Changer d'édition

L'UEL ne dira pas non à la tripartite
Luxembourg 2 min. 08.06.2020 Cet article est archivé

L'UEL ne dira pas non à la tripartite

Jean-Paul Olinger, directeur de l'UEL, trouve pourtant une belle efficacité dans le dialogue en bipartite actuel...

L'UEL ne dira pas non à la tripartite

Jean-Paul Olinger, directeur de l'UEL, trouve pourtant une belle efficacité dans le dialogue en bipartite actuel...
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 2 min. 08.06.2020 Cet article est archivé

L'UEL ne dira pas non à la tripartite

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Pas véritablement favorable à la tenue d'une réunion entre gouvernement, syndicats et patronat, l'Union des entreprises luxembourgeoises se pliera toutefois à une éventuelle invitation du Premier ministre. Encore faut-il que celui-ci l'adresse...

Pour avoir dit non à la tripartite, l'Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) avait réussi à ressouder le front commun syndical. Mais ça, c'était l'hiver dernier. Il n'était pas encore question de crise du covid-19, d'état d'urgence et de perspectives économiques incertaines. Aujourd'hui, les trois syndicats OGBL, CGFP et LCGB ont réclamé la tenue de cette réunion à trois, avec gouvernement et patronat. Un rendez-vous que ce dernier veut bien accepter... sans enthousiasme toutefois.

Pourquoi cette tiédeur? Le directeur de l'UEL l'explique sobrement : «Le gouvernement agit correctement, et les réunions bipartites qu'il a tenues avec nous ont été constructives». Et Jean-Paul Olinger de lister non seulement un Plan de relance «courageux», «mais aussi toutes les mesures sociales prises (comme l'assurance d'un salaire minimum confirmée, l'aide au logement augmentée, l'allocation de vie chère doublée ou le dispositif de chômage partiel prolongé), autant de gestes qui ont déjà permis de préserver le pouvoir d'achat, au mieux de la situation actuelle».


Les syndicats lancent un «SOS tripartite»
OGBL, LCGB et CGFP craignent que le dialogue social ne fasse les frais de la crise du covid-19. Et même si, mercredi, ils rencontrent le Premier ministre, c'est bien un comité à trois (gouvernement, syndicats, patronat) qu'ils ont à nouveau réclamé lundi matin.

D'ailleurs, alors que les syndicats souhaitent imposer le rendez-vous à trois dans un calendrier rapproché, l'UEL se montre bien moins pressée. Pourquoi changer un mode bipartite qui marche, après tout? «Nous ne sommes donc pas en demande... Mais ce n'est pas pour autant que les représentants du patronat iraient jusqu'à refuser de s'asseoir à la table des négociations si le Premier ministre le demandait.»

Car c'est bien le chef du gouvernement la puissance invitante depuis la mise en place de cet outil de dialogue social, voilà 45 ans. Sauf que du côté de Xavier Bettel, pour l'heure, on joue la montre. Repoussant l'échéance, possiblement à mi-juillet se murmure-t-il. Un calendrier que ne commente pas l'UEL, se contentant d'annoncer : «Si tripartite il y a, il faut une date, un ordre du jour et une invitation. Pour l'heure, rien de tout cela n'existe. Nous disons seulement qu'à l'heure où le pays se relève, nous -collectivement- ne gagnerons pas si l'on se montre trop défensif.»

Mercredi, le gouvernement a donné rendez-vous aux deux parties. Syndicats salariés d'abord, patronat ensuite. Ce 10 juin, nul doute que le mot tripartite reviendra souvent dans les discussions.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

En proposant 17 mesures, l'instance entend ouvrir des pistes au gouvernement pour de futures réformes. Des gestes permettant non seulement la relance économique du pays mais aussi un renforcement du pouvoir d'achat des ménages.
Lokales,  Illustration, Covid 19, Corona- Krise, Lycée technique arts et métiers, Schulanfang mit Regeln,  Lockerung der Ausgangsbeschränkung, Einschränkung, Kontaktbeschränkung, Ateliers Schweisser und electro Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort
Le ministre du Travail et les partenaires sociaux avaient rendez-vous, ce mardi. Il s'agissait de préparer l'après-crise en essayant de modérer les effets négatifs sur l'emploi. Les licenciements dans les entreprises effectuant du chômage partiel pourraient ainsi être interdits.
Visite Luxlait, Besichtigung neues Hochregallager. Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
Télétravail à durée illimitée, explosion des demandes de chômage partiel, extension de la possibilité du congé pour raisons familiales : les ministres de l'Emploi et de la Sécurité ont annoncé, ce jeudi, quelques bouleversements dans l'ordre établi.
Politik, Pressekonferenz Dan Kersch, Romain Schneider, Foto: Guy Wolff/Luxemburger Wort
OGBL, LCGB et CGFP ont réussi à unir leurs forces, mardi soir. Plus de 1.500 personnes se sont rassemblées pour marquer leur opposition au souhait patronal d'abandonner le Comité permanent du travail et de l'emploi, et plus largement remettre en cause le dialogue social.
Politik, CGFP, LCGB, OGBL Protestkundgebung, Boycott Patronal du Dialogue Social, Wolff Romain, Patrick Dury et André Roeltgen   Foto: Anouk Antony/Luxemburger Wort