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L'OGBL attend plus des prestations sociales
Luxembourg 4 min. 26.11.2019 Cet article est archivé

L'OGBL attend plus des prestations sociales

André Roeltgen vivra son dernier congrès OGBL en tant que président les 6 et 7 décembre.

L'OGBL attend plus des prestations sociales

André Roeltgen vivra son dernier congrès OGBL en tant que président les 6 et 7 décembre.
Photo : Pierre Matgé
Luxembourg 4 min. 26.11.2019 Cet article est archivé

L'OGBL attend plus des prestations sociales

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
A quelques jours de son congrès national, le syndicat a fait le point sur les dossiers chauds. Le président André Roeltgen tient, notamment, à rappeler au gouvernement sa promesse de revaloriser les prestations familiales en fonction du taux d'évolution du salaire médian.

André Roeltgen quittera ses fonctions de président de l'OGBL le 6 décembre prochain. En attendant de transmettre le flambeau à Nora Back, le responsable syndical a mené son dernier comité national, ce mardi. Et c'est toujours combatif qu'il est ressorti de la réunion. «Je laisserai à la nouvelle génération un syndicat en ordre de marche, fort de 70.000 membres et toujours avec des combats à mener.» Et l'un s'adresse directement à la ministre de la Famille, Corinne Cahen (DP).

En effet, le premier syndicat du pays entend rappeler au gouvernement un de ses engagements. Celui-ci remonte à 2014, à l'époque le «Paquet pour l'avenir» était au cœur des discussions. «Nous avions alors trouvé un point d'accord avec le nouveau gouvernement Bettel: que le Luxembourg adopte un mécanisme d'adaptation (disons d'augmentation) des prestations sociales, en nature ou espèces, en fonction de l'évolution du salaire médian.» Les années ont passé et le projet de loi, un temps étudié, a été oublié.

Des inégalités croissantes

Pas pour l'OGBL qui entend se rappeler au bon souvenir donc de Mme Cahen. «Il y a eu des efforts de faits, mais pas celui-ci», interpelle le syndicaliste en chef. Pas question, rappelle-t-il, que cette adaptation se fasse en fonction de l'index «car il augmente moins vite».

Pour le premier syndicat cette mesure constituerait un bon moyen de ne pas laisser se creuser certaines inégalités sociales. Des inégalités qui sont au cœur de son analyse du pays en cette fin d'année 2019. Jamais en effet le risque de pauvreté n'a autant peiné à se réduire. Comme l'avait déjà souligné la Chambre des salariés dans son analyse du budget 2020 présenté par le ministre Pierre Gramegna (DP) «ce risque concerne un résident sur six après transferts sociaux».

Aussi l'OGBL demande-t-elle au gouvernement de veiller davantage sur le sort des plus précaires. «Des marges de manœuvres existent dans le budget de l'Etat, il faut bien les orienter à l'heure où le pays connaît une excellente situation financière, emprunte à taux négatif et connaît une progression de son PIB».

Faisant écho notamment à un souhait exprimé par le président du Statec, le syndicat demande donc plus d'investissements dans les infrastructures, par exemple. 

Tout comme des coups de pouce pour aider les ménages les plus fragiles à assurer la transition énergétique seraient bienvenus. «Car s'il n'y a pas d'accompagnement dans certains cas, la taxation de certaines attitudes va accentuer certaines fractures sociales», craignent les délégués du syndicat. Aussi réfléchir à la mise au point d'un crédit d'impôt pourrait constituer une avancée.

Ces Fonds d'investissement spéciaux qui se gavent sont les moteurs de la spéculation

Un autre péril vient de la flambée des prix du logement. La première préoccupation des Luxembourgeois, telle qu'indiqué par le dernier Politmonitor, avait poussé le syndicat à déclarer «l'état d'urgence» sur cette problématique en début d'année. Désormais, l'OGBL plaide pour des mesures drastiques. Comme l'instauration d'un impôt (progressif) sur la fortune immobilière.


27.2.Logement / Wohnungen / Foto:Guy Jallay
L’OGBL décrète «l’état d’urgence sur le logement»
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L'idée ne serait pas de taxer les petits propriétaires, mais bien les gros possesseurs de terrains comme de logements ou maisons. «Cela pourrait stopper les appétits non seulement de grandes fortunes du pays mais aussi des FIS. Ces Fonds d'investissement spécialisés qui se gavent sont les moteurs de la spéculation», indique André Roeltgen. De même, l'OGBL se montre favorable à l'activation d'une taxe de rétention. Un impôt qui frapperait ceux qui conservent de l'immobilier vacant sans volonté de vendre ou louer.


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