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La Chiers fait les frais d'un double dysfonctionnement
Luxembourg 2 min. 08.06.2020 Cet article est archivé

La Chiers fait les frais d'un double dysfonctionnement

L'Administration de la gestion de l'eau a pu remonter jusqu'à la source de la pollution.

La Chiers fait les frais d'un double dysfonctionnement

L'Administration de la gestion de l'eau a pu remonter jusqu'à la source de la pollution.
Photo: Shutterstock
Luxembourg 2 min. 08.06.2020 Cet article est archivé

La Chiers fait les frais d'un double dysfonctionnement

Une erreur de manipulation à l'usine Kronospan et une mauvaise réparation sur un bassin de rétention zone Gadderscheier, à Sanem, sont à l'origine de la pollution du ruisseau constatée le 10 avril dernier.

Pauvre Chiers. Malmenée par des décennies d'activité sidérurgique, elle reste à la merci de l'activité industrielle. L'été dernier, sa pollution à la suite du gigantesque incendie d'un stock de bois de l'usine Kronospan de Sanem avait déjà éprouvé la rivière. Voilà deux mois, l'ouverture d'une vanne «pour des raisons inconnues» dans cette même entreprise a causé l'écoulement de 150 m³ d’eaux souillées de particules de bois, de formaldéhyde, des nitrates d'ammonium et autres composants chimiques. 

Des faits qui ont immédiatement entraîné une forte coloration du cours d'eau, au niveau du rond-point Biff. De quoi interpeller des riverains qui en ont immédiatement informé l’Administration de la gestion de l’eau (AGE). Depuis ce 10 avril, l'enquête a progressé. Et en réponse à une question parlementaire du député Gusty Graas (DP), la ministre de l'Environnement Carole Dieschbourg s'en est expliquée lundi. Des causes à cette pollution, il y en a. Pour déterminer les coupables, il faudra visiblement attendre...


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Pourtant, en remontant à la source du problème, les agents de l'AGE ont bien reçu la confirmation qu'une vanne du réservoir de lavage de filtres s'était bien ouverte à l’intérieur de l’usine de fabrication de panneaux en particules de bois, relâchant vers le circuit des eaux pluviales près de 150.000 litres de liquide indésirable.

Remplacée mais défectueuse

Un événement dont l'industriel n'a pas prévenu les administrations en charge de la protection de l'environnement. Aujourd'hui quand même, le ministère pointe cette «erreur de communication». Ainsi, une information immédiate des autorités compétentes aurait permis la mise en place de mesures rapides et adéquates, afin de limiter la pollution de la Chiers.

Limité et pas empêché car, en aval de l'incident, la vanne de sécurité du bassin de rétention Gadderscheier ne s'est pas montrée suffisamment étanche, elle. Pourtant, cette pièce avait été remplacée et réparée suite à la pollution de juillet 2019. Opération qu'elle a à nouveau subie depuis le 10 avril. Mais ce jour-là, elle n'a pu empêcher le déversement vers le ruisseau...


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Toujours est-il que pour éviter un nouvel épisode polluant, il appartient à l'usine incriminée de mettre rapidement en place «les dispositions adéquates afin d'éviter que des substances dangereuses pour l’environnement ne puissent se déverser dans la canalisation publique ou, en général, vers l'extérieur». Et Franz Fayot, ministre de l'Economie d'informer sur ce point que la société a prévu l’aménagement de son propre bassin de rétention-sédimentation pour les eaux en provenance de son site. D'ici 2021.

Dans la foulée, il sera procédé à la remise en état complet du bassin de la zone industrielle Gadderscheier. Et cela dans le but d'adapter notamment cet équipement à la rétention des eaux polluées (chose pour laquelle il n'avait pas été initialement conçu). L'Etat effectuera également des travaux de revêtement de l’ouvrage de sortie du bassin de rétention, «cela afin de garantir une étanchéité maximale».

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