourg 4 3 min. 02.12.2021
Sécurité du quartier Gare

La confiance n'est toujours pas revenue

Salle comble, mercredi soir, pour écouter le ministre de la Sécurité intérieure s'expliquer.
Sécurité du quartier Gare

La confiance n'est toujours pas revenue

Salle comble, mercredi soir, pour écouter le ministre de la Sécurité intérieure s'expliquer.
Photo : Guy Jallay
Luxembourg 4 3 min. 02.12.2021
Sécurité du quartier Gare

La confiance n'est toujours pas revenue

Elus de la capitale et riverains du quartier Gare ont pu échanger avec le ministre de la Sécurité intérieure sur les solutions à mettre en oeuvre pour en finir avec la délinquance dans le quartier. Beaucoup de colère, mais peu à proposer au final.

(pj avec David THINNES) Un an que la Ville et le ministère de la Sécurité intérieure ont débuté un bras de fer autour de la sécurisation des abords de la gare centrale. Douze mois marqués par l'introduction de patrouilles de surveillance privées (arrêtée depuis) ou d'un renforcement de la présence policière. Mais, aux yeux des habitants du quartier, rien n'est encore solutionné et ils l'ont fait savoir, mercredi soir, lors d'une réunion publique.


CDP ville de Luxembourg Lydie Polfer sur Incident Avenue de la gare. Luxembourg le 06.09.2021 Photo Christophe Olinger
«La situation du quartier Gare est très préoccupante»
Moins de 48 heures après l'incident qui a opposé deux individus à une équipe de gardiennage payée par la Ville samedi soir avenue de la Gare, la bourgmestre de la capitale défend son choix de recourir à une société privée pour assurer l'ordre public. Et renvoie la balle au gouvernement.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les échanges ont été vifs. Aussi directs que la situation dans les rues est tendue. «Vous nous avez lâchés», a ainsi résumé un riverain (remarque aussitôt suivie par un tonnerre d'applaudissements). «C'est notre putain de devoir d'agir», a commenté le ministre de la Sécurité intérieure. Un Henri Kox (Déi Gréng) venu défendre le rôle des agents déployés sur le terrain et le changement d'approche dans la prise en compte de la délinquance sur ce petit périmètre de la capitale. 

Car, outre plus de policiers sur le terrain, le gouvernement a désormais acté la possibilité pour les agents de faire déguerpir les ''squatters'' qui, parfois, bloquent l'entrée des halls ou des immeubles. Le projet de loi a été déposé le 8 novembre, il devrait être adopté prochainement à la Chambre. 

Certes. Mais pour élus de la Ville et habitants, le discours a déjà été entendu. Sans effet notable pour l'amélioration de la protection des biens et des personnes. D'ailleurs, c'était dans cette même salle du gymnase de la rue de Strasbourg que les promesses avaient été lancées. En charge de la police, c'est le ministre François Bausch à l'époque qui avait assuré la population de déployer plus de moyens, des frappes ciblées contre les trafiquants, des actions contre les voleurs à la tire...

Les équipes de gardiennage encouragées

Résultat? Guère de mieux. Marc Schwamberger, directeur d'un hôtel du quartier Gare, dresse un constat froid : certains de ses employés ont démissionné et travaillent désormais à la Cloche d'Or ou au Kirchberg «parce que là-bas, ils peuvent rentrer tranquillement chez eux en transports publics. Ici, à la gare, ils sont à 200 mètres de ces infrastructures, mais ils n'osaient plus y aller!»

Des solutions? Une fois de plus, ni les uns ni les autres n'ont réussi à trouver un terrain d'entente. Et même après l'incident de cet automne (qui a vu un chien d'une patrouille privée s'attaquer à une personne), la seule voie qui, à mains levées, a reçu le soutien d'une majeure partie de salle reste le recours à des équipes de gardiennage pour sillonner les rues, de jour comme de nuit. De quoi encourager la bourgmestre Lydie Polfer (DP) à recourir à nouveau à cette possibilité? Le temps le dira. 

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La mort tragique d'un jeune homme de 18 ans, fin janvier, a remis le quartier et ses abords sous les feux des projecteurs. L'insécurité grandissante mobilise les initiatives. Autant de la part des élus, des équipes sociales que des forces de police.
Illustration, CFL, Zugschienen, Rotondes, Bonnevoie, Fussgängerbrücke zwischen Bahnhof und Bonnevoie, CFL   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort