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La chasse aux «fausses terrasses» va s'ouvrir
Luxembourg 3 min. 23.04.2021

La chasse aux «fausses terrasses» va s'ouvrir

Selon la nouvelle définition des terrasses, ne sont autorisés à ouvrir que les établissements disposant d'«un espace à l’extérieur et à l’air libre, ouvert sur trois surfaces au minimum afin de permettre la libre circulation de l’air et la ventilation naturelle»

La chasse aux «fausses terrasses» va s'ouvrir

Selon la nouvelle définition des terrasses, ne sont autorisés à ouvrir que les établissements disposant d'«un espace à l’extérieur et à l’air libre, ouvert sur trois surfaces au minimum afin de permettre la libre circulation de l’air et la ventilation naturelle»
Photo: Chris Karaba
Luxembourg 3 min. 23.04.2021

La chasse aux «fausses terrasses» va s'ouvrir

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
En redéfinissant les critères en vigueur permettant la reprise de l'activité de l'Horeca, la douzième version de la loi covid cherche à mettre fin à toute ambiguïté. Et donc à mettre fin à certaines pratiques jugées douteuses sur le plan sanitaire.

Bien que pouvant prêter à sourire, la redéfinition de la notion de terrasse doit avoir des conséquences très concrètes. Puisqu'en considérant désormais que seul un espace «à l’extérieur et à l’air libre, ouvert sur trois surfaces au minimum afin de permettre la libre circulation de l’air et la ventilation naturelle» est autorisé à accueillir du public, la nouvelle loi entend mettre fin à certains abus. En l'occurrence, la reprise de l'activité au sein d'établissements ne présentant pas toutes les garanties sanitaires souhaitées.


«Dis papa, c'est quoi une terrasse?»
Afin d'éviter toute mauvaise interprétation, les députés ont redéfini ce qu'était une terrasse. Désormais, plus question pour les cafetiers et restaurateurs de les confondre avec des vérandas ou des loggias.

Introduite par le ministère de la Santé «en raison de problème d'interprétation de la loi observé sur le terrain», la mesure vise les bars, cafés et restaurants ayant rouvert depuis le 7 avril en exploitant une véranda, une loggia et autre appentis. «Si je ne dispose pas d'estimation sur le nombre d'établissements concernés, il est clair qu'il n'est pas possible d'accueillir des clients dans une véranda dans laquelle toutes les fenêtres ne sont pas ouvertes ou dans un espace clos avec toit amovible», précise Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes.

Et si ce dernier assure que «les protections coupe vent sont autorisées», il renvoie surtout au FAQ du site covid-19 qui précise les conditions imposées aux restaurateurs. A l'exception de la notion de cour intérieure qui restait floue et donc susceptible d'amener à interprétation. Évoquée dans l'avis du Conseil d'Etat, la question a finalement été tranchée favorablement. «Si effectivement le nouveau texte prévoit qu'une terrasse doit concerner un espace extérieur ouvert sur trois côtés, nous avons considéré que les cours intérieures disposaient de suffisamment d'espace pour que l'air circule et donc que le risque de contamination était faible», résume Mars Di Bartolomeo (LSAP), président de la commission de la Santé.

Selon la nouvelle définition, les cours intérieures, comme ici celle des Capucins à Luxembourg-Ville, sont considérées comme des espaces exploitables, même si elles n'ont pas trois côtés ouverts.
Selon la nouvelle définition, les cours intérieures, comme ici celle des Capucins à Luxembourg-Ville, sont considérées comme des espaces exploitables, même si elles n'ont pas trois côtés ouverts.
Photo: Lex Kleren/archive

Une clarification saluée par l'Horesca qui ne cache toutefois pas son amertume quant à la mise en place de cette nouvelle réglementation. Car pour François Koepp, secrétaire général de la fédération représentative du secteur Horeca, «ceci vient avant tout sanctionner le fait que certains ont clairement dépassé les bornes». S'il reste persuadé que «tout le monde a voulu bien faire pour accueillir au mieux la clientèle», ce dernier fustige «ceux qui n'ont pas voulu écouter les avertissements qui ont été émis». 

Référence «aux messages envoyés aux abonnés de la newsletter de l'Horesca» et «aux appels téléphoniques passés». Assurant lui aussi ne pas disposer d'estimation quant au nombre d'établissements susceptibles d'être sanctionnés, François Koepp déplore ce tour de vis législatif «pour un secteur qui fait le maximum pour atteindre la réouverture complète». 


Un retour inégal de la vie en terrasse
Si les restaurants du Grand-Duché peuvent rouvrir en extérieur depuis mercredi dernier, des disparités sont visibles au centre-ville. Témoignages de quelques commerçants du Grund et des Rives de Clausen.

Selon la dernière version du projet de loi, les contrevenants encourent une amende administrative pouvant aller jusqu'à 4.000 euros, qui peut être doublée en cas de récidive. A noter que le texte précise également qu'«en cas de refus de se conformer, le ministre (de la Santé, ndlr) peut procéder à la fermeture administrative de l'établissement concerné». Le texte, douzième version de la loi covid, doit être voté ce vendredi après-midi à la Chambre et restera en vigueur jusqu'au 15 mai.

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Débattue ce jeudi matin en commission de la Santé avant d'être soumise au vote en séance plénière, la reprise partielle de l'activité du secteur Horeca a été actée. En revanche, la proposition de l'ADR d'étendre le dispositif jusqu'à 21h a été rejetée.
Lokales, Das Leben ist zurückgekehrt, Terrassen, Luxembourg stadt, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort