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«L'importance du contact social entre adolescents»
Luxembourg 4 min. 29.10.2020

«L'importance du contact social entre adolescents»

Pratiquer un sport avec un masque. Un scénario que ne rejette pas Salima Aarab. «Il vaut mieux épuiser toutes les options possibles avant de mettre fin à la pratique des sports collectifs.»

«L'importance du contact social entre adolescents»

Pratiquer un sport avec un masque. Un scénario que ne rejette pas Salima Aarab. «Il vaut mieux épuiser toutes les options possibles avant de mettre fin à la pratique des sports collectifs.»
Photo: Shutterstock
Luxembourg 4 min. 29.10.2020

«L'importance du contact social entre adolescents»

Les conséquences du confinement, les bienfaits du sport ou encore l'importance de maintenir des liens sociaux, le docteur Salima Aarab évoque le mal-être des plus jeunes. «Ce n'est pas parce qu'ils ne présentent généralement aucun symptôme qu'ils ne souffrent pas de la pandémie.»

(ER avec rc) - Le covid-19 fait partie de notre quotidien depuis plus de huit mois. Avec la hausse du nombre de contaminations au pays, certaines activités, dont la pratique sportive, ont été réduites. Pourtant, ces occupations ont un rôle essentiel dans le développement des enfants et les adolescents selon Salima Aarab. Nos confrères du Luxemburger Wort ont rencontré cette spécialiste en psychiatrie et psychothérapie d'enfants et d'adolescents aux Hôpitaux Robert Schuman.  


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Quelles sont les craintes des jeunes face à la pandémie et les différentes mesures prises (restrictions et assouplissement) ont-elles des effets sur les enfants et les adolescents?

Salima Aarab: «La plupart des jeunes patients dont je m'occupe ont trouvé le lockdown comme négatif. Ils ont retrouvé le sourire avec l'arrivée de l'été et les premières mesures d'assouplissement. Le nombre d'infections ayant de nouveau fortement augmenté au cours des deux dernières semaines, les jeunes craignent un nouveau confinement. Ils ont peur de ne plus pouvoir voir leurs amis et de ne plus pouvoir poursuivre leurs activités sportives, culturelles et autres. Une majorité d'entre eux craint de tomber malades et d'infecter un membre de leur famille.

Le docteur Salima Aarab
Le docteur Salima Aarab
Photo: Anouk Antony

Existe-t-il un moyen de les protéger  des effets négatifs de la crise? 

«C'est difficile. D'autant plus que les jeunes se voient attribuer un rôle particulier dans la pandémie: on leur dit qu'ils ont un faible risque de tomber gravement malades mais qu'ils transmettraient le virus aux personnes à risque. Ils sont dépeints comme des fêtards qui ne respectent pas les règles. Dans de nombreux cas, ils se sentent coupables. Bien sûr, cela est ressenti différemment d'un adolescent à l'autre mais beaucoup d'entre eux prennent ces allégations au sérieux. Surtout ceux qui ont déjà tendance à avoir peur. 

Dans quelle mesure ces peurs et l'isolement qui en résulte limitent-ils les enfants et les adolescents dans leur développement?

«Le contact social avec des personnes du même âge est très important à l'adolescence. C'est le moment où ils rompent le lien avec leurs parents et développent leur propre personnalité. Cela n'a pas été possible sous cette forme pendant le confinement. C'est pourquoi beaucoup ont eu recours aux jeux vidéo et aux réseaux sociaux pour communiquer avec leurs amis.

Le sport a une influence positive sur le comportement des mineurs.  

Le numérique a joué un grand rôle lors du confinement. Mais cela n'a aucun lien avec une pratique sportive. Dans quelle mesure ces activités sont-elles importantes pour les jeunes?

«L'exercice est généralement bon pour votre santé, votre corps et votre âme. L'activité physique est essentielle au développement des enfants et des adolescents. Entre autres, elle renforce leur capacité mentale et améliore leur humeur mais elle prévient également d'éventuelles maladies telles que le diabète, l'obésité ou l'hypertension artérielle. Ce n'est pas pour rien que nous proposons également des thérapies sportives aux jeunes patients de la clinique. 


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Nous savons que le sport a un effet curatif, c'est-à-dire une influence positive sur le comportement des mineurs. Entre autres, les hormones du bonheur sont libérées pendant l'exercice. Vous entretenez également des contacts sociaux lorsque vous faites du sport, en particulier dans les disciplines collectives. Vous construisez un esprit d'équipe, ce qui est très important pour les jeunes.

Quelles alternatives aux sports collectifs? De longues promenades en famille?

«Une promenade est toujours une bonne chose. Cependant, je ne sais pas si faire une promenade avec les parents a le même effet sur les jeunes que faire un sport collectif. A cet âge, les jeunes seront plus susceptibles de profiter de la compagnie d'amis lors d'une promenade car ils pourront discuter de certains sujets avec eux. Si le contact physique n'est pas possible, il faut que les jeunes utilisent les médias numériques pour rester en contact avec leurs connaissances. En aucun cas, il ne doit s'interrompre car il est essentiel dans l'épanouissement des jeunes. 


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Il ne devrait donc pas y avoir de distanciation avec les amis?

«Non. Malheureusement, de nombreux jeunes ont très mal vécu la période d'isolement du printemps. Certains ont développé des comportements addictifs tels que la dépendance au jeu, d'autres ont des troubles de l'alimentation ou ont développé une dépression. Bien sûr, il y a aussi des caractères différents parmi les enfants et les jeunes, mais dans l'ensemble, on peut dire que les jeunes ne sont pas faits pour être seuls. En conséquence, ce serait bon que toutes les mesures à prendre soient envisagées avant que les contacts physiques entre les jeunes ne soient totalement interdits. Dans ce cas, ils n'auront pas d'autres choix que de se tourner vers le monde virtuel.»

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