Changer d'édition

L'OGBL vigilante à la défense des acquis sociaux
Luxembourg 3 min. 01.05.2021

L'OGBL vigilante à la défense des acquis sociaux

Privé de défilé en 2020, l'OGBL s'est rattrapé cette année dans les rues d'Esch-sur-Alzette.

L'OGBL vigilante à la défense des acquis sociaux

Privé de défilé en 2020, l'OGBL s'est rattrapé cette année dans les rues d'Esch-sur-Alzette.
Photo : Luc Deflorenne
Luxembourg 3 min. 01.05.2021

L'OGBL vigilante à la défense des acquis sociaux

La présidente Nora Back a fait montre de pugnacité dans la volonté du syndicat de ne pas voir les salariés payer les pots cassés de la crise sanitaire. Attendant du gouvernement des gestes forts pour soutenir la relance.

(pj avec Marc HOSCHEID) «Retour aux sources». Tel était le mot d'ordre du 1er mai 2021 de l'OGBL. Aussi, pour la première fois depuis 1991, le plus grand syndicat du pays a-t-il organisé son rassemblement de la Fête du travail dans l'ancien bastion ouvrier d'Esch-sur-Alzette. ''A l'ancienne'', c'est donc banderoles au vent qu'un millier de militants ont défilé avant d'entendre leur présidente, Nora Back, entamer son discours par un message clair : «Les travailleurs ne paieront pas pour cette crise».


En juin dernier, la Caisse nationale de santé a validé plus de 91.000 demandes de congé pour raisons familiales. Du jamais-vu.
Des syndicats impatients d'une hausse des allocations
Alors que son montant est bloqué depuis 2016, l'aide accordée aux familles sera à nouveau indexée à compter de janvier prochain. Un délai qui n'est pas sans faire réagir le LCGB et l'OGBL.

Clairement, le syndicat compte sur l'Etat-providence, et une politique d'investissements publics soutenant une reprise. Mais à l'heure des revendications, l'OGBL a maintenu son appel pour le renforcement du pouvoir d'achat des revenus faibles et moyens. Surtout, il faut maintenant investir davantage dans la santé.  

La crise covid a mis en évidence la fragilité du pays dans ce secteur. Trop de mesures d'austérité, selon le syndicat, sont venues porter atteinte non seulement à la prise en charge médicale des patients mais aussi au recrutement de plus de personnels. Et Nora Back de pester : «Le vrai scandale, c'est que même un an après le début de la pandémie, nous n'avons toujours pas entendu de mea culpa de la part de nos dirigeants politiques».

Le logement reste un cheval de bataille pour l'OGBL. Voir les prix de l'immobilier flamber de plus de 15% en 2020 n'a rien de satisfaisant, car clairement cela affecte encore un peu plus les ménages de plus en plus en difficulté pour se loger sans mettre en danger leur budget. Nora Back adressant au passage un tacle au Pacte logement 2.0 qui, à ses yeux, n'entraînera pas  d'améliorations. Ce projet de loi doit être révisé et l'accent doit être mis sur la lutte contre la spéculation, relance le syndicat. 

Oui (mais) à une taxe corona

Nora Back craint aussi que le gouvernement ne veuille toucher au système de retraite. Un point sur lequel l'OGBL n'entend rien concéder, si ce n'est des améliorations (notamment au niveau de la pension minimum dont bénéficient de nombreuses femmes).


Dan Kersch, Vice-Premier ministre, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire
Un bon à la formation inédit à partir de mai
Le ministère du Travail accordera un voucher de 500 euros à tous les salariés ayant subi une période de chômage partiel au premier trimestre 2021. Un bon échangeable contre une formation en ligne.

Le gouvernement serait mieux avisé, selon la présidente de réviser le niveau des allocations familiales et taxer plus fortement le capital. «Si de l'argent est nécessaire pour consolider les finances de l'Etat, alors nous devons le prendre là où il est.» Et si une «taxe corona» doit être levée, alors l'OGBL est partisane d'instaurer un impôt progressif sur les 10% les plus riches. Applaudissements d'approbation garantis dans l'assistance.

Comme son homologue du LCGB en ce 1er mai, Nora Back a également évoqué la question du travail le dimanche. Elle demande à ce qu'une convention soit négociée au niveau du secteur du commerce de détail pour clarifier les choses. «Il n'y a rien de gratuit et ce n'est pas parce qu'une loi n'a pas été respectée depuis des années que cette procédure deviendra la norme.» Mais il n'y aura certainement pas de libéralisation complète des horaires d'ouverture validée par l'OGBL.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet

La tripartite au cœur des revendications du LCGB
Fête du Travail, centenaire du parti, c'est un Patrick Dury remonté qui a pris la parole ce 1er mai. Le président du syndicat réclamant à nouveau au gouvernement de faire un point d'étape sur la situation sociale du pays et son devenir.
LCGB 1.Mai-Feier im Stream mit Nationalpräsident Patrick Dury aus dem Parc Hotel Alvisse in Dommeldingen. (Foto: Alain Piron)
La rentrée sociale donne la fièvre à l'OGBL
Le syndicat a formulé cinq axes d'actions pour le maintien des emplois, du pouvoir d'achat ou une réforme de la fiscalité notamment. Le comité national réclame une nouvelle réunion d'urgence des partenaires sociaux.
Politik, Pressekonferenz OGBL Nationalcomité, Nora Back, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
«Il faut renforcer le pouvoir d'achat»
Suite au premier comité national de l'OGBL durant la crise sanitaire, Nora Back, sa présidente, a réalisé un état des lieux de la tripartite. Elle appelle notamment à davantage de mesures pour aider les ménages.
Politik, Pressekonferenz OGBL Nationalcomité, Nora Back, foto: Chris Karaba/Luxemburger Wort
«Nous ne devons pas refaire les mêmes erreurs»
Pour son premier discours du 1er Mai, Nora Back, présidente de l'OGBL, s'est voulue offensive en affichant une intransigeance quant au retour supposé d'une politique d'austérité une fois la pandémie passée.
OGBL, 1.-Mai-Rede N-Back - Foto: Pierre Matgé/Luxemburger Wort
L'OGBL poursuivra ses combats en 2020
Lors de sa première réunion du Comité national en tant que présidente, Nora Back a dévoilé mardi les principaux chevaux de bataille du syndicat majoritaire pour l'année nouvelle. Les inégalités sociales, le logement ou encore la réforme fiscale figurent au cœur de ses préoccupations.
Les inégalités sociales, le logement ou encore la réforme fiscale figurent au cœur des préoccupations de la nouvelle présidente de l'OGBL