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La capitale nie toute malversation à la Schueberfouer
Luxembourg 3 min. 23.10.2019 Cet article est archivé

La capitale nie toute malversation à la Schueberfouer

Habituée des contrats publics, la firme allemande Schmitt est inquiétée par la justice pour des éditions passées de la Schueberfouer.

La capitale nie toute malversation à la Schueberfouer

Habituée des contrats publics, la firme allemande Schmitt est inquiétée par la justice pour des éditions passées de la Schueberfouer.
Photo : Steve Remesch
Luxembourg 3 min. 23.10.2019 Cet article est archivé

La capitale nie toute malversation à la Schueberfouer

S'estimant victime d'une enquête judiciaire à contre-temps, la Ville de Luxembourg rejette les soupçons entourant la sécurisation des Schueberfouer 2015 et 2016. Ce mercredi, la bourgmestre Lydie Polfer est revenue sur le choix de l'entreprise Security Service Schmitt.

Blanche comme neige. C'est ainsi que la Ville de Luxembourg se présente dans «l'affaire Schmitt», du nom d'une entreprise allemande de gardiennage soupçonnée d'avoir, pour le compte de la capitale, sécurisé les éditions 2015 et 2016 de la Schueberfouer sans autorisation légale. Confirmant qu'une perquisition a bien eu lieu dans les locaux de l'administration communale, à l'été 2018, la bourgmestre Lydie Polfer (DP) affirme avoir cessé de faire appel à l'entreprise depuis, par «principe de précaution».

Ce mercredi, au cours du City Breakfast, l'élue a minimisé néanmoins la portée de l'enquête visant son administration, pointant ce qu'elle considère comme des incohérences. La première énigme réside, selon Lydie Polfer (DP), dans l'ordonnance de perquisition et de saisie, reçue par ses services le 6 juillet 2018.


La société Schmitt, qui sécurise de nombreux événements à travers le pays, s'est déjà fait condamner en 2015 pour défaut d'autorisation.
Le géant de la sécurité Schmitt encore dans le viseur
La firme spécialisée dans le gardiennage aurait exercé pendant la Schueberfouer sans autorisation, poussant le parquet à ouvrir une enquête, selon nos confrères de 100.7. Ses dirigeants ont déjà été condamnés par le passé pour des faits similaires.

Dans ce document, la justice assure ne s'intéresser qu'aux activités confiées à l'entreprise Security Service Schmitt au cours des éditions de 2015 et 2016 de la Schueberfouer. «Pourquoi limiter ainsi le périmètre des perquisitions, alors que nous avons employé cette firme dans d'autres événements ?», demande-t-elle, ajoutant que la Ville avait sollicité Schmitt «depuis au moins 2008».

Poursuivant sa démonstration, Lydie Polfer exhume un courrier du 1er octobre 2015. Il s'agit d'une réponse du ministre de la Justice d'alors, Félix Braz (Déi Gréng), à une question parlementaire concernant les activités de surveillance menées par Security Service Schmitt pendant le montage de la Schueberfouer. Cette activité s'apparentant à celle de «contrôle d'accès aux chantiers», elle ne serait pas soumise à l'obtention préalable d'un sésame du ministère, écrit Braz. 

Aujourd'hui dans la tourmente, la firme Schmitt a participé à la sécurisation de la Schueberfouer pendant de nombreuses années.
Aujourd'hui dans la tourmente, la firme Schmitt a participé à la sécurisation de la Schueberfouer pendant de nombreuses années.
Photo : Chris Karaba

Quelques mois après cette missive, et alors que la polémique n'était pas éteinte, les vestes fluo des employés de Schmitt étaient de retour dans la capitale. L'objet du contrat passé cette fois : la sécurisation de la Schueberfouer 2016. «La preuve qu'on se sentait en règle», glisse la bourgmestre. 

Dans la lettre de commande de ses services à la société allemande, le mandat est défini comme suit : «Le contrôle d'accès et la sécurisation de la phase de montage, ainsi que la sécurité événementielle». À la justice de déterminer si les activités découlant de ce périmètre d'action nécessitent, ou non, une autorisation du ministère de la Justice, en vertu de la loi du 12 novembre 2002 relative aux activités privées de gardiennage et de surveillance.

Les sommes en jeu dans l'enquête judiciaire ne sont pas négligeables. Quelque 117.000 euros d'argent public ont, par exemple, été versés à la société de sécurité privée pour la Schueberfouer de 2010, et 116.000 euros en 2016, selon les chiffres de la Ville.

Pas exclue

Un marché juteux pour l'entreprise de sécurité privée, capitalisée à hauteur de 31.000 euros et déclarant un bénéfice annuel de 30.800 euros pour 2018, d'après le Registre de commerce et des sociétés. 

Si la fête nationale du 23 juin 2018 est le dernier événement sécurisé par Schmitt à Luxembourg-ville, la patronne de la capitale n'exclut pas de «retravailler avec eux» à l'avenir.


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Lokales - Police Patrull op der Fouer - Schueberfouer - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort