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La colocation enfin reconnue
Luxembourg 3 min. 30.07.2020

La colocation enfin reconnue

La formule de la colocation séduit de plus en plus de jeunes actifs urbains. Autant attirés par la vie en collectivité que par le partage d'un loyer parfois bien trop pesant pour des finances individuelles.

La colocation enfin reconnue

La formule de la colocation séduit de plus en plus de jeunes actifs urbains. Autant attirés par la vie en collectivité que par le partage d'un loyer parfois bien trop pesant pour des finances individuelles.
Photo : Shutterstock
Luxembourg 3 min. 30.07.2020

La colocation enfin reconnue

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Jusqu'à présent aucun texte n'encadrait spécifiquement cette forme d'habitat pourtant de plus en plus prisée. Le ministre du Logement compte introduire des règles dans une nouvelle loi.

Arrivé à la tête du ministère du Logement voilà un an, Henri Kox (Déi Gréng) a choisi de bousculer le secteur immobilier. Plus de constructions publiques pour plus de logements abordables, une meilleure protection des locataires, des encouragements à bâtir pour les communes, et maintenant le voilà qui vise un nouvel ordre pour le marché locatif avec l'introduction d'un texte spécifique sur la colocation.

Car contrairement aux pays voisins, le Luxembourg ne possédait pas jusqu'alors de dispositions légales claires sur le sujet. Dans les esprits, cette formule était même souvent confondue avec la sous-location ou la location de chambres meublées. Aussi le ministre proposera-t-il un projet de loi redéfinissant clairement les choses : «Il s'agit de la location d'un même logement dans sa totalité par plusieurs locataires qui, par contrat, sont solidaires vis-à-vis de leur bailleur».


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Et si le poids du logement passait au régime?
Le coût de l'habitat grimpant plus vite que les revenus, les dépenses des ménages pour cette seule part de leur budget ne cesse d'augmenter. D'autant plus pour les foyers à bas revenus et en location. Le ministère du Logement entend donc s'attaquer à ce "taux d'effort".

Et s'il veut réglementer cette forme, c'est qu'elle se développe aussi vite que grimpent les loyers dans le pays. «Quand on sait qu'au Grand-Duché près de 18.000 ménages dépensent plus de 40% de leur revenu disponible pour louer un logement, on comprend que certains veuillent se soulager de cet effort en partageant les frais», indique Henri Kox. Le choix de la colocation répond ainsi d'abord à une motivation financière pour celle ou celui qui choisit d'y souscrire. Mais pas seulement.

Une offre en logements vaste

En effet, le phénomène tient aussi à l'évolution même de la société. «On note ainsi un besoin croissant de personnes désireuses de vivre ensemble et partager le quotidien dans un logement commun. Et cela sans former nécessairement une communauté domestique ou une famille au sens traditionnel», note le ministre. Expatriés en mission au Grand-Duché qui souhaitent ne pas vivre isolés, jeunes résidents qui ne peuvent encore subvenir à un loyer trop élevé, citoyens attirés par une vie sociale forte : le public cible est divers. 

Il semble que la colocation ait d'autant plus trouvé ses marques au Luxembourg que l'offre en logements spacieux y reste encore vaste (que ce soit en maison ou appartement). Bien plus, au final, que les petites surfaces habitables et disponibles pour un ou une célibataire voire un jeune couple. 

Aussi, le ministre va-t-il dès la rentrée introduire des dispositifs propres à cette forme locative. Sans doute y trouvera-t-on, comme ce que Kox souhaite introduire dans sa nouvelle loi logement, une caution qui ne devra pas dépasser les deux mois de loyer; un partage moitié-moitié des éventuels frais d'agence avec le bailleur et les locataires; le plafonnement légal des loyers à 5% du capital investi dans le logement. Et d'avouer que le modèle luxembourgeois de colocation de demain se rapprochera de l'exemple belge.

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