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La compagne d’un terroriste belge fait débat
Luxembourg 3 min. 06.08.2020 Cet article est archivé

La compagne d’un terroriste belge fait débat

Image de vidéosurveillance des trois personnes responsables des attentats à l'aéroport de Zaventem en 2016.

La compagne d’un terroriste belge fait débat

Image de vidéosurveillance des trois personnes responsables des attentats à l'aéroport de Zaventem en 2016.
Luxembourg 3 min. 06.08.2020 Cet article est archivé

La compagne d’un terroriste belge fait débat

Max HELLEFF
Max HELLEFF
Après les attentats de Bruxelles, la petite amie d’ Ali El Haddad Asufi (un des terroristes présumés) a continué à travailler pendant quatre ans chez Swissport. Sans jamais être inquiétée.

De notre correspondant Max HELLEFF (Bruxelles) - Le quotidien Le Soir et l’hebdomadaire Knack dévoilent une affaire pour le moins intrigante dans leurs éditions. Ils écrivent que la compagne du terroriste présumé Ali El Haddad Asufi «a pu travailler au sein des services de Swissport, à l’aéroport de Bruxelles-National, jusqu’à très récemment. Avec un avis de sécurité positif». L’information est confirmée par le président du Comité R, Serge Lipszyc. En Belgique, le Comité R est chargé du contrôle des services de renseignements.

Asufi n’est pas n’importe qui. Remis par la Belgique à la France en 2019, il est soupçonné d’avoir été un logisticien des attentats de Paris et de Bruxelles en 2016. Il aurait notamment acheté des armes aux Pays-Bas avec l’un des El Bakraoui – du nom des deux frères qui se sont fait exploser le 22 mars 2016 lors des attentats de Bruxelles. Il est renvoyé devant la cour d'assises de Paris et est inculpé en Belgique dans le dossier bruxellois.


(FILES) A court sketch made on January 10, 2019 shows Mehdi Nemmouche (C), accused of the terrorist attack at the Jewish Museum in Brussels in 2014, during his trial at the Brussels Justice Palace. - The court will render its verdict on March 7, 2019 during the trial od Mehdi Nemmouche, 33, who faces a life sentence if convicted of the killings in the Belgian capital on May 24, 2014, following his return from Syria's battlefields. (Photo by Benoit PEYRUCQ / AFP)
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«Depuis les attentats, sa compagne n’a jamais cessé de travailler à Zaventem. Lors de l’incarcération de son petit ami en Belgique, elle lui rendait visite en prison. Mais ce n’est qu’au printemps 2020, au moment de demander le renouvellement pour cinq ans de son avis de sécurité, que les informations sont parvenues à l’Autorité nationale de sécurité (ANS, l’instance chargée d’accorder les avis et habilitations de sécurité) », expliquent encore Le Soir et Knack.

Nous avons senti qu’elle vivait dans le déni.

Récemment déclarée en faillite, la société Swissport qui fournissait des services de manutention au sol à Brussels Airport aurait pu constituer une base idéale pour placer une bombe dans un avion. Rien de tout cela n’est toutefois reproché à la compagne d’Ali El Haddad Asufi. Serge Lipszyc explique qu’elle est persuadée que son petit ami est innocent. Elle est «dans le déni», analyse le président du Comité R. 

«L’intéressée a déclaré à l’organe d’appel que son petit ami prétendait être innocent et qu’elle le croyait. Cependant, différents magistrats arrivent tous à la même lecture du dossier. Nous avons senti qu’elle vivait dans le déni. Nous n’avons donc pas renouvelé son avis de sécurité. Nous ne remettons pas en question son intégrité, mais jugeons qu’elle peut être influencée. Et dans les aéroports, les centrales nucléaires et ailleurs, nous devons simplement éviter les risques», pondère Serge Lipszyc.

 Le ministre en charge du dossier, le libéral francophone Philippe Goffin – «sidéré» par l’information – «a immédiatement mis en place un groupe de travail au sein de l’ANS».

Bruxelles, nid d'espions

L’interview du patron du Comité R confirme par ailleurs que l’activité des services de renseignement étrangers sur le territoire belge va bon train. «C’est une vraie préoccupation. Ils sont de plus en plus présents, avec de plus en plus de moyens et tentent de fragiliser les structures de l’Etat. Nous sommes une terre d’accueil», affirme Serge Lipszyc. «Terre d’accueil» notamment des communautés turque, marocaine, congolaise ou encore rwandaise (et d’autres, évoquées, mais non citées) mises sous influence ou sous surveillance par les services secrets de leurs pays d’origine respectifs.

«On a entendu des rumeurs selon lesquelles les services russes ont été très actifs au début de la crise sanitaire», rappellent pour leur part Le Soir et Knack. Centrales nucléaires, structures atlantiques, institutions européennes, multinationales… : Bruxelles et la Belgique passent de longue date pour un nid d’espions.

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