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«L'OGBL n'appose pas sa signature sur un démantèlement social»
Luxembourg 4 min. 31.03.2022 Cet article est archivé
Tripartite

«L'OGBL n'appose pas sa signature sur un démantèlement social»

La présidente de l'OGBL Nora Back a été récompensée pour sa position par une «standing ovation» de la part des membres de l'OGBL.
Tripartite

«L'OGBL n'appose pas sa signature sur un démantèlement social»

La présidente de l'OGBL Nora Back a été récompensée pour sa position par une «standing ovation» de la part des membres de l'OGBL.
Photo: Marc Wilwert
Luxembourg 4 min. 31.03.2022 Cet article est archivé
Tripartite

«L'OGBL n'appose pas sa signature sur un démantèlement social»

Le syndicat a expliqué jeudi pourquoi il a fait échouer le deal avec le gouvernement et le patronat pour soutenir les entreprises et les ménages.

(m. m. avec Michèle GANTENBEIN) - L'OGBL a fait échouer les négociations avec le gouvernement, le patronat et les trois organisations syndicales, qui devaient se mettre d'accord sur un paquet d'aides aux entreprises et aux ménages. Les discussions se sont terminées peu avant minuit, sans déboucher sur une entente entre les trois camps.


(de dos, de g. à dr.) Paulette Lenert, Vice-Premier ministre, ministre de la Protection des consommateurs, ministre de la Santé, ministre déléguée à la Sécurité sociale ; Xavier Bettel, Premier ministre, ministre d’État ; François Bausch, Vice-Premier ministre, ministre de la Défense, ministre de la Mobilité et des Travaux publics ; Lex Delles, ministre des Classes moyennes, ministre du Tourisme
La tripartite n'accouche d'aucun accord
Les discussions ont été longues ce mercredi soir entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Mais elles n'ont débouché sur aucun accord, malgré un plan de 830 millions d'euros déposé sur la table.

Jeudi matin, la présidente de l'OGBL, Nora Back, a expliqué au siège du syndicat à Esch/Alzette pourquoi l'organisation syndicale ne pouvait pas soutenir le paquet de mesures. «L'OGBL n'appose pas sa signature sur un démantèlement social», a déclaré Back. L'OGBL est entré en négociation pour renforcer le pouvoir d'achat de la population active. Mais le paquet de mesures qui est maintenant sur la table n'est pas une amélioration, mais une détérioration, selon le syndicat.

«Aider de manière ciblée»

Elle a reproché au gouvernement de s'être incliné devant le patronat et d'avoir fait de la tripartite une simple discussion sur l'index. L'accord a été fait exclusivement pour les entreprises. «Nous étions prêts à soutenir les aides aux entreprises, mais nous nous opposons à ce qu'une tripartite aboutisse à un accord dans lequel seule une partie est gagnante», a déclaré Nora Back. 

«Nous n'étions pas non plus d'accord pour soutenir toutes les entreprises selon le principe de l'arrosoir. Il faut au contraire aider de manière ciblée les entreprises qui ont vraiment besoin d'aide.»

«Nous étions prêts à faire des compromis, mais avec les adaptations du mécanisme de l'indexation, la ligne rouge de l'OGBL a été franchie», poursuit Nora Back. «Nous étions prêts à faire des concessions sur la question de l'index et à reporter la tranche indexée due en août à avril 2023. Mais seulement s'il y avait des contreparties. Or, celles-ci n'étaient pas garanties». Le montant des compensations proposées par le gouvernement est loin d'être suffisant pour contrebalancer la perte d'index, a déclaré Nora Back.

Des propositions

De plus, l'OGBL ne serait pas prêt à faire des concessions sur d'éventuelles futures tranches indiciaires, «dans une situation où nous ne savons pas de quoi demain sera fait».

Indépendamment de l'index, l'OGBL aurait fait des propositions pour renforcer le pouvoir d'achat, dont l'adaptation du barème fiscal à l'inflation, une revendication de longue date. Mais cette dernière aurait été rejetée par le gouvernement comme étant «trop chère». «Si l'adaptation du barème fiscal à l'inflation est trop chère, c'est parce que les ménages ont payé ces impôts pendant toutes ces années», a déclaré Back.

L'adaptation de l'allocation de logement critiquée  

D'autres propositions auraient également été rejetées. L'OGBL avait d'abord proposé de compenser les revenus annuels (par salarié) jusqu'à 160.000 euros (au lieu de 100.000 euros proposé par le gouvernement, ndlr), la compensation devant être de zéro euro à partir de 160.000 euros de salaire annuel. Dans sa dernière revendication, l'OGBL a demandé des compensations jusqu'à 135.000 euros de salaire annuel. 

L'OGBL a également critiqué d'autres mesures du paquet, comme l'adaptation de l'allocation de logement ou l'augmentation des aides publiques pour les rénovations énergétiques. Ces mesures ne sont qu'une goutte d'eau dans l'océan et avaient déjà été décidées auparavant. Le subventionnement de l'essence et du mazout à hauteur de 7,5 centimes par litre est «une solution minimale sans impact profond».

L'OGBL se trouve maintenant assez isolé, car les deux autres syndicats LCGB et CGFP soutiennent le paquet de mesures. 

Des aides à hauteur de 830 millions d'euros

Le syndicat des fonctionnaires d'Etat CGFP a fait savoir jeudi dans un communiqué de presse qu'il n'avait accepté un report de la tranche indiciaire qu'à la stricte condition que les petits et moyens salaires soient compensés de manière surproportionnelle. Cette surcompensation prend la forme de crédits d'impôt. 


Ernste Mienen, ernste Lage: Premier Xavier Bettel (DP) und seine Minister François Bausch, Claude Turmes (beide Déi Gréng), Lex Delles (DP, v.r.n.l.).
Nouveau round d'échanges dès ce mercredi soir
Les syndicats rejettent les propositions avancées la semaine dernière. Les négociations s'annoncent difficiles.

Après d'âpres négociations, le gouvernement aurait accepté mercredi que la surcompensation à laquelle a droit un travailleur au salaire minimum soit bien plus importante que le versement d'une tranche indiciaire.

Le paquet de mesures prévoit des aides à hauteur de 830 millions d'euros, dont 600 millions d'euros pour les ménages. Pour le LCGB également, les mesures prévues sont adaptées à la situation de crise actuelle et à l'imprévisibilité de l'évolution économique. 

Le LCGB et la CGFP adhèrent au modèle social luxembourgeois, au dialogue social et à la tripartite comme instrument de crise. Depuis la crise de l'acier dans les années 70, les partenaires sociaux ont toujours réussi à trouver des compromis dans l'intérêt des salariés et des entreprises, explique le LCGB dans un communiqué de presse. 

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