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La Chambre aussi attend un «retour à la normale»
Luxembourg 5 min. 05.07.2021
Travail parlementaire

La Chambre aussi attend un «retour à la normale»

Le président de la Chambre souligne notamment que les commissions se réunissent encore en visioconférence, ce qui limite les discussions autour de la publicité des débats.
Travail parlementaire

La Chambre aussi attend un «retour à la normale»

Le président de la Chambre souligne notamment que les commissions se réunissent encore en visioconférence, ce qui limite les discussions autour de la publicité des débats.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 5 min. 05.07.2021
Travail parlementaire

La Chambre aussi attend un «retour à la normale»

Marie DEDEBAN
Marie DEDEBAN
A deux semaines de la pause estivale, les députés doivent encore statuer sur le Pacte Logement, la pénurie de matières premières ou encore la nouvelle version de la loi covid. Fernand Etgen revient sur certains de ces dossiers et sur les mutations en cours à la Chambre.

Comme le reste de la société, le travail parlementaire a été fortement impacté par la pandémie. En témoigne l'explosion du temps passé en séances plénières, les députés cumulant déjà 273 heures à quatre mois de la fin de la session. Le tout dans un contexte de besoin de professionnalisation de la Chambre. Explications avec Fernand Etgen (DP), président de l'instance parlementaire.

A quinze jours des vacances scolaires, quels sont les dossiers prioritaires qui devront être analysés à la Chambre ?

Fernand Etgen- «Les deux semaines à venir seront effectivement intenses. Parmi les sujets à traiter en priorité, certains sont liés à l'actualité récente, comme le vote de la nouvelle loi covid le 14 juillet ou la hausse des prix des matières premières et leur pénurie. D'autres n'auront un effet qu'à long ou moyen terme, à l'instar du Pacte Logement, du Pacte climat 2.0 ou du manque d'enseignants. En tout, pas moins de 25 projets sont encore dans les tuyaux, ce qui est assez courant à cette période de l'année.

Comment qualifieriez-vous cette session 2020-2021 qui bat tous les records?

«C'est une session parlementaire assez exceptionnelle. Depuis leur instauration le 17 juillet 2020, les mesures de lutte contre la pandémie ont été modifiées 14 fois, dont 12 sur cette seule session parlementaire. Plus de 50 projets de loi qui touchent de près ou de loin la crise sanitaire ont été votés depuis le début de la pandémie. Et ce, du fait notamment que le gouvernement a joué le jeu de la démocratie.

L'activité parlementaire s'en est donc ressentie, que ce soit sur le nombre d'heures passées en séances plénières ou sur celui des questions urgentes. Si nous en avons traité 190 sur la totalité de la session 2019-2020, nous sommes déjà à 239 actuellement. Et ce n'est pas fini puisqu'il nous reste encore quatre mois de travail. Nous devrons d'ailleurs nous réunir de nouveau à la mi-septembre pour reconduire les mesures sanitaires.

En janvier dernier, vous évoquiez trois pistes de réflexion pour rendre les échanges en commission accessibles au public. Qu'en est-il aujourd'hui ?

«Les discussions sont toujours en cours, d'autant que la plupart des commissions se déroulent encore en visioconférence pour le moment. Il faudra donc attendre que les choses reviennent à la normale pour pouvoir de nouveau s'emparer du sujet. 

Je tiens à préciser que nous travaillons à la mise en place de notre nouveau site, qui doit permettre un meilleur contact avec le public. Nous développons également de nouveaux outils digitaux, comme des intelligences artificielles qui doivent faciliter notre travail et le rendre plus accessible au grand public. La digitalisation a un rôle à jouer au sein de la Chambre.

A deux ans des prochaines élections législatives, le dernier Sonndesfro fait état de changements sur l'échiquier politique, avec l'ancrage de nouvelles forces. Comment interprétez-vous ces phénomènes?

«Même s'il s'agit d'un sondage, ces résultats montrent que le pluralisme politique fonctionne et que les citoyens se sentent mieux représentés. Il faut reconnaître que les partis traditionnels ne jouent plus le même rôle qu'avant, et font face à davantage de plus petits partis. Ce qui donne davantage de choix aux électeurs. 

Mais il est toutefois heureux de constater que ni des partis extrémistes, ni des partis populistes n'ont émergé, comme on a pu le voir ailleurs en Europe.En revanche, au vu de la multiplicité de ces factions politiques, je pense qu'il y a des chances pour que les futures coalitions gouvernementales regroupent plus de trois partis. Les prochaines élections nous le diront.


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Pour s'adapter aux attentes des électeurs, êtes-vous favorable à certaines adaptations comme la fin du cumul des mandats ou une clarification du statut des députés, notamment sur la question des pensions? 

«Concernant le mandat unique, les discussions ne reprendront pas avant que nous ayons finalisé la nouvelle Constitution. Quant à votre référence à la question des pensions, je tiens à dire que contrairement à ce qui a été dit dans la presse, le bureau de la Chambre n'enquête pas sur les députés, mais s'attache au contraire à leur venir en aide. La situation de chaque élu est particulière il faut statuer au cas par cas. De manière générale, la politique devient de plus en plus complexe, raison pour laquelle nous avons créé une cellule scientifique.

Vous faites ici référence au besoin de professionnalisation de la Chambre...

«Tout à fait. Car si nous disposons d'une excellente expertise constitutionnelle, un manque s’est clairement fait ressentir lors de la pandémie. Depuis novembre dernier, nous avons recruté un biologiste, une vétérinaire spécialisée en matière de virus, une juriste et nous sommes encore à la recherche d’un(e) économiste. Et nous envisageons d’élargir considérablement cette cellule l’année prochaine afin de parfaire nos connaissances des différents dossiers.» 

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