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L'OGBL et l'UEL se tournent le dos
Luxembourg 3 min. 24.09.2019 Cet article est archivé

L'OGBL et l'UEL se tournent le dos

L'OGBL muscle son propos et prévoit des actions dans les mois à venir

L'OGBL et l'UEL se tournent le dos

L'OGBL muscle son propos et prévoit des actions dans les mois à venir
Photo: Lex Kleren
Luxembourg 3 min. 24.09.2019 Cet article est archivé

L'OGBL et l'UEL se tournent le dos

Le syndicat luxembourgeois majoritaire annonce la rupture du dialogue avec le monde patronal. Une déclaration choc qui devrait déboucher prochainement sur une panoplie d'actions syndicales.

(JFC, avec Annette Welsch). - «L'Union des Entreprises Luxembourgeoises (UEL) rompt le dialogue et n'entend plus se positionner comme un partenaire social». C'est par cette annonce choc que le président de l'OGBL, André Roeltgen s'est adressé à la presse mardi à l'issue de la réunion du comité national du syndicat. André Roltgen qualifie de «complètement fausse» la raison invoquée par l'UEL, à savoir qu'elle a systématiquement été perdante au sein du Comité Permanent du Travail et de l'Emploi (CPTE).

Le président du syndicat majoritaire rejette tout autant l'accusation de l'UEL selon laquelle la réforme de la loi PAN sur l'aménagement du temps de travail aurait été menée unilatéralement dans l'intérêt des salariés. «C'est carrément ridicule, car c'était un compromis pour les deux parties», a déclaré Roeltgen.

Des actions syndicales inéluctables

Dans ce contexte de rupture de dialogue, le président de l'OGBL exhorte vivement le patronat à «reconsidérer ce pas fatal», sans quoi des actions syndicales deviendront inéluctables. Une réunion avec les autres organisations syndicales du pays, CGFP et LCGB est d'ailleurs déjà prévue pour discuter de la façon de réagir. 

Sur ce plan, André Roeltgen pointe du doigt le fait que les contrats de travail à durée indéterminée doivent rester la norme et que les contrats précaires doivent être repoussés, surtout dans l'intérêt des jeunes. La loi sur les conventions collectives devrait être réformée et le recyclage en vue de la numérisation devrait avoir lieu en amont, ce qui devrait également être inclus dans le plan pour maintenir l'emploi.


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La loi sur la faillite doit être améliorée dans l'intérêt des salariés. Le droit fondamental au travail à temps partiel doit être introduit pour chaque salarié d'une entreprise de plus de 50 salariés. De plus, une réglementation sur la restriction des heures d'ouverture des magasins devrait constituer une base de négociations avec les syndicats. Soit dans le cadre de conventions collectives, soit dans le cadre de réglementations interprofessionnelles.

Une campagne de logements

Roeltgen confirme en outre que l'OGBL «s'impliquera pleinement» dans la manifestation de vendredi sur le climat. Le syndicat soutient l'accord de Paris sur le climat et exige des mesures drastiques. «Si 2.000 milliards d'euros peuvent être levés par la BCE (Banque Centrale Européenne), dont 90% disparaissent dans la spéculation financière et seulement 10% dans l'économie réelle, alors il doit également être possible de mobiliser des milliards pour la protection climatique.»


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Le président de l'OGBL demande la création d'une banque européenne du climat pour l'octroi de prêts à taux zéro en vue d'aider les particuliers à rénover leur logement. «Nous allons lancer une campagne de logements, car c'est l'état d'urgence au Luxembourg», annonce Roeltgen.

«Il y a encore beaucoup à construire. La moyenne de 2.891 appartements créés ces dernières années avec une demande de 6.000 à 8.000 logements n'est pas suffisante. Le problème vient de la spéculation, car même si les communes et l'État en construisaient davantage, cela ne suffirait pas à briser la spirale des prix», explique le président de l'OGBL.

Ramener l'impôt sur la fortune dans le débat 

Selon Roeltgen, la propriété de plus en plus de terrains et de maisons doit faire l'objet d'une taxation progressive, «sinon la propriété résidentielle restera un rêve pour beaucoup.» L'OGBL souhaite également ramener l'impôt sur la fortune en général au sein du débat.

Enfin, le Comité national de l'OGBL a réitéré ses demandes déjà connues, comme le mécanisme promis en 2014, par lequel les prestations familiales doivent être régulièrement ajustées au salaire médian, les conventions collectives pour tous, l'augmentation du salaire minimum de 9,1% supplémentaires, car une hausse de seulement 0,9% a eu lieu jusqu'à présent et l'ajustement des pensions de 1,7%, qui est toujours en attente.





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