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La CNS mise sur un accord rapide avec la Fapsylux
Luxembourg 2 min. 08.06.2021

La CNS mise sur un accord rapide avec la Fapsylux

Pour les deux parties, il y a urgence à trouver un accord: un salarié sur trois présente un risque de dépression au Luxembourg.

La CNS mise sur un accord rapide avec la Fapsylux

Pour les deux parties, il y a urgence à trouver un accord: un salarié sur trois présente un risque de dépression au Luxembourg.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 08.06.2021

La CNS mise sur un accord rapide avec la Fapsylux

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
La Caisse nationale de santé et la fédération représentant les psychothérapeutes doivent reprendre cette semaine les négociations autour du remboursement à 100% des psychothérapies. Mais pour les professionnels de santé, pas question de se laisser imposer un calendrier.

Retournement de situation sur le remboursement total des psychothérapies. Après plus d'un mois de statu quo, le président de la CNS a tendu la main à la présidente de Fapsylux. «Nous reprendrons les négociations là où nous les avions laissées», assure ce mardi Delphine Prüm. Romain Schneider (LSAP), ministre de la Sécurité sociale a indiqué qu'un «dénominateur commun pourrait être trouvé», dans une réponse parlementaire parue mardi.


La prise en charge de la santé mentale dans l'impasse
Suite à une nouvelle réunion concernant le remboursement de la psychothérapie, Fapsylux a quitté la table des négociations. La fédération représentant les psychothérapeutes indique n'avoir trouvé aucun accord avec la CNS.

La CNS et Fapsylux devraient donc se rasseoir à la table des négociations cette semaine, et aboutir à une conciliation le 15 juillet prochain, soit dans un peu plus d'un mois. Mais cette date, avancée par la caisse de santé dans un communiqué paru vendredi dernier, constitue déjà un premier contentieux. Car si la CNS veut boucler le dossier avant les grandes vacances, Fapsylux de son côté ne compte pas se précipiter. «Nous ne changerons pas d'avis sur les cinq points que nous avions présentés à la CNS», assure Delphine Prüm.

Jugés «négociables» par Romain Schneider lui-même, ces cinq éléments étaient jusqu'à présent rejetés par la CNS, poussant d'ailleurs Fapsylux à jeter l'éponge le 23 avril dernier, faute d'accord. Parmi eux, la prescription médicale des séances est considérée comme une forme «d'ingérence» par les professionnels de santé. «Il faut que la CNS arrête de remettre en question nos compétences», affirme Delphine Prüm qui entend «mettre sur pied un système qualitatif pour le patient».

En revanche, le ministre de la Sécurité sociale indique que pour la CNS ce système permettrait de «s'assurer que le patient ne présente pas de contre-indication médicale à la psychothérapie» et d'exclure «une origine somatique de la maladie mentale». «La CNS insiste sur une communication étroite entre le psychothérapeute et le médecin de famille», précise Romain Schneider dans sa réponse parlementaire. 

Un point de discorde qui pourrait faire durer les débats au-delà du 15 juillet. Si elle confie aborder le débat «avec prudence» au vu des précédents différends, la présidente de Fapsylux a toutefois salué la démarche de la CNS. «Nous voulons tous que les choses avancent, et signer une convention rapidement, mais pas n'importe comment.» Car si le remboursement à 100% des psychothérapies est débattu depuis 2018, la pandémie a relevé l'urgence de la situation: un salarié sur trois reste exposé à un risque de dépression, et les idées suicidaires sont en hausse de 15% chez les adolescents.

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