Changer d'édition

L'impact invisible de la pandémie sur la santé mentale
Luxembourg 3 min. 22.06.2021
Troubles psychologiques

L'impact invisible de la pandémie sur la santé mentale

Pour Romain Schneider, ministre de la Sécurité sociale, les conséquences complètes de la pandémie ne seront visibles que dans plusieurs mois.
Troubles psychologiques

L'impact invisible de la pandémie sur la santé mentale

Pour Romain Schneider, ministre de la Sécurité sociale, les conséquences complètes de la pandémie ne seront visibles que dans plusieurs mois.
Photo: Guy Jallay
Luxembourg 3 min. 22.06.2021
Troubles psychologiques

L'impact invisible de la pandémie sur la santé mentale

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Que ce soit en termes de consommation de médicaments psychotropes ou dans l'évolution du nombre de consultations psy, les effets de la crise sanitaire ne peuvent pas encore être observés avec les chiffres actuels, indique mardi le ministère de la Sécurité sociale.

Bien qu'une sortie de crise sanitaire soit en approche avec l'accélération de la vaccination, il faudra encore attendre avant de connaître les répercussions réelles de la pandémie sur la population. Si le covid-19 a bel et bien eu un impact sur la mortalité du Luxembourg, ses répercussions précises sur la santé mentale restent à ce jour méconnues, à en croire Romain Schneider (LSAP).


Wi , Pompes Funebres , Maison Platz , Thierry Graul , Corona , Covid-19 , Foto:Guy Jallay/Luxemburger Wort
Le covid a bien pesé sur la mortalité
Si 2020 a été une année noire au Luxembourg, avec 326 décès de plus qu'un an auparavant, le Statec estime que cela est principalement dû à l'épidémie virale. Avec un «excès de mortalité» constaté notamment chez les plus de 75 ans.

Interrogé sur une éventuelle hausse des maladies psychosociales enregistrée depuis le début de la pandémie, le ministre de la Sécurité sociale affirme mardi qu'un tel phénomène «ne peut pas être observé dans les données disponibles jusqu'à présent». Car même si l'Inspection générale de la Sécurité sociale (IGSS) dispose de données pour 2020, ces dernières «ne sont pas encore complètes et risquent (...) de mener à des conclusions hâtives», assure le ministre. 

Ainsi, que ce soit en prenant la consommation de médicaments psychotropes, le nombre de consultations auprès de médecins spécialisés ou celui des traitements psychiatriques, 2020 ne se distingue globalement pas des années précédentes, le niveau global de consommation restant stable. En revanche, les données de l'IGSS font état d'un pic de consommation au mois de mars 2020, pour toutes les catégories de psychotropes.

En ce qui concerne les traitements psychiatriques, leur nombre recule globalement de -9,6% sur l'ensemble de l'année par rapport à 2019, même si une hausse avait été enregistrée au cours du deuxième trimestre, à la sortie du confinement. Phénomène inverse en ce qui concerne les consultations qui ont non seulement progressé, mais ont également concerné d'autres catégories d'âge. Si traditionnellement les plus de 50 ans étaient globalement plus susceptibles d'avoir recours à une consultation psy, le phénomène s'est inversé en 2020 avec une nette progression chez les plus jeunes.

En ce qui concerne les absences au travail liées à d'éventuelles maladies psychosociales, les données de l'IGSS ne permettraient pas «de mettre en évidence une augmentation», ni de l'infirmer «puisque le télétravail généralisé ainsi que les mesures de chômage partiel ont pu contribuer (...) à faire baisser le nombre d'absences», indique Romain Schneider qui plaide pour la réalisation d'«une analyse économétrique approfondie» pour comprendre les effets de la pandémie sur la santé mentale. 

A noter que cette question se trouve toujours au cœur de l'actualité avec les négociations en cours entre la CNS et la fédération représentant les psychothérapeutes pour aboutir à un remboursement à 100% des psychothérapies. Un sujet de première importance au vu des effets déjà observés de la pandémie sur une partie de la population, puisque un salarié sur trois apparaît comme exposé à un risque de dépression et les idées suicidaires ont progressé de 15% chez les adolescents.

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.