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L'ITM a plus que doublé ses contrôles en un an
Luxembourg 4 min. 03.10.2019 Cet article est archivé

L'ITM a plus que doublé ses contrôles en un an

L'ITM a plus que doublé ses contrôles en un an

Photo: Inspection du travail et des mines
Luxembourg 4 min. 03.10.2019 Cet article est archivé

L'ITM a plus que doublé ses contrôles en un an

Maurice FICK
Maurice FICK
Toujours en pleine mutation, l'Inspection du travail et des mines (ITM) comptera 42 inspecteurs d'ici la fin de l'année et poursuivra ses embauches en 2020, assure le ministre du Travail. Le rapport 2018 indique que les contrôles et les amendes ont explosé.

Alors que longtemps c'était tout le contraire, «aujourd'hui syndicats et patronat sont d'accord sur la nécessité de faire davantage de contrôles parce qu'ils savent très bien que la concurrence déloyale est en train de perturber notre système à la luxembourgeoise. Raison pour laquelle il y a une vraie unité pour une modernisation de l'ITM», résume Dan Kersch.

Une modernisation forcée depuis 2015 qui porte des fruits comme le montre le rapport annuel publié ce jeudi seulement. Et c'est au ministre du Travail (LSAP) de livrer la corbeille pleine comme jamais: «En 2018, l'ITM a répondu à plus de 140.000 requêtes, effectué 3.667 contrôles et émis un montant total de 2.208.500 euros d'amendes».

Marco Boly, directeur de l'ITM et Dan Kersch, ministre du Travail et de l'Emploi, lors de la présentation du rapport annuel 2018 aux chiffres records.
Marco Boly, directeur de l'ITM et Dan Kersch, ministre du Travail et de l'Emploi, lors de la présentation du rapport annuel 2018 aux chiffres records.
Photo: Maurice Fick

3.667 contrôles contre 1.689 un an auparavant dans une administration qui compte aujourd'hui 148 collaborateurs. «C'est vraiment énorme quand on regarde le passé de l'ITM», pose Marco Boly. Le directeur de l'ITM souligne que 568 de ces contrôles ont été effectués sur des chantiers et que le «plus grand volet du contrôle concerne le détachement (2.274 contrôles) de salariés».

Le gouvernement met le paquet pour recruter

Aux 420.000 emplois salariés que compte actuellement le pays, il faut désormais «rajouter 114.188 salariés détachés qui travaillent en moyenne quatre mois par an au Luxembourg». Le phénomène du dumping social est dans le collimateur de l'ITM. Marco Boly l'explique par le «pôle d'attractivité» que constitue un Grand-Duché en pleine croissance. 


Le détachement de salariés en plein boom au Luxembourg
Le détachement ne connaît pas la crise: en 2017, selon le rapport annuel de l'Inspection du travail et des mines, le nombre de déclarations est en hausse de 62,2% et celui de salariés de 47,42%. Derrière les sociétés allemandes et belges, c'est la Pologne qui se glisse à la troisième place.

Mais «il est important que ces entreprises (3.884) qui viennent chez nous se tiennent à nos règles et à notre droit du travail», souligne Marco Boly. «Je m'y suis engagé auprès des entreprises luxembourgeoises», assène un Dan Kersch convaincu que le détachement - et avec lui la concurrence déloyale -va gagner en envergure. Il faut s'y préparer».

La responsabilité politique du ministre du Travail «est de donner les moyens à l'ITM pour y parvenir» et d'ores et déjà le recrutement de nouveaux agents est acté par le gouvernement: «33 nouveaux postes ont été accordés dans le budget 2019 et un grand recrutement est prévu dans le budget 2020», assure Dan Kersch.

Un inspecteur du travail pour 10.000 salariés

Le plus grand défi en interne étant d'étoffer les effectifs des perles rares: les  inspecteurs du travail. L'ITM en compte actuellement 22, et table sur «20 à 22 nouveaux inspecteurs opérationnels en 2019 s'ils terminent leur formation», glisse Marco Boly. Un joli bond mais encore insuffisant. 

Le ministre souhaite en effet que les effectifs de l'ITM répondent d'ici 2022 à la norme du Bureau international du Travail qui préconise un inspecteur pour une population de 10.000 salariés. Une campagne de recrutement est donc actuellement en cours. 

L'Inspection du Travail ne manque pas de candidats et, une fois formés, ils rapportent gros. L'an passé pas moins de 2,2 millions d'euros d'amendes ont été émises contre 1,7 million en 2017.

Nouveaux services, nouveaux agents

Pour ces inspecteurs du travail, deux nouveaux objectifs viennent d'être fixés:  se former avec un outil développé en réalité virtuelle et dorénavant être épaulé sur le terrain par des agents qui prendront en charge les contrôles administratifs. Le ministre veut le faire via l'armée. 

«La réforme que nous sommes en train de réaliser est un changement de mentalité et elle est permanente. Nous devons nous adapter constamment au monde changeant du travail. Et c'est ce que la direction de l'ITM est en train de faire», résume Dan Kersch. 

En 2018, l'ITM s'est donné les moyens de se restructurer et d'être davantage tournée vers l'extérieur. Elle a créé plusieurs nouveaux services dont le service «Contrôles, Chantiers et Autorisations» (CCA) dans le but de «renforcer la promotion d'une culture de prévention, de sensibilisation et d'information en matière de sécurité et de santé au travail des entreprises et des salariés actifs sur les chantiers». 

L'administration s'est aussi dotée d'un service communication et d'un nouveau site internet. Son standard de son Help Call Center qui est à voir comme un centre de compétence pour tout ce qui touche aux conditions de travail et de sécurité et de santé au travail a enregistré 43.645 appels. C'est un bond de 7 % des appels en un an.


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La cinquantaine d'inspecteurs de l'ITM n'a pas chômé depuis l'apparition du virus. Depuis avril, ils ont réalisé pas moins de 1.629 contrôles d'entreprises ou de chantiers pour vérifier que tout était fait pour préserver les salariés d'un risque d'infection.
worker/engineer wearing disposal face mask for protect dust smoke and corona virus while working in workplace or factory
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Employees wearing face masks work at a construction site of a bridge in Wuhan in China's central Hubei province on March 24, 2020. - China announced on March 24 that a lockdown would be lifted on more than 50 million people in central Hubei province where the coronavirus first emerged late last year. (Photo by STR / AFP) / China OUT
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